the revenant-critique
Note de la rédaction :

Note de la rédaction :

Après le raz-de-marée « Birdman » l’année dernière, Alejandro Gonzalez Inarritu nous revient en 2016 avec une bonne grosse comédie potache.

Bien sûr que non, enfin ! Si on tirait un fil depuis la comédie potache, on y trouverait tout à l’opposé « The Revenant », nouveau film d’Inarritu et de nouveau, un sacré film à Oscars. Qui ? Que ? Quoi ? Comment ? On vous dit tout.

Le Pitch

Quelque part dans les Rocheuses et le 19ème siècle, le Capitaine Andrew Henry mène une expédition, mené par le trappeur Hugh Glass. Glass, accompagné de son fils Hawk et quelques hommes, traversent la montagne en plein hiver, tout en étant coursés par des Indiens, qui eux-même font du traffic avec des français.

Après un accident d’ours, Glass, sacrément amoché, est laissé pour mort, et son fils assassiné par Fitzgerald, un membre de son équipe. Juste le petit coup de pouce qu’il fallait à Glass pour se donner l’envie de survivre…et de se venger.

Jeremiah Johnson, y es-tu ?

Non. La comparaison s’arrête à un mec tout seul qui en bave, là où la nature a décidé de ne rien lâcher.

« The Revenant » est un film plutôt singulier. Violent, esthétique, humain. Ou « déshumain » ? On ne sait plus trop, tant la limite entre être humain et animal est vite franchie. L’ours se bat avec Glass et le blesse jusqu’aux portes de la mort. Puis Glass se bat avec Fitzgerald, perpétuant le cercle de l’instinct animal.

Inarritu nous prévient tout de suite, ça ne sera pas une partie de plaisir. Avec une séquence d’ouverture de 10 bonnes minutes où il utilise son mouvement de caméra dont lui seul a le secret, Inarritu nous plonge dans la merde et la crasse de ces hommes qui ne savent pas trop ce qu’ils font là, et nous non plus, d’ailleurs.

Sur le plan visuel, Inarritu a décidé de rester dans la même veine que « Birdman ». Plan-séquence donc, couleurs froides et bleutées, actions qui se déroule hors champ, même la météorite qui fend le ciel de haut en bas vient nous faire un coucou. Il y a désormais une « patte Inarritu« . Une patte où il n’y a pas de place à la complaisance et aux accessoires. Après tout, dans « The Revenant », l’être humain n’est qu’un second rôle. La Nature observe tout ça du coin de l’oeil, avec un léger sourire ironique comme on regarderait deux ivrognes se mettre sur la gueule un soir d’été. D’ailleurs Inarritu l’a bien compris, faisant vivre l’enfer à toute son équipe afin de tourner en décors naturels et à la lumière du jour.

A vrai dire, il n’y a pas grand-chose à jeter dans « The Revenant ». Casting parfait (Léo, ok, Tom Hardy, ok, Will Poulter (retenez bien ce nom) et Domnhall Gleeson (je suis un peu amoureuse de lui)), scénario qui tient la route, montage efficace qui évite l’ennui, même les 2h36 sont justifiées.

Après tout c’est le temps qu’il faut pour un mort de revenir à la vie…

Le retour du Western ?

Avec la sortie des « 8 Salopards » de Tarantino, et « Jane got a gun » de Gavin O’Connor, on peut se demander si 2016 ne sera pas le retour du Western revisité, comme Ridley Scott l’avait fait avec le péplum en 2000 et son « Gladiator », ce qui avait donné lieu à toute une ribambelle de péplums de plus ou moins bonne qualité, ribambelle qui cessa quelques années plus tard.

En tout cas, si le nouveau Western se fraie un chemin dans nos salles de cinéma en suivant le sillage de la sauce Inarritu, je dis oui.

Alors, Oscars ou pas ?

Si l’on s’en réfère au boss Doc Ciné et les règles d’or pour choper son Oscar (voir l’article), « The Revenant » est en bonne place.

Le film n’est pas une comédie, il aborde le sujet universel de l’homme contre la nature et de l’homme contre les autres et lui-même. On y ajoute à ça la vengeance, mais aussi la justice. Le côté réaliste est accentué par une musique quasi-inexistante, plutôt une bande-son souvent monocorde et agrémenté de sons de nature, comme le son omniprésent de la neige qui fond pendant la dernière demi-heure du film. Le côté documentaire est lui mis en avant par une interaction directe de Glass avec la caméra (la buée et le sang sur la caméra et le tout dernier plan) qui n’est pas sans rappeler cette scène quasi-documentaire des « Fils de l’Homme » d’Alfonso Cuaron où la caméra suit tant bien que mal Clive Owen, pluie, terre et sang à l’appui.

Last but not least, si Leonardo DiCaprio n’obtient pas de statuette dorée pour ce film, c’est définitivement un complot. D’une part, on sait que le label « transformation physique » plaît beaucoup aux votants. Même si il ne bénéficie pas d’une perte de poids spectaculaire, on sent que le petit Léo (et ses camarades de jeu) a dû en chier des ronds de chapeaux. Comme manger un poisson cru à pleines dents par exemple. Ou nager dans l’eau de la rivière avec une peau de bête qui doit valoir son pesant de bison. D’autre part, il n’y a désormais AUCUN doute sur les qualités d’acteur de DiCaprio, qui doit dire en tout et pour tout 20 phrases en 2h36. Toutes les émotions passent directement par son regard, voire son absence de regard (encore plus fort). Il sera donc difficile, voire criminel, de lui refuser pour la 6ème fois la statuette tant convoitée.

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16
note globale
Dory

About Dory

Passionnée de cinéma en général, et de cinéma anglophone en particulier, je fais mes premiers pas critiques sur mon tumblr Vacances de pauvres. Fan de Star wars, Marvel et autres blockbusters (mais pas que), j'ai rejoint l'équipe Doc Ciné pour vous faire partager mes envies et mes avis, tout simplement.

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