Meurtre_d'un_bookmaker_chinois
Note de la rédaction :

TOP 5 : Ces derniers temps, on a l’impression que les derniers acteurs à être passés derrière la caméra  ne veulent pas tomber dans les travers de l’acteur démiurge voulant réinventer le cinéma. Et pourtant, ces acteurs nous ont offert tellement de pépites ! Mon TOP 5.

Pourtant, à mon sens, les acteurs devraient se lâcher beaucoup plus et ne pas avoir peur d’étancher leur soif de grandiloquence. Les meilleurs films réalisés par des acteurs ont été fait en dépit du bon sens commun. Bien souvent, personne n’y croyait et personne ne donnait cher de la peau de leurs auteurs. Je veux parler de ces films qui sont autant de preuve que la sensibilité est une arme contre le formatage et ne doit pas faire peur aux acteurs se lançant dans la réalisation. La sensibilité nous débarrassera peut-être un jour de la sensiblerie qui, elle, inonde nos salles obscures.

Vous pouvez découvrir sur le site de Devenir Réalisateur notre article expliquant les enjeux actuels autour de ce phénomène des acteurs-réalisateurs.

5
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La Proie nue (1966)

de Cornel Wilde 

Le chef d’un safari, quelque part en Afrique, encadre un groupe de chasseurs peu recommandables qui refusent les présents d’usage aux guerriers d’un village de la savane. Ceux-ci se vengent en attaquant les chasseurs, en les faisant prisonniers et en les mettant à mort par des tortures horribles. Au chef du safari ils réservent un sort différent : ils ne lui laissent qu’un pagne, une arme et une longueur d’avance avant de se lancer à sa poursuite. Il devient « la proie nue ».

Intriguant, sans concession, surréaliste et géniale, ce film mérite d’être redécouvert pour sa qualité de réalisation ambitieuse et innovante.

4
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Easy Rider (1968)

de Dennis Hopper 

Voyage initiatique de deux jeunes motards, Wyatt et Billy, qui, après avoir vendu une grosse quantité de drogue, décident de quitter Los Angeles et d’aller participer à la célébration du carnaval de La Nouvelle-Orléans avec l’argent gagné. Durant leur traversée des États-Unis sur leurs choppers, les protagonistes rencontrent et découvrent le mode de vie une communauté hippie. Accusés à tort de participer illégalement à un défilé, ils sont jetés en prison. Là ils sympathisent avec George Hanson, un avocat défenseur des droits civiques qui se joint à eux pour la suite du périple. Les trois compères se confrontent à l’Amérique profonde, raciste et conservatrice, qui refuse l’évolution des années 1960.

Ce road movie, devenu un emblème de la génération hippie des années 1960-1970, est la quintessence du cinéma américain en mouvement. Incomparable.

3
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Danse avec les loups (1990)

de Kevin Costner 

En 1863, le lieutenant nordiste John Dunbar, qui doit subir une amputation de la jambe suite à une grave blessure durant la guerre de Sécession, remet sa botte, choisit au hasard un cheval nommé Cisco et réagit de manière désespérée et suicidaire en effectuant un aller-retour au galop devant les lignes ennemies ; il échappe miraculeusement aux balles, ce qui encourage ses compagnons à lancer une attaque décisive, et lui permettra par la suite de bénéficier des soins du chirurgien personnel du général, admiratif de son exploit. Une fois décoré et entièrement rétabli, il demande sa mutation dans un avant-poste de l’Ouest sauvage pour échapper à l’horreur du souvenir de la guerre.

Un jour viendra, on reconnaîtra le génie du très grand Kevin Costner, dernier acteur et réalisateur classique d’Hollywood, dans la lignée de John Ford et de King Vidor pour leurs figures de héros-bis aux parcours moraux contrariés.

2

La Nuit du chasseur (1955)

de Charles Laughton 

Dans les années 1930, en Virginie-Occidentale, le long de la rivière Ohio, le révérend Harry Powell, tueur en série tiraillé entre le Bien et le Mal quitte la scène de crime de sa dernière victime. Powell, misogyne qui a un penchant pour les couteaux à cran d’arrêt et prêcheur auto-désigné, voyage à travers tous le pays, se marie à des veuves puis tue ses compagnes, pensant accomplir la volonté de Dieu.

Le film d’acteur-réalisateur par excellence. Tout y est : folie, grandiloquence, intuitions sublimes et inventions formelles. Pourtant ce film a été un échec critique et commercial à sa sortie. Il faudra attendre plusieurs décennies avant que ce film soit reconnu à sa juste valeur.

1

Meurtre d’un bookmaker chinois (1976)

de John Cassavetes 

Cosmo Vitelli est directeur d’un cabaret de seconde zone dans la banlieue de Los Angeles. Strip tease et numéros s’y suivent chaque soir sous son regard attentif et bienveillant. L’argent se fait rare, et suite à des dettes de jeu il doit 23 000$ à la mafia qu’il garantit en leur signant une hypothèque sur son club. Comme il peine à rembourser, les gangsters lui proposent de s’acquitter de sa dette en tuant un bookmaker concurrent chinois.

Chef d’oeuvre d’improvisation et d’ambiances, ce film a permis de faire en sorte que le cinéma prenne les chemins de traverse devenus, aujourd’hui, des autoroutes.

Noodles

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Fan de cinéma depuis longtemps, je partage mes opinions avec vous. N'hésitez pas à me donner votre avis sur mes critiques. Sur Twitter je suis Noodles, celui qui tombe systématiquement dans le piège des débats relous.

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