Notre découverte du Festival du film francophone d’Angoulême

By 9 septembre 2015 mars 10th, 2017 Gros plan
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Cette année, toute fraîchement angoumoisine, je me dégote une accréditation pour le Festival du Film Francophone d’Angoulême ou FFA pour les intimes. Ce festival, organisé par Dominique Besnehard, en est à sa 8ème année d’existence.

Personnellement, j’en avais pas vraiment entendu parlé (sorry, Dom), l’occasion donc de mettre le pied dans l’inconnu (le festival hein, je met pas mes pieds dans n’importe qui, allons bon). N’étant pas en vacances, je ne pouvais pas en profiter la journée, et ayant un badge « Invitée », j’étais mélangée aux festivaliers et à leurs queues d’avant-projections. Dans ces conditions, je décidais donc de vivre cette semaine là une introduction au festival plutôt qu’une réelle immersion, me disant que l’année prochaine, je saurai dans quoi mettre les pieds…

Voici donc une introduction au FFA, le p’tit festival franchouillard qui monte.

Les films du FFA sont divisés en plusieurs catégories : les films en compétition, les avant-premières, les « flamboyants » (ou films hors compétition) et films en lien avec le thème de l’année, cette année : le cinéma belge. Avec les 4 salles de projection réparties dans la ville, on arrive à une bonne petite quinzaine de films projetés par jour. Les films en compétition sont projetés plusieurs fois, les autres, non. Les films en compétition sont souvent présentés par un ou des membres de l’équipe du film (le réalisateur, le directeur de la photo, le chargé de production, le stagiaire…), les avant-premières par toute l’équipe (réalisateur + acteurs principaux) et les autres films, ça dépend.

Toutes les séances sont ouvertes aux festivaliers moyennant un tarif de 2€50 la séance. Over accessible donc. Par contre, premiers arrivés, premiers assis donc il faut faire un truc qui me rappelle mes plus beaux souvenir parisiens : la queue. Cela dit, c’est quand même plutôt pas mal organisé, donc ils ouvrent les salles 45 minutes avant le début. Donc t’attend pas non plus des heures dehors.

Alors le FFA, c’est un peu un mini-Cannes, c’est mignon tous ces gens qui attendent les stars à la sortie de l’hôtel et devant le cinéma. Nan parce qu’en fait, y a quand même pas mal de gens connus qui font le déplacement et qui se prêtent au jeu des séances photo et tout le tralala. D’ailleurs, grâce au carnet d’adresses de Besnehard, c’est tout de même tout le gratin qui se déplace, attiré, dit-on, par un festival plus relax, plus intimiste et moins show-off qu’ailleurs.

Donc, comme je travaillais, j’ai pas tellement eu le temps de faire le festival en mode hardcore, et assister à 4 séances par jour. Certains festivaliers passent les 6 jours à valdinguer de salle en salle, à faire la queue et se battre pour les meilleures places. Des petits jeunes fort hardis me direz-vous ? Et bien, pas du tout. Le public du FFA est majoritairement « âgé », entre 50 et 75 ans pour 75 % du public. Le reste est composé d’étudiants et d’angoumoisins, comme moi, qui ont vu de la lumière et se sont dit « Pourquoi pas test ? ». Tout ce mélange donne un public plutôt atypique, avec des personnes qui hurlent dans la queue « ALLEZ VOIR LA PASSION D’AUGUSTINE, C’EST VRAIMENT FORMIDABLE MADAME OUI OUI » à vaux-l’eau et surtout, SURTOUT ce moment savoureux d’avant-séance dans la salle, quand tout le monde y va de son petit commentaire sur les photos qui défilent à l’écran. « C’est qui lui déjà ? », « ça serait pas euh…machin là ! Mais siiii! » et autres « Oh tu sais moi, sa vie sexuelle hein je m’en fous » devenaient donc les taglines de nombreuses séances, pour mon plus grand plaisir et fous rires.

Après la projection, on est bien loin du climat détendu et bon enfant du festival d’Annecy par exemple. Le festivalier FFA a la main plutôt statique sur les applaudissements, difficile de savoir si le film avait plu ou non. En somme : un public exigeant et difficile à impressionner.

Dans l’ensemble, le FFA est un festival sympathique. Comme Angoulême est une ville plutôt petite, les différentes salles allouées au festival ne sont jamais bien loin des unes des autres. Un festival accessible, donc, géographiquement et financièrement, et qui ne pète pas (encore) plus haut que son cul.

Un festival émergent à tester et à recommander, qui ne devrait pas tarder à devenir incontournable.

Films vus pendant le festival par ordre de préférence :

Much Loved de Nabil Ayouch – Sortie le 16 septembre 2015 – Critique ici

Maryland d’Alice Winotour – Sortie le 30 septembre 2015 – Critique ici

La Volante de Christophe Ali et Nicolas Bonilauri – Sortie le 2 septembre 2015 – Critique ici

Un début prometteur d’Emma Luchini – Sortie le 30 septembre 2015 – Critique ici

Palmarès du FFA 2015

Valois d’or (prix TV5 Monde)
« MUCH LOVED» de Nabil AYOUCH avec Loubna Abidar, Asmaa Lazrak et Halima Karaouane . Gros gros coup de coeur.

Valois de la meilleur mise en scène
« JE NE SUIS PAS UN SALAUD » de Emmanuel FINKIEL avec Nicolas Duvauchelle et Mélanie Thierry (sortie en salle prochainement).

Valois du scénario
« JE SUIS A TOI » de David Lambert avec Nahuel Pérez Biscayart, Jean Michel Balthazar, Monia Chokri (sortie en salle le 7 octobre 2015).

Valois de la meilleure actrice
LOUBNA ABIDAR pour son interprétation dans « MUCH LOVED» de Nabil AYOUCH. Et ce prix n’est pas démérité, bon sang de bois.

Valois du meilleur acteur
NICOLAS DUVAUCHELLE pour son interprétation dans « JE NE SUIS PAS UN SALAUD » de Emmanuel FINKIEL (sortie en salle prochainement).

Valois du public (prix Canal +)
« LA PASSION D’AUGUSTINE » de Léa POOL avec Céline Bonnier, Lysandre Ménard, Diane Lavallée (sortie en salle prochainement).

Valois Magelis (prix du jury étudiants)
« JE SUIS A TOI » de David Lambert avec Nahuel Pérez Biscayart, Jean Michel Balthazar, Monia Chokri (sortie en salle le 7 octobre 2015).

Valois René Laloux (court métrage)
« CHAUD LAPIN » de Alexis Magaud, Soline Béjuy, Maël Berreur, Géraldine Gaston, Flora Andrivon.

Valois Martin Maurel
(Valois décerné par un collège de distributeurs à un producteur francophone sous l’égide de la banque Martin Maurel) Christophe ROSSIGNON et Philippe BOEFFARD (Nord Ouest)

Dory

About Dory

Passionnée de cinéma en général, et de cinéma anglophone en particulier, je fais mes premiers pas critiques sur mon tumblr Vacances de pauvres. Fan de Star wars, Marvel et autres blockbusters (mais pas que), j'ai rejoint l'équipe Doc Ciné pour vous faire partager mes envies et mes avis, tout simplement.

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