Note de la rédaction :
Autant le dire tout de suite, Oro La cité perdue avait de grandes ambitions. 8 millions de budgets étaient en jeu pour un film d’envergure sur les conquistadors et les cités d’or. Pour le cinéma espagnol, le sujet des conquistadors est d’une terrible rareté. Il est même assez fréquent de voir Hollywood jouer avec ce sujet, avec entre autres  1492 : Christophe Colomb de Ridley Scott. Félicitons alors l’audace d’Agustín Díaz Yanes et de toute l’équipe du film.  Il est cependant regrettable de constater que cet essai s’est transformé en déception…
Synopsis: 1538, au cœur de l’Amazonie sauvage, un groupe de conquistadors espagnols part à la recherche d’une mythique cité d’or : Teziutlan. Aveuglés par leur quête et leur soif de richesse, ils plongent au plus profond de l’enfer vert, jusqu’à en perdre la raison…

Oro La cité perdue avait tout pour plaire, avec des décors époustouflants pouvant accueillir des personnages extraordinaires. Certes, le travail de la photographie est admirable tant par son attention pour cette Amazonie qui entoure et enserre nos personnages jusqu’à en être claustrophobe, mais la réalisation enlève, sans le faire exprès, la brutalité des lieux en utilisant fréquemment des plans larges dans un but esthétique. Cette volonté d’esthétisation retire alors le principal enjeu du film, l’immersion. Dans cette volonté, le réalisateur donne davantage l’impression d’être dans une pièce de théâtre, cette impression s’ancre alors chez le spectateur et détruit au fur et à mesure son implication dans le film.
La galerie de personnages proposée dans le film n’est pas anodin dans son dysfonctionnement. Le film introduit maladroitement ses personnages, tous apparaissant avec un tas d’informations à ingurgiter le plus rapidement possible. Le problème majeur du film se place dans l’écriture et l’utilisation des personnages, le surnombre des sous-intrigues développées pendant la quête appuie violemment cette impression d’être dans un jeu théâtral. Et c’est parce que le film a lieu dans un seul endroit, une étendue verdoyante et sauvage, que sa réalisation exagère constamment sur une profondeur de champ mettant en avant ses plans comme une scène de théâtre, que le film ennuie.
N’aidant pas, les différentes intrigues sont cousues de fil blanc, ralentissant alors l’intérêt premier du film : la transformation des hommes face à la quête de l’or. Le travail sur la psyché des personnages est inexistant et laisse aucun impact lors des retournements de situation. Les personnages expliquent trop ce qu’il se passe dans le film et ne laissent pas le soin à la caméra de les soulager de leurs échanges lourds et incessants.
L’ennuie est palpable, mais il arrive parfois que le film ait des fulgurances, dans sa réalisation et son travail technique. Il n’y a malheureusement rien à rattraper dans ces personnages lourds de stéréotypés, sans parler des soucis d’écriture. En espérant que cette tentative, bien que ratée, ouvre la voie pour des films de cette envergure.
Sortie le 1er août.
Proposé par Wild Side
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A l’instar des meilleurs drames récents consultables par ici
Pancake

About Pancake

Jeune scénariste, étudiant à Paris-Sorbonne et éventuellement critique de film

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