Top 10 de l’année 2018 des rédacteurs

By 27 décembre 2018 janvier 6th, 2019 Gros plan, Les Tops
Note de la rédaction :

Voici le TOP 10 des films sortis en 2018 des rédacteurs. Verdicts…

Top 10 de Noodles :

Bien qu’il soit toujours difficile d’effectuer une analyse à chaud, lorsque l’on se penchera à nouveau sur cette année, on s’apercevra sans doute que 2018 aura été une année plutôt intéressante en termes de diversité mais globalement pauvre en films qui marqueront notre cinéphilie.

Mais cette année aura été l’occasion de franchir un cap dans ce qui semble bien être le futur du cinéma, à savoir : une spécialisation des salles pour les films à grand spectacle, la montée en gamme de certains multiplexes proposant de nouveaux formats de diffusion (la 4DX dont Pathé Gaumont à l’exclusivité en France en étant la quintessence), un réseau art et essai plus solide que jamais car récupérant des films à grand budget d’auteur n’ayant parfois plus leur place dans ces mêmes muliplexes et des films diffusés sur de plus en plus de supports différents.

Pour ce qui est du fond ? Des débats plus ou moins abscons sur Twitter, des films géniaux diffusés uniquement sur des plateformes pour lesquelles le spectateur est obligé de s’abonner pour les voir (et ça ne semble déranger personne…), des Studios américains semblant avoir définitivement opté pour les blockbusters et, par voie de conséquence, des auteurs qui vont se diriger vers les nouvelles sociétés de production comme Amazon et Netflix : en résumé c’est de plus en plus le bordel.

1. Roma d’Alfonso Cuarón : Une vraie claque. La seule vraie claque cinématographique de l’année. Film somme, film monde dans lequel Cuarón parvient plus qu’hier à faire cohabiter les forces symboliques des 4 éléments avec le destin, à la fois bouleversant et modeste, d’une femme et celui d’un artiste en devenir.

2. Mektoub my love d’Abdellatif Kechiche : En entrant dans la salle, je m’étais promis de rester vigilant et de ne rien laisser passer : ni le voyeurisme, ni l’absurde vision d’une féminité fantasmée. Peine perdue, comme beaucoup je me suis fait terrassé par la puissance d’évocation de ce véritable auteur à l’acmé de son talent. Impressionnant.

3. Les Frères Sisters de Jacques Audiard : Chez Audiard, on apprécie généralement l’écriture ciselée quitte à lui pardonner ses quelques errements programmatiques. Avec ce film, on ne peut que constater que ni le passage à la langue anglaise, ni le fait qu’il s’agisse d’un film de commande n’ont eu le moindre impact sur le constat de départ. Plus que jamais : Audiard rules.

4. Les garçons sauvages de Bertrand Mandico : A l’opposé du très arty Ultra Pulpe (c’est sans doute le pire des défauts sous ma plume) sorti également cette année, Les garçons sauvages parvient le tour de force de proposer un voyage onirique radical sans pour autant lâcher le fil de son histoire. Indispensable.

5. Burning de Lee Chang-dong : Certains ont été rebutés par la première partie du film. Pourtant, il s’agit sans doute de l’un des plus beaux essais sur ce que le cinéma pourrait offrir de plus convainquant pour mêler art et critique sociale. Dommage que l’on sente encore parfois l’emprise et la balourdise du matériau de départ.

6. Ready Player One de Steven Spielberg : Ready Player One marque un tournant dans la filmographie de l’un des plus grands cinéastes en activité. Rien que pour cela, il ne pouvait pas être plus bas dans ce classement.

7. La ballade de Buster Scruggs de Ethan Coen et Joel Coen : Un segment 4 qui s’apparente à de l’orfèvrerie de précision, des acteurs au sommet de leur art (Zoe Kazan et Tom Waits en tête) et un plaisir communicatif dans la narration. On en redemande encore et encore.

8. Spiderman New generation de Peter Ramsey, Bob Persichetti, Rodney Rothman : Que dire ? Vous ne l’avez pas encore vu ? Alors foncez ! Le seul petit défaut du film étant la tonalité un brin méta de l’ensemble qui en fatiguera immanquablement quelques-uns. Mais c’est la loi de notre époque et, surtout, cela ne gâchera pas le reste pour la plupart des spectateurs.

