message from the king
Note de la rédaction :

Quand le festival Hallucinations Collectives a décidé de programmer Message from the King le sixième long-métrage de Fabrice Du Welz, on a sauté de joie. Ce réalisateur nous a toujours intrigué au minimum, voire passionné (Calvaire en 2004 et les superbes Vinyan en 2008 et Alleluia en 2014). Avec Message from the King, Du Welz change de braquet en acceptant de tourner un film de commande aux USA très connoté 70s avec un film au parfait scénario typé rape and revenge. Surprenant si l’on se réfère à la filmo du génial réalisateur d’Alleluia mais le résultat est plutôt fun et bien ficelé alors pourquoi pas.

Résumé :

Suite à un appel de détresse de sa sœur, Jacob King (Chadwick Boseman) quitte l’Afrique du Sud pour s’envoler vers Los Angeles. Il dispose de sept jours et de seulement 600 dollars pour tenter de la retrouver. Il ne tardera pas à découvrir ce qu’il lui est arrivé et s’engagera alors dans une quête de vengeance.

Contrairement à ses précédents films, Message from the King n’est donc pas un projet personnel de Fabrice Du Welz, ni écrit ni même voulu par lui-même. Il s’agit d’un de ces films dont le scénario traîne à  Hollywood et que les producteurs tentent d’adapter sans jamais y parvenir. Pendant une période, il a même été question que Michael Mann lui-même réalise ce projet avec Will Smith dans le rôle principal… 

Finalement, le scénario atterrit dans les mains d’un trio d’exécutifs dont l’acteur principal Chadwick Boseman qui, séduit par Alléluia, a donné son accord pour faire appel à Du Welz.

Si on insiste sur la production du film, c’est que le point faible de Message from the King est son aspect très formaté. Les méandres de sa mise en production en font un film au scénario en béton armé mais pêchant un peu lorsqu’il s’agit de donner du souffle à l’histoire.

Pour qui a particulièrement apprécié les aspects un brin dérangés de la filmographie de Du Welz, Message from the King sera sans doute une petite déception. En effet, le film est certes maîtrisé de bout en bout, cependant il n’offre que peu de possibilités au réalisateur d’instiller, comme il sait si bien le faire, des moments de pure folie. Ses talents pour mettre en image les recoins les plus étranges de l’âme humaine sont ici sous-exploités. C’est dommage car le scénario lui en offrait la possibilité. Nul doute qu’un director’s cut aurait permis d’étoffer cet aspect un brin désincarné du film.

Mais, a contrario, Message from the King a énormément d’atouts à commencer par son rythme et son montage très nerveux. Film de genre assumé jusqu’au bout des ongles, ce film est un coup de maître remarquable pour une première incursion dans le cinéma bis. Du Welz a réussi son incursion dans le cinéma hollywoodien, reste à voire s’il parviendra à trouver un projet à sa mesure.

Ce dernier parvient à se fondre dans les codes du rape and revenge sans pour autant se perdre dans une mise en scène impersonnelle. Les amateurs du cinéaste retrouveront indéniablement sa patte faite de gros plans audacieux, notamment sur les visages des personnages. Tout comme la place donnée à la caméra à l’épaule dans les moments où Jacob King (quel nom !) déambulent dans les rues d’un Los Angeles dont la mythologie est respectée.

Autre point fort, le casting 100% pure classe : Chadwick Boseman (black panther dans Captain America et l’improbable Thot dans le tout aussi improbable Gods of Egypt) est éblouissant, mais que dire de Luke Evans en dentiste au double-jeu extrêmement convainquant ? Sans parler des seconds rôles quasiment tous au top avec une mention très spéciale pour Alfred Molina en producteur bigger than life.

Si l’histoire un peu cousue de fil blanc causera quelques moments de flottement, le tout est d’une très grande tenue et n’a pas à souffrir la comparaison avec les thrillers sorties dernièrement. Espérons que ce film soit le signal permettant de relancer la production de thrillers au premier degré assumé.

Marre du méta, marre de l’humour, on veut revoir au cinéma de purs films d’actions, des actioners, des coups de chaînes, des sadiques, des soeurs disparues et des héros invincibles qui sont les seuls à savoir comment ils vont finir la journée.

Notre héros, Jacob King, sera-t-il de retour dans un prochain long-métrage ? Nous l’espérons ne serait-ce que pour revoir sa dextérité à magner la chaîne. Message from the King est un film costaud, plaisant et maîtrisé de bout en bout. Une belle réussite pour Du Welz qui a gagné son ticket d’entrée pour Hollywood.

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NOTE GLOBALE
Noodles

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