Note de la rédaction :

Night Run est un thriller américain de Jaume Collet-Serra, sorti en 2015.

Le grand Liam Neeson

Liam Neeson, le grand, l’immense, l’indispensable, que dis-je, l’Irlandais Liam Neeson. Une carrière longue comma ma… soif en cette journée caniculaire. Une centaine de films à son actif depuis Excalibur de Boorman en 1981. Il a tourné avec De Niro, Clint Eastwood, Woody Allen, Spielberg, Scorcese, Lucas et j’en passe. Une gueule, un physique et une voix, Scotch on The Rocks passé au lave-linge, que Nolan a su employer magistralement dans Batman Begins.

2008 : Liam (prononcer l’IAM mais sans accent marseillais) a 56 ans, encore toutes ses dents qui grincent sévère car il n’a plus rien tourné depuis deux ans. Et voilà qu’il accepte le rôle de Bryan Mills dans Taken, la nouvelle production de Besson via Europacorp, réalisé par Pierre Morel (voir la critique de Gunman).

Un scénario maigrichon bien bessonien, Bryan Mills est un ex-agent de la CIA qui reprend du service pour sauver sa fille kidnappée par des bandits d’Europe de l’Est lors d’un voyage à Paris. Mills finira par récupérer sa fille après avoir buté une trentaine de personnes et s’être payé quelques petites poursuites de bagnoles dans notre chère vieille capitale.

Liam Neeson pense que le film va être un bide total, mais il se dit que toucher un gros chèque pour passer quatre mois à Paris et apprendre le karaté, c’est pas si mal. Manque de bol, le film explose, il rapporte environ 230 millions de dollars pour un cout de 25 millions !

C’est le début d’une seconde carrière pour Liam Neeson, comme quoi, pas besoin d’avoir 20 ans et des abdos chocos dominos yoyo pour être un héros d’action. Nan, faut du charisme (il en a à la pelle), une mâchoire serrée, un régime draconien à base de scotch, tabac et déprime dès le petit déj, des répliques bien prononcées et une veste en cuir fatigué bien ajustée.

Dès lors, Liam va enchainer les films d’action, plus ou moins bon, en tout cas fidèles au rendez-vous (environ deux par ans).

Exit Morel, son nouveau mentor se nomme Jaume Collet-Serra, un catalan qui a débuté dans les films d’horreur, notamment le flippant Orphan en 2009.

night_run

Run All Night est leur troisième collaboration après Unknown et Non-Stop (ce dernier est pas mal non plus, thriller d’action claustrophobique dans un avion avec la délicieuse Julianne Moore).

Le Pitchounet :

Liam est Jimmy Conlon, un exécuteur qui bosse pour le mafieux Shawn Maguire (Ed Harris), et qui a buté beaucoup, mais vraiment beaucoup de monde. Pourtant, il est pas trop monté dans la hiérarchie, et est tellement dégouté par ses actes passés qu’il se cuite du matin au soir. Endetté jusqu’au cou, il doit taxer de la thune au fils de son boss, un petit con prétentieux qui le méprise. D’un autre côté, il a un fils aussi, père de famille marié chauffeur de limousine et entraineur de boxe pour jeunes défavorisés à ses heures perdues, il méprise grave son père aussi.

Mais voilà t’y pas qu’un soir ce fils-là qui méprise grave son daron prend des albanais dans son taxi, et figurez-vous ou vous figurez-pas, on s’en fout un peu, que ces coquins-là ont justement ont rendez-vous avec le fils du boss/Shawn /Ed Harris pour un deal de drogue et voilà qu’ils se font joyeusement buter devant lui. Témoin gênant, le fils de Liam /Jimmy devient la cible du fils de Ed Harris /Shawn, mais Jimmy a beau être devenu un loser, il peut tout de même pas permettre qu’on essaie d’effacer son fils, franchement, y’a des limites à l’abus, et donc il bute l’autre. Fils. Celui de Ed Harris, quoi, vous voyez ?

Et c’est là que les emmerdes commencent… Jimmy dispose d’une nuit pour innocenter son fils auprès de la justice et empêcher que celui-ci se fasse dégommer par toute une bande mafieux qui en prime lui ont envoyé l’un des meilleurs contract killers (le rappeur Common) du marché aux trousses. Run all Night !

La nuit promet d’être longue…

Honnêtement, je n’espérais rien de bon du scénar ultra cliché de ce Neeson cuvée 2015. C’était sans compter sur la mise en scène ultra-nerveuse et maitrisée de Collet-Serra, un réalisateur qui évite la caméra tremblotante et mal éclairée qui fait fureur en ce moment. Nan, il filme classique, un poil genre Death Wish avec Bronson, et il nous peaufine des scènes d’actions aux petits oignons, comme la scène dans le métro ou dans l’immeuble ou le père et le fils ont le feu, les flics et le tueur au cul…

Collet-Serra a décidemment du bol, il est appuyé par un casting en or : Ed Harris, toujours magnifique, Vincent d’Onofrio, et même Nick Nolte dans un caméo bien efficace ! Tous ces acteurs jouent leur part (mafia boss, flic, père) avec un plaisir évident et contagieux. Le coté tragédie grecque de l’histoire (no way out) emporte l’adhésion, difficile de pas être gentiment bouleversé par l’amitié entre Neeson et Harris, amitié qui doit se terminer dans le sang car le fils de Neeson doit mourir coûte que coûte.

Bref, c’est naturellement pas un gagnant aux oscars, mais c’est un film d’action très recommandable, qui vous fera passer un bien bon moment, les gunfights sont vraiment bien foutus, et puis voilà : Liam Neeson, il en impose grave, quoi !

14
note globale
Botzky

About Botzky

Obsessionnel compulsif, polytoxicomane, polygame, polyglotte et professionnel de Pole-Dance, Botzky n’a pas une mais mille opinions selon le taux de salinité des saisons. Grâce à Doc Ciné, il peut enfin partager le point de vue schizophrène qu’il porte sur sa maîtresse préférée, Miss 7ème Art, et s’en pourlèche les babines avec un plaisir sanguin à rayures ingénues et perverse.

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