9. Le poirier sauvage de Nuri Bilge Ceylan : Film somme dans lequel on retrouve tous les motifs habituels du cinéaste : les difficultés familiales, les questionnements artistiques, ces longues séquences nourries par des débats philosophiques… Un film essentiel pour comprendre une société turque en plein effervescence. Loin des clichés et cette esthétique mondialisée de Mustang.

10. Les Indestructibles 2 de Brad Bird : On ne va pas se mentir : tout comme Jurassic World Fallen Kingdom, le deuxième opus des Indestructibles vaut plus pour sa mise en scène que pour son scénario. Il n’empêche, il s’agit du film avec les meilleures scènes d’action de l’année et de loin.

heureux comme lazzaro

Top 10 d’Etienne :

1. Heureux comme Lazzaro d’Alice Rohrwacher : Après une heure de vie dans une ferme d’un autre temps, un deuxième film commence, à la ville cette fois, dans une modernité morose. À la simplicité terre à terre de la première moitié répond la magie surréaliste du deuxième morceau, celui qui se permet tout (même d’être un peu naïf). C’est le geste de l’année : faire un film aussi personnel, loin de tout, assumant jusqu’au bout sa différence.

2. Trois visages de Jafar Panahi : Un film absolument Kiarostamien, en forme d’hommage parfait, vibrant, intelligent, espiègle aussi par moments, le meilleur de Panahi depuis qu’il est interdit de pratiquer son métier. Petits moyens ou pas, il en dit plus en quelques plans que d’autres en deux heures. Son écriture se perfectionne.

3. Le poirier sauvage de Nuri Bilge Ceylan : NBC prend son temps, pose son cadre, ne semble pas clairement nous dire où il vaut aller, c’est beau, simple et complexe à la fois, et vu de loin après coup, très riche. Il fait avoir sacrément confiance en ses moyens de cinéaste pour oser faire ce film, plus de trois heures, à ce rythme là, avec ses longues conversations. Bravo.

4. Pentagon Papers de Steven Spielberg : La maîtrise de la mise de scène, de bout en bout, est sidérante. Voilà une grosse machine peut-être, mais bien pensée, bien menée, avec une Meryl Streep au top. J’y suis allé presque à reculons (par peur du classicisme éculé) mais le film est tout simplement imparable. Le plus grand raconteur d’histoire actuelle.

5. Leave no trace de Debra Granik :  Le film le plus émouvant cette année, haut la main. Deux acteurs, une mise en scène peu voyante. Rien de très clinquant. Mais le plaisir d’être près des personnages et de les sentir doucement évoluer. La pudeur la volonté d’éviter le drame renforcent in fine le sentiment que quelque chose de fort se joue.

6. Sophia Antipolis de Virgil Vernier : Une des curiosités françaises de la fin d’année. Un film qui a pu paraître provocateur et a sûrement divisé. Mais surtout un regard particulier, qui mêle docu et fiction, faisant de la sociologie étrange, entre sectes, meurtres, l’ultra sécuritaire et la chirurgie esthétique. Vernier prend le pouls d’une société qui perd la tête.

7. Zama de Lucrecia Martel : La réalisatrice argentine signe un OVNI, qu’elle décrit comme un film de SF en costumes. Le XVIIIème siècle avec une touche d’absurde, presque un rêve, mais toujours du grand cinéma : hors champ, effets sonores, construction, tout est extrêmement soigné et créatif. Film peu aimable. Final épique.

8. La ballade de Buster Scruggs de Joel et Ethan Coen : Des sketchs ou épisodes appelez ça comme vous voudrez, qu’on a dû voir sur petit écran et où tout n’est pas réussi, oui c’est vrai. Mais quand les frangins s’appliquent, on obtient un sommet rarement atteint cette année. Hors classement ou top 3 selon la partie du film.

9. Le livre d’image de Jean-Luc Godard : Le misanthrope le plus célèbre de l’histoire du cinéma revient nous faire la morale, peut-être pour la dernière fois. Génial, nécessaire, brouillon, poétique, énervant, politique, bête, prétention, unique, provocant. Dans notre paysage par trop uniforme, Godard agace et fait du bien à la fois.

10. Sweet Country de Warwick Thornton : Western australien s’offrant les somptueux paysages de l’outback, le film de Thornton est plutôt classique et reprend une histoire sur fond de racisme qui rappelle « L’intrus » de Faulkner. Pourtant l’audace formelle de ses flash forwards qui annoncent certaines scènes est une jolie trouvaille.

