Les-nouveaux-sauvages-relatos-salvajes-1 de Damián Szifrón
Note de la rédaction :

Relatos Salvajes (Les Nouveaux Sauvages en français), voilà un film qui nous vient tout droit de Buenos Aires et le réalisateur, c’est un certain Damián Szifrón.

Relatos salvajes in your face

Un film à sketchs (y’en a six, comme les six doigts de la main ou les six apôtres s’ils avaient été nains) argentin qui se présente comme une comédie noire. Contes sauvages, les anglophones l’ont traduit comme tel, on pense bien sûr à de la comédie mordante italienne des seventies et aux Nouveaux Monstres de Dino Risi, Mario Monicelli et Ettore Scolla, et les distributeurs français l’ont bien compris, qui l’ont traduit direct par Les nouveaux sauvages. Le ton est donné poil au nez.

Les-nouveaux-sauvages-relatos-salvajes-1 de Damián Szifrón

Histoires de rire

L’intro nous le donne aussi, le ton, avec une scène dans un avion assez absurde qui se termine sur un plan fixe d’un avion en train de s’écraser sur un couple de vieux retraités. On sourit vilain tandis que le générique défile avec des animaux. Sauvages, of course.

Un petit Tex Avery super bourrin et absurde

Je passe sur la seconde histoire assez courte, qui pose ses marques pour passer au troisième sketch : un petit Tex Avery super bourrin et absurde, une histoire d’hormones, deux conducteurs qui s’insultent verbalement, en viennent aux mains, puis l’un chie sur la bagnole de l’autre, et ça dérape complètement. Qui c’est qu’a la plus grosse, semblent-ils nous dire.

Je me suis retrouvé à me gondoler comme une baleine tandis qu’un type défonçait la tronche de l’autre à coups d’extincteurs et que le reste du public hésitait à réagir, ah ça fait du bien un peu de fraicheur ! C’est de la force brute, m’sieurs dames. J’étais encore en train d’essuyer des larmes de joie enfantine et c’est passé au troisième sketch avec le maintenant mondialement célèbre Ricardo Darín (il s’est révélé au grand-public avec Les neufs reines en 2000), putain d’acteur, mais à qui échoit le sketch finalement le plus consensuel voire conventionnel, petite révolution contre l’absurdité du système adulescente bof bof.

Hop, on passe au suivant, humour noir bien bien mordant sur un gamin bourgeois chauffard fuyard dont le père essaie de sauver la peau, mais son avocat veut en profiter pour lui soutirer plein de fric et cela se termine en délectables négociations bien matérielles alors que le chiard a écrasé une femme enceinte, ouh que c’est mesquin.

On finit sur une histoire de mariage qui part complètement en live mais qui finit sur une note de petite provoc’ hollywoodienne qui me déçût poil au cul. Sans le vouloir, le film se remet tranquillement sur des rails bien pensant, frustrante conclusion. (Poil au fion ?)

Un casting et un réalisateur au top

Faut avouer, les acteurs tous sketchs confondus sont super bien choisis et font des performances sans faute. En plus, l’accent argentin est délicieux et la langue est tellement fleurie que c’en est un vrai bonheur. Niveau insultes qui ont à voir avec ta maman et la partie « honteuse » de leur anatomie, on leur arrive pas à la cheville, espère !

Le Szifrón, je le découvrais et il donne envie de se jeter sur le reste de sa filmographie. Le gonzier a du talent, du flair, du style et se permet deux trois audaces cinématographiques pas piquées des hannetons. Il maitrise sec.

Mais alors, qu’est-ce qui cloche ?

Ah, ah ! Parce que oui, c’est pas excellentissime. Le truc, je crois, c’est que je me suis tellement sur le troisième sketch qu’ensuite, le rythme est retombé comme un soufflet. On atteint un pic d’humour noir qui reste sur l’estomac. L’agencement des sketchs est donc un peu regrettable. Et terminer sur la sacro-sainte institution du mariage avec une conclusion heureuse alors que le film semble revendiquer l’anarchie, c’est con. On ne retrouve pas l’acidité des Nouveaux Monstres, finalement, malgré le sang distribué par litres, le film reste trop sage.

Je me suis penché sur le message : y’a des animaux dans l’intro, des êtres humains qui deviennent violents, qui se laissent aller à leur pulsion… Mhh je voyais pas trop. Finalement, je tombe sur l’affiche américaine du film. Le slogan : we can all lose control. Alors c’était sur la perte de contrôle ? Ah merde, je l’avais pas capté.

En conclusion, un bon film qui rehausse le niveau de toutes ces merdes pseudo-provocantes qu’on nous vend par paquet de douze, mais qui aurait pu déchirer vachement plus sa race, si je peux me permettre. Alors allez le voir si cela vous tente, et sinon, faites-vous un bon bœuf bourguignon avec des vrais morceaux de framboise dedans.

14
Note globale
Botzky

About Botzky

Obsessionnel compulsif, polytoxicomane, polygame, polyglotte et professionnel de Pole-Dance, Botzky n’a pas une mais mille opinions selon le taux de salinité des saisons. Grâce à Doc Ciné, il peut enfin partager le point de vue schizophrène qu’il porte sur sa maîtresse préférée, Miss 7ème Art, et s’en pourlèche les babines avec un plaisir sanguin à rayures ingénues et perverse.

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