Song to Song – Critique DVD

song to song
Note de la rédaction :

Terrence Malick est à la fois un mystère et une forte tête. En plus de réaliser une série de films qui continuent à diviser l’intérêt du public, le réalisateur laisse assez peu transparaître sa vie et l’évolution de ses futurs productions. Avant sa série de films contemplatifs (The tree of life, à la merveille, Knight of Cups et Song to Song), le monsieur était apprécié pour La ligne rouge, un film de guerre vertigineux.

Les voix chuchotées en voix off, la caméra flottante et le montage surréaliste sont devenus une marque de fabrique. En quelque sorte du Made in Malick, une façon de faire qu’il décide d’enterrer pour passer à autre chose avec son prochain film RADEGUND. Il ne faut cependant pas oublier la richesse de ce qu’il a produit. Song to Song, sorti en DVD le 1er Décembre 2017, est une agréable manière de contempler l’apothéose de son travail.

Résumé : Une histoire d’amour moderne, sur la scène musicale d’Austin au Texas, deux couples – d’un côté Faye et le chanteur BV, et de l’autre un magnat de l’industrie musicale et une serveuse – voient leurs destins et leurs amours se mêler, alors que chacun cherche le succès dans cet univers rock’n’roll fait de séduction et de trahison.

Il n’est jamais trop tard pour parler d’une sortie DVD, surtout quand il s’agit d’évoquer Song to Song de Terrence Malick. Quand le monde du DVD/ Blu-ray décide de passer ses « bonus » en numérique, Song to Song nous propose à notre grande surprise un livret aussi mystérieux que son créateur, avec des infos diverses et des documents d’un réel intérêt permettant de découvrir une seconde fois le film. On apprend entre autre les différentes périodes de tournage, de montage, ainsi que la liste des acteurs qui ont été pressentis pour les rôles. Quant au DVD, il ne faudra malheureusement compter que sur une dizaine de minutes avec des interventions des acteurs, pas de scènes supplémentaires ou autres making of. Quant au livret du DVD, il évoque les coulisses du projet.

Cependant il n’est pas question de vouer un amour inconditionnel pour le réalisateur, mais plutôt pour le travail et la volonté de celui-ci. Song to Song a été pour beaucoup une « parodie de son auteur ». Il est vrai que Terrence Malick s’illustre à nouveau avec l’ambiance visuelle et un travail technique dans la continuité de ses dernières productions depuis The Tree of Life. C’est une nouvelle norme de création, une nouvelle façon de raconter une histoire. Ce cinéma d’ambiance et de contemplation est rare dans la production de long-métrages et ne peut évidemment pas plaire à tout le monde. Dans Song to Song, on peut voir l’amour comme thème principal – comme pour ses derniers films – il est en fait question du monde de la musique sur un fond d’histoires d’amours. Le film ne s’appelle pas « Love to Song » ou « Song to Love ». C’est en cela que le film surpasse A la merveille et Knight of Cups. L’approche musicale est fascinante par sa façon de filmer les festivals et les scènes entre les acteurs et les artistes ( Lykke Li, Iggy Pop, Patti Smith) qui nous donne l’impression de se fondre dans cette ambiance et nous plonge dans un entre-deux : entre nos fantasmes du monde du rock et la réalité. Une sorte de vrai/faux qui se chevauche constamment avec des plans aux allures de documentaire et d’autres proches d’un univers onirique.

Les acteurs ne sont pas en reste, de Fassbender à Gosling, Rooney Mara à Natalie Portman, sans oublier Cate Blanchett, la direction d’acteur est fascinante et donne aux acteurs une nouvelle dimension dans leur jeu.

Terrence Malick a tourné son film incognito dans de vrais festivals, rien de factice, avec encore une fois une façon de faire disparaître la ligne du réel. Néanmoins Malick peut exaspérer son public avec un spiritualisme très (trop ?) fort, c’est peut-être la seule limite de ce projet.

Du cinéma de Malick, beaucoup disent qu’il a perdu son public, qu’il s’est lui-même perdu dans sa suffisance. En fait, on préfère penser qu’il exploite pleinement la possibilité et l’envie qui est la sienne de faire ce qu’il veut, sans l’obligation d’un retour sur investissement forcément illusoire. Et cela fait du bien.

DVD sorti le 1er décembre 2017

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Pancake

About Pancake

Jeune scénariste, étudiant à Paris-Sorbonne et éventuellement critique de film

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