Stronger de David Gordon Green – Critique

By 7 février 2018 Critiques
stronger
Note de la rédaction :

Stronger se penche sur la vie d’un américain ordinaire, Jeff Bauman, plongé malgré lui dans une situation extraordinaire : les attentats de 2013. Critique.

L’histoire : Stronger se penche sur la vie d’un américain ordinaire, Jeff Bauman, plongé malgré lui dans une situation extraordinaire : les attentats de 2013. Il vit à Boston, fait pas grand-chose de ses journées à part bosser dans un supermarché, aller boire des pintes avec ses cousins et essayer de reconquérir son ex, qui, elle, fait un peu plus de trucs. Et l’un de ses trucs, c’est de courir, alors il veut lui faire la surprise de venir la voir pendant qu’elle participe au marathon de Boston. Manque de pot, c’est le fameux attentat de 2013, la bombe pète juste à côté de lui, conséquemment il perd ses deux jambes. On suit alors sa lente, difficile et douloureuse réhabilitation, on partage ses doutes, sa détresse, ses efforts pour reprendre goût à la vie et reconquérir la femme qu’il aime, accepter qu’il a besoin d’aide et qu’il peut pas tout le temps être fort.

Stronger not better, not faster

Je vous le dis tout de suite, difficile de trouver un tant soit peu d’intérêt à ce laborieux biopic de deux heures vingt. Le film ne commence pas si mal, en partie grâce à un Gyllenhaal (également producteur) qui commence sur un registre assez sobre, en partie grâce à un réalisateur (David Gordon Green, fréquent collaborateur de Danny Mac Bride et notamment auteur de Pineapple Express) pas trop manchot.

Mais peu après l’attentat et dès la sortie de l’hôpital du héros, la direction part complètement en sucette, s’embourbe, les scènes se répètent. Déjà en équilibre précaire, le montage foutraque s’écroule rapidement comme une molle merde fade. Les jeux d’acteurs, Jake Gyllenhaal, en tête, deviennent insupportablement lourds, impossible d’avoir un tant soit peu d’empathie pour des personnages qui ont tous l’air plus cons les uns que les autres.

En gros le mec il a un traumatisme, il a peur, il est faible, mais il ose le dire à personne, parce qu’il faut qu’il soit dur (le fameux Boston Strong qu’on nous martèle tout au long du film). Alors de temps en temps il a des flashbacks de la scène de l’attentat avec du sang partout, des membres arrachés, et il le garde pour lui, parce que sa famille c’est des durs. Y’a une scène au début quand il a encore ses jambes où ils se traitent joyeusement de pédés avec ses cousins dans le pub, ahahah. Des gros machos de mes couilles homophobes, agressifs, méchants, incultes, nationalistes.

Donc toute la problématique du film, c’est comment le mec va accepter qu’il est faible, démuni, qu’il a besoin d’aide, et comment le communiquer à sa conne de famille qui ne pense qu’à se cuiter copieusement la gueule, la madre en tête, sans qu’on le prenne pour un homo… sic. Seule, sa brave martyre de copine semble avoir un tant soit peu de jugeote que cette bande de primates et est la seule à essayer de lui sortir un peu la tête du cul, au lieu de se barrer en courant, ce qui prouve qu’elle est pas si maligne que ça, finalement.

Deux heures pour cette mince thématique, c’est long. Le mec, tu lui fais faire une bonne vieille séance de thérapie post traumatique des familles et c’est réglé, gros. 

Et encore une fois, c’est absolument impossible de s’identifier à des personnages aussi caricaturaux, et à une culture tellement étrangère. Il manque une dimension universelle, on ne vit pas l’histoire mais on la subit, résultat : on s’emmerde et on casse ce film, parce qu’il le mérite bien.

Botzky

About Botzky

Obsessionnel compulsif, polytoxicomane, polygame, polyglotte et professionnel de Pole-Dance, Botzky n’a pas une mais mille opinions selon le taux de salinité des saisons. Grâce à Doc Ciné, il peut enfin partager le point de vue schizophrène qu’il porte sur sa maîtresse préférée, Miss 7ème Art, et s’en pourlèche les babines avec un plaisir sanguin à rayures ingénues et perverse.

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