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Note de la rédaction :

Film à sketchs cruel mais souvent tordant, Le Teckel relance Todd Solondz avec quatre histoires   dont le seul point commun et la présence d’un petit teckel infiniment sympathique et mignon. Critique.

Sundance friendly

Nous avions un peu perdu de vue Todd Solondz depuis plus de quinze ans (!) et ses deux succès mondiaux, Happiness en 1998 et Storytelling en 2001. Lassés par le cynisme et la misanthropie du  bonhomme, nous avions préféré nous contenter de sa version bobo-sénior-art-et-essai en ne ratant aucune sortie des derniers Woody Allen (triste fin de carrière). Ceci étant, à la faveur d’un synopsis attrayant, « le portrait d’un teckel et de tous ceux auxquels il apporte un bref instant de bonheur au cours de son voyage », et d’un casting Sundance friendly (Greta Gerwig, Zosia Mamet, Julie Delpy, Kieran Culkin, Danny DeVito, Ellen Burstyn), nous avons retenté notre chance. Pour la dernière fois, croyait-on.

Quelle surprise ! On le sait, Todd Solondz est un scénariste talentueux, avec un univers narratif sûr et documenté. Si, une nouvelle fois, l’ambiance générale n’est pas à la gaudriole, Todd Solondz semble moins caustique. Il prend un malin plaisir à mettre ses personnages dans des situations inconfortables, mais ne les juge pas.

La petitesse est de mise (jalousie, indifférence, méchanceté gratuite, arrogance, caprice, hypocrisie, médiocrité…), elle est risible, tout en étant réaliste.

Feel good free

Contrairement à Michael Haneke qui semble parfois jubiler en voyant ses personnages se vautrer dans la médiocrité, Todd Solondz ne se pose pas (ou plus ?) en censeur. Si la cruauté des situations décrites est puissante, elle repose essentiellement sur une documentation sociologique profonde sur ses personnages qu’ils soient CSP+ adeptes du yoga, paumés, drogués, artistes ratés ou personnes âgées.

Encore une fois, ne vous attendez pas à une comédie feel good, vous aurez le droit successivement à un enfant malade du cancer, une jeune fille paumée s’amourachant d’un toxico, un scénariste raté moqué par ses propres élèves, une personne en fin de vie, ceci étant la caméra n’est jamais oppressante, ni voyeuriste.

Tel un fil conducteur placide, le teckel accompagne le récit tout en acceptant son sort, au final peu enviable. Sorti d’un chenil, le pauvre petit teckel s’avère être la victime involontaire de la médiocrité de ses maîtres. La fin ne laisse, malheureusement, aucun doute sur ce dernier point.

Reflétant de manière implacable la violence de la vie moderne, la rude histoire du teckel, animal de compagnie qu’on est censé chouchouter, ne pouvait être un meilleur choix pour illustrer ce conte moral. Todd Solondz n’a jamais été aussi proche de la cruauté à sketchs de Robert Altman, et c’est loin de nous déplaire… Belle réussite, on a hâte de voir la suite Todd !

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NOTE GLOBALE
Noodles

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Fan de cinéma depuis longtemps, je partage mes opinions avec vous. N'hésitez pas à me donner votre avis sur mes critiques. Sur Twitter je suis Noodles, celui qui tombe systématiquement dans le piège des débats relous.

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