taxi téhéran-im
Note de la rédaction :
Taxi Téhéran est un faux documentaire iranien écrit, réalisé et produit par — et mettant en vedette — Jafar Panahi. Le film, présenté à la Berlinale 2015, y remporte l’Ours d’or du meilleur film et le prix FIPRESCI.

Un dimanche pluvieux de trop

Si exceptionnellement ce n’est pas Doc Ciné qui signe cette critique c’est car, outre son sens de l’analyse et un coup droit dévastateur, il possède à son arc une corde supplémentaire sous la forme d’un sens gillopétresque de la météo, qui l’a conduit à renoncer à la séance de ciné dominicale pour s’épargner cette humidité qui sied si peu à l’homme de culture.

Un portrait de l’Iran

En décidant de situer le déroulement de son nouveau film dans un taxi, où se croisent des clients de toutes origines et opinions, Jafar Panahi entend dresser de l’Iran un portrait à travers ses problèmes sociétaux, en particulier l’exercice des libertés, le rôle de la censure et la manipulation de l’image, dont le dispositif même du film est tout autant une critique et un pied de nez qu’une illustration. Tout en y parvenant efficacement, il évite parfaitement l’écueil de la lourdeur didactique en posant sur son récit un regard doux et humaniste, à l’image de son continuel sourire et de ce travelling d’ouverture, où la caméra semble flotter au dessus du bitume téhéranais, et par la présence de personnages attachants, du trafiquant de films à la nièce du cinéaste, qui m’a fait croire un instant que les enfants peuvent être autre chose qu’une source continue de nuisances sonores.

La mise en scène n’est toutefois pas sans limite et le récit connait en son milieu une baisse de rythme qui, sans le perdre totalement, affecte l’intérêt du spectateur aux samedis noctambules, avant de se rétablir et d’assurer à ce film original une fin malicieuse qui lui permet de passer sans difficulté l’examen du lendemain de soirée.

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NOTE GLOBALE
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