Under the silver lake

Top 10 de Keyzer Swayze :

L’année 2018 s’écoula à un rythme bien étrange. Les sorties pré Oscar, toutes glorieuses, capturaient un ton que l’on voulait voir répété tout au long de l’année.
Malheureusement, à l’arrivée des premiers blockbusters, le voyage pris des airs de traversé du désert. Des mirages tous plus pénibles les uns que les autres. Si bien que notre top 10 devraient s’accompagner d’un top Hate. Les différentes majors ayant réussi à fournir des immondices pendant les 12 mois du calendrier. Heureusement, quelques oasis se dressèrent par delà les dunes. Poursuivant notre voyage, dans l’espoir de trouver un coin d’harmonie.
Mais à bout du souffle, nous fîmes halte aux alentours de Mai. N’atteignant pas notre destination à la surface, on commença à creuser pour trouver notre salut.
Plus profondément chaque mercredi, jusqu’à atteindre le cœur de l’abîme.

Un péplum en lycra qui empoisonna totalement la terre cinéma. Une onde de choc qui repoussa tout sur son passage.

Il fallut attendre la rentrée pour pouvoir relever la tête de ce cataclysme, difficilement. Les stigmates étant encore visibles aujourd’hui.
Et rassurez-vous, les plaies se rouvriront en 2019.

1. Under The Silver Lake de David Robert Mitchell : La Pop-culture de l’imaginaire collectif. Terreau cher aux producteurs qui y trouvent filon en or. Du pécule facile et rapide. David Robert Mitchell est conscient de cette exploitation et tente de nous la faire comprendre. Néo noir brumeux, UTSL surprend par sa maturité et sa brillante complexité. Labyrinthe d’intrigues et de moments d’hallucinations, le film se décante lentement pour être pleinement déguster. Film punk, totalement à l’opposé du Ready Player One de Spielberg, film d’un vieux qui essaye d’être jeune.

2. Phantom Thread de Paul Thomas Anderson : Sur notre faim avec son adaptation de Thomas Pynchon, P.T.A a livré un (auto) portrait incisif.
Une introspection élégante d’un génie égoïste. Une romance raffinée qui dérive progressivement vers un malaise hitcockien surprenant. Un film d’une exigence rare.

3. Roma de Alfonso Cuarón : Alfonso Cuarón est un maître. Avec Roma, il le prouve encore. Dans une atmosphère oscillant entre naïveté enfantine et révolution populaire, il s’impose comme un des meilleurs films de l’année. Peuplé de symboles (les avions notamment), le long-métrage est d’une réalisation solaire avec un Cuaron en totale liberté. Chronique douce amer et grand film sur l’acceptation, il est surtout un magnifique portrait de femmes.

4. Hérédité de Ari Aster : Une nouvelle étape dans l’évolution du récit horrifique. Si les années 80 nous ont montré que le danger était peut-être sur le trottoir d’en face, le film d’Ari Aster prouve qu’il est finalement chez nous. Venimeux et désespéré, voir cette famille qui se délite est une expérience douloureuse.
Le réalisateur aime torturer ses personnages avec un vice non dissimulé, réussissant à ne pas tomber dans le cynisme. Un film malin et puissant, saupoudré d’humour noir.

5. Les Garçons Sauvages de Bertrand Mandico : Étrange, unique, surréaliste. Les adjectifs ne manquent pas pour parler du film de Bertrand Mandico. C’est en effet une expérience stupéfiante à vivre. Formellement instable, le film contient des images inoubliables. Les souvenirs d’un voyage paradisiaque dans l’underground.

6. Au Poste de Quentin Dupieux : Réalité fut la transition entre le nouveau et l’ancien continent. Pour son retour en France, Dupieux troque son univers visuel décadent pour des dialogues complètement surréalistes. La langue Française lui a manqué, c’est pour ça. Tellement, que les dialogues sonnent tous comme un piano parfaitement accordé. Une pureté dialectique interprétée par un casting formidable.
Moins expérimental que ses précédents, certes. Mais l’aspect objet de curiosité en moins, il en est un film particulièrement brillant.

