Note de la rédaction :

En été, c’est bien connu, on n’a pas forcément envie de s’enfermer dans une salle de cinéma : il fait chaud, on veut se dorer la pilule ou faire du sport, bref l’éclate en pleine nature. Et pourtant, c’est la période de l’année où sortent le plus de blockbusters. Sacré paradoxe, me direz-vous… Le doc va vous expliquer pourquoi.

jurassic world

Comment les blockbusters ont-ils monopolisé les sorties ciné ?

Première précision : on va arrêter de se mentir, le blockbuster est un phénomène des Studios américains. On a beau essayer de copier ou de monter des projets plus ou moins ambitieux (Le Pacte des loups avait tenté le coup en son temps, Luc Besson aussi), il n’en demeure pas moins que cela n’a rien à voir avec la machine américaine. Et oui, on ne joue pas dans la même catégorie.

Aux USA, le système des sorties ciné est bien rôdé. Je ne vais pas vous rabâcher un historique complet, disons simplement que le concept de blockbuster est apparu dès les années 1940 pour parler des gros cartons au box-office. Il n’était pas encore question de parler en ces termes des films de genre à gros budgets fabriqués dans le but de faire un max d’oseille. Ô surprise, on parlait alors de blockbuster pour des gros cartons comme : Gone With the Wind, Quo Vadis, Les Dix Commandements ou Ben-Hur. En bref, pour parler de blockbuster, on fondait l’analyse uniquement sur la quantité d’argent récoltée.

Ce n’est qu’avec le succès des Dents de la mer à l’été 1975, que le terme blockbuster prend son acception contemporaine. Ce « petit film », adaptant un roman à succès, dépasse les 400 millions de dollars de recette alors que son budget initial n’était que de 4 millions de dollars ! (Au final il a coûté le double, mais c’est une autre histoire…) Il n’en fallait pas plus pour les studios. Ils sont persuadés d’avoir trouvé, en quelque sorte, un mode d’emploi pour faire de l’argent. Je dis bien un mode d’emploi, car il pourrait y en avoir d’autres, mais celui-ci est relativement simple à mettre en oeuvre car repose sur un peu de marketing et, surtout, beaucoup de ce qui semble plaire au grand public. 

Au fait, oui vous l’avez compris : ce mode d’emploi, on l’appelle le blockbuster.

fast furious-7

Comment reconnaître un blockbuster ?

C’est facile. Cela repose sur 3 règles :

  1. C’est un film de genre,
  2. Il a plutôt un gros (voire un très gros) budget : plus pour le marketing, un peu moins pour les effets spéciaux et les cascades, et beaucoup moins pour les acteurs et les costumes,
  3. Il sort plutôt en été – traditionnellement du premier vendredi de mai au premier lundi de septembre (c’est ce qu’on appelle le summer blockbuster),

En même temps, il faut savoir que les studios et les distributeurs planifient leur stratégie marketing annuelle entière autour d’un seul weekend : celui autour du 4 juillet (fête nationale). Donc, il ne s’agit pas de se louper sur le film à mettre en avant pendant cette période.

Ainsi, après le succès fulgurant des Dents de la mer, beaucoup de producteurs à Hollywood se mettent à la fabrication de leur propre blockbuster. Les studios commencent alors à donner leur feu vert pour des productions à gros budget, misant sur le fort potentiel de quelques « gros bébés » bien marketés et au budget publicitaire hallucinant, plutôt que sur des films d’auteurs au succès plus hasardeux.

Bon évidemment, on voit bien que les studios s’engagent dans une voie privilégiant les questions financières (rentabilité immédiate, marges énormes et surtout récompenser et faire rêver les actionnaires avec des chiffres avec pleins de zéros…) et non artistiques. D’autant que des films à petits budgets seront des succès colossaux en terme de rentabilité : Blair Witch, Saw et grosso modo tous les films de James Wan… Mais c’est une autre histoire, revenons à nos blockbusters.

Maintenant que vous savez pourquoi les blockbusters sortent en été aux États-Unis, reste à savoir pourquoi il en est de même en France…

avengers

Comment (même) la consommation du cinéma en France s’américanise-t-elle ?

