Note de la rédaction :
Note de la rédaction :

Dépeignant la vie de quatre prostituées marocaines, Much Loved s’est retrouvé visé par une intense polémique au Maroc. Cible des conservateurs, le film, considéré comme porteur d’un « outrage grave aux valeurs morales et à la femme marocaine, et [d’]une atteinte flagrante  l’image du royaume », a été interdit de diffusion tandis que des menaces de mort étaient lancées à l’encontre de son réalisateur et de ses actrices.

Much Loved appartient à cette catégorie d’œuvres qu’on aimerait apprécier pour leur générosité supposée – et parce qu’il s’est attiré les foudres des cons – mais dont le visionnage ne résiste pas à l’examen critique.

Il souffre en effet de l’absence de point de vue du son réalisateur ; ni portrait de femme ou de groupe, ni critique sociale assumée, il peine à intéresser le spectateur au-delà de quelques scènes et sa fin, qui aurait pu intervenir à n’importe quel moment, est à ce titre révélatrice. Dans un curieux parallélisme, cette absence de choix se retrouve dans la mise en scène, où la notion même de cadrage semble absente et sans réel parti pris à l’exception d’une caméra à l’épaule, signe moins d’une volonté d’immersion que d’une absence d’imagination et de technique. Contrairement à Ryan Gosling, dont la première œuvre, Lost River, souffrait également d’un manque de singularité en la matière en raison d’une expérience de réalisateur trop limitée pour avoir forgé un langage propre, Nabil Ayouch ne montre aucune ambition ou recherche esthétique.

Certes, cette réalisation fainéante n’annihile pas la force de certaines scènes, mais l’altère et, couplée à la faiblesse de l’écriture, échoue à convaincre, malgré des intentions louables et une bonne actrice principale.

11
note globale
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