Maryline – critique du film

By 19 novembre 2017 Critiques
Maryline
Note de la rédaction :

Mû par un sens du sacrifice hors du commun et une consommation de drogues inconsidérée, je me suis naïvement engagé à rédiger la critique de Maryline, le dernier film de Guillaume Gallienne, sans en avoir vu la bande-annonce. Son visionnage quelques heures avant la projection m’amenait à craindre le pire et je n’ai pas été déçu.

Si Guillaume et les garçons, à table !, premier long-métrage du réalisateur du Français, bien que mineur, avait quelque chose de sympathique. Maryline est, pour sa part, totalement raté. Sans mériter l’ire d’Isabelle Régnier, du Monde, un peu sévère mais on vous conseille le papier, le film, plus bête que méchant, est un échec à tous les niveaux.

Bien que se voulant dramatique, l’histoire de Maryline, actrice atteint de tract au point d’être mutique, ne sonne, à l’exception d’une scène où elle subit la colère d’un réalisateur allemand, jamais juste. L’écriture est la première en cause, que ce soit par les situations ou leur enchainement, irréalistes au possible. Ainsi la brève description de la campagne française, peuplée de crétins inaudibles, est-elle aussi peu crédible que méprisante, sans être pondérée par une distanciation comique ou un sens du burlesque à la Bruno Dumont dans Le P’tit Quinquin, par exemple, ou être au contraire justifiée par une férocité particulière. Rien de tel ici, Maryline se contente d’un premier degré qui laisse pantois de bêtise. De même, l’alcoolisme du personnage apparaît subitement, sans explication quant à son origine et au chemin parcouru par la jeune actrice pour y succomber, l’humiliation évoquée plus haut n’apparaissant pas suffisante pour éclairer une telle dérive. Du fait de cette incurie dans son écriture, on ne distingue dans le film ni tension ni enjeu suffisamment fort pour intéresser le spectateur. La mise en scène, en outre, contribue largement à cet état de fait.

Peu inspirée, elle souffre de l’absence de fil conducteur dans la réalisation de Guillaume Gallienne. Les choix de mise en scène s’enchaînent, sans cohérence et parfois sans justification, à l’instar de l’étrange manière qu’à Gallienne de filmer la dispersion des cendres du père de Maryline dans un champ. En dehors de celui ou cette dernière se trouve devant un mur bleu, difficile de trouver un plan possédant de réelle qualités esthétiques ou susceptible de générer la moindre émotion.

Enfin, la prestation d’Adeline D’hermy, peu aidée par le scenario et la direction d’acteurs, nuit fortement au film. En effet, on peine à déceler chez elle la flamme et la grâce que prétendent apercevoir les autres personnages, dont on ne comprend pas l’intérêt pour cette jeune actrice mutique et plutôt gourde. Le film reposant sur un postulat aussi boiteux il ne pouvait en toute hypothèse, indépendamment de ses autres défauts, pas tenir la route et s’avère, en définitive, insignifiant.

8
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