Tout d’abord, il faut avoir conscience qu’avant l’ère de l’Internet (et du piratage), les distributeurs avaient encore la main mise sur la distribution des films à l’étranger. La plupart des films étrangers sortaient avec plusieurs mois, voire plusieurs années de décalage, sans réelle raison. Par exemple, le film Les Dents de la mer est sorti le 1er janvier 1976, ne me demandez pas pourquoi !

Par ailleurs, les salles de cinéma en France n’ont pas toujours été au top : pas ou peu de clim, promiscuité, odeurs… Le parc de salles s’est considérablement amélioré depuis une dizaine d’années. Aller au cinéma l’été est devenu une activité comme une autre, même quand il fait 40°. Qui ne s’est pas réfugié dans une salle de cinéma un jour de canicule ? Et bien, sachez que cela n’a pas toujours été possible avec nos salles d’antan (et oui je parle comme un vieux 😉 ).

Deuxièmement, il y a encore quelques années, le mois d’août était un no man’s land en France : on considérait que toute la France était en vacances et que la consommation « classique » s’arrêtait. Pour nos dirigeants, le mois d’août était synonyme de glace et de bouées gonflables. Bref, la culture devait attendre la rentrée, comme le reste… Ça bien sûr, c’était un gros cliché que les distributeurs et lex exploitants de salles n’avaient pas encore appréhendé (ces boulets) et du coup, les jeunes devaient se farcir des sorties improbables et quelques (rares) sorties internationales. Aujourd’hui, les gens qui partaient 1 mois en vacances ne sont plus légions ; ils prennent des vacances fragmentées qui ne durent que quelques semaines au maximum. Même Paris n’est plus déserté l’été !

Enfin, bien sûr, le piratage a tout changé. Si les blockbusters sortent en été, il est impératif de réduire au maximum le temps entre une sortie américaine et une sortie internationale. La tendance est donc d’organiser des sorties mondiales pour éviter que les films piratés circulent et ne grève les recettes internationales. Ça, c’est bon pour les grosses sorties américaines.

Mais c’est la même chose pour le cinéma européen, car cela fait belle lurette que celui-ci s’aligne sur les grosses sorties américaines pour profiter de son aura. Du coup, il est vrai que le Vieux Continent et le reste du monde se calent sur les dates américaines. Ainsi, là encore, c’est Hollywood qui mène la danse…

Et puis, bon les producteurs ne sont pas totalement idiots. Ils ont tous pu constater que les gros succès de ces dix dernières années se font pendant la période estivale : L’Age de glace 3, sorti au début de l’été, a fait plus de dix millions d’entrées…

Ainsi, l’été est devenu l’une des meilleures périodes pour sortir les films familiaux, pour enfants ou les films d’animation. En effet, non seulement, les salles sont adaptées et les films profitent des locomotives américaines, mais en plus, cette période de l’année permet aux films de pouvoir rester en salle pendant une plus longue période.

Vous vous demandez peut-être quel est le mois le plus faible de l’année ?

Et bien, historiquement en France, c’est le mois de septembre qui reste le moins attractif. Par conséquent, l’été, il faut donc sortir au plus vite les films populaires, familiaux ou à gros budget.

Liste des plus gros succès mondiaux au box-office (inflation non prise en compte – en USD)

  1. Avatar de James Cameron (2009) * 2 787 965 087 $
  2. Titanic de James Cameron (1997) * 2 186 772 302 $
  3. Jurassic World de Colin Trevorrow (2015) * 1 622 868 000 $
  4. Avengers de Joss Whedon (2012) * 1 519 557 910 $
  5. Fast and Furious 7 de James Wan (2015) * 1 511 726 205 $
  6. Avengers : L’Ère d’Ultron de Joss Whedon (2015) * 1 401 158 116 $
  7. Harry Potter et les Reliques de la Mort : Deuxième Partie de David Yates (2011) * 1 341 511 219 $
  8. La Reine des neiges de Chris Buck et Jennifer Lee (2013) * 1 274 219 009 $
  9. Iron Man 3 de Shane Black (2013) * 1 215 439 994 $
  10. Transformers 3 : La Face cachée de la Lune de Michael Bay (2011) * 1 123 794 079 $
* En 3D
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