7. Première Année de Thomas Lilti : Thomas Lilti à la fac pour un récit initiatique réussi. L’alchimie entre le duo Lacoste/ Lebghil est incroyable, le portrait de ces deux jeunes de 2018 est criant de vérité.
Démontrant, avec beaucoup d’équilibre, l’absurdité d’un système, Lilti encapsule la vie étudiante. Les angoisses, les rêves et le quotidien de ces jeunes adultes. Bluffant.

8. I Tonya de Craig Gillespie : Une histoire comme seul les USA peuvent en créer. Fou, visuellement audacieux, on est clairement en face d’un film bigger than life.
Le traitement anti biopic permet à I Tonya de revendiquer un ton unique. Touchant, surprenant et révoltant. L’histoire se trouve un écrin à la hauteur de son sujet. Rustres, ces rednecks paumés ont écrasé la concurrence cette année.

9. Le Monde est à Toi de Romain Gavras : Romain Gavras embrasse entièrement l’esthétique du clip pour son second long-métrage. Road trip d’apprentissage, le film invite des influences variées.
Naviguant entre PNL et Michel Sardou, ce choc des générations dissimule un choc des cultures. Les jeunes/les vieux, les riches/les pauvres, la banlieue/le paris bourgeois. Film d’une génération mutante, ne parvenant pas à trouver ses symboles.

10. L’Île aux Chiens de Wes Anderson : Ce top ne pouvait pas se terminer sans un film d’animation. Si en plus il est en stop motion, c’est encore mieux. Wes Anderson construit un nouveau conte philosophique millimétré. Son aspect technique force évidemment le respect. De la qualité de l’animation jusqu’aux décors, designs, costumes bref… nous ne méritons pas un tel travail. L’exigence apportée à la production se trouve également dans l’écriture. Sa dystopie nippone fonctionne parfaitement et marque une nouvelle étape décisive dans la carrière du cinéaste texan.

The house that jack built

Top 10 de Delarge :

1. The House that Jack Built de Lars von Trier : Film amusé et amusant, quand le cinéma devient du trolling.

2. L’Ile aux Chiens de Wes Anderson : Wes Anderson et son incursion dans la fable politique.

3. Phantom Thread de Paul Thomas Anderson : PTA qui transfère les crises et passions de ses films dans un univers policé mais toujours bouillonnant.

4. Chien de Samuel Benchetrit : Une oeuvre étrange et dérangeante, qui réussit par sa métaphore.

5. First Man de Damien Chazelle : Chazelle qui continue son exploration des mythes américains

6. La Ballade de Buster Scruggs de Joel et Ethan Coen : Un Coen inégal mais dont l’écriture reste hautement jouissive.

7. On the Other side of the Wind d’Orson Welles : Un Orson Welles ! En 2018 !

8. Under the silver lake de David Robert Mitchell : L’exploration malade et paranoïaque de nos obsessions pop.

9. Les Garçons sauvages de Bertrand Mandico : Du Mandico saupoudré de Burroughs, un résultat déstabilisant comme il se doit.

10. Leto de Kirill Serebrennikov : Enfin un film rock dont la forme épouse un tant soit peu le propos.

Under the silver lake

Top 10 de Dory :

1. Under The Silver Lake : pour la critique acerbe mais tendre des Millenials et le scénario complètement fucked up qui redonne confiance en le cinéma américain.

2. Call Me By Your Name : pour le discours du père, et l’amour, toujours.

3. I, Tonya : pour le côté décalé de ce biopic sur une femme tout aussi décalée.

4. A Star Is Born : pour Lady Gaga, of course.

5. Tully : pour ce sujet délicat qu’est le baby blues, brillamment traité par l’écriture de Diablo Cody.

6. Ghostland : pour sa réalisation parfaite qui m’a hanté pendant plusieurs nuits.

7. Sans Un Bruit : pour le power couple Krasinski / Blunt et l’histoire originale.

8. BlacKkKlansman : pour son message d’intérêt publique, et hélas, encore actuel.

9. The Avengers : Infinity War : pour avoir été le blockbuster le plus attendu et réussi de cette année 2018.

10. Pachamama : pour l’animation française, ses décors et son coeur.

Noodles

About Noodles

Fan de cinéma depuis longtemps, je partage mes opinions avec vous. N'hésitez pas à me donner votre avis sur mes critiques. Sur Twitter je suis Noodles, celui qui tombe systématiquement dans le piège des débats relous.

Laissez un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :