Note de la rédaction :
L’autre Rio c’est le monde qui a continué de vivre pendant les jeux olympiques de 2016. On pourrait même les appeler les oubliés de Rio, des politiques. La ville a été lissé de sorte que la pauvreté semblait disparaître. Que nenni, ils ne sont pas de la poussière qu’on essaie de cacher sous le tapis. Ils sont bien là, juste en face du grand stade Maracanã, séparés par une voie ferrée. C’est une autre façon de voir les jeux olympiques de Rio, aller à la rencontre d’une communauté vivant dans des immeubles désaffectés. La réalisatrice Emilie B. Guérette, partage sa vie entre Montréal et Rio de Janeiro, le choc a été rude quand elle a vu les préparations des jeux olympiques et son plan de « nettoyage » de la pauvreté.

Synopsis: Rio de Janeiro, août 2016. Les Jeux Olympiques d’été battent leur plein. À quelques pas du stade Maracanã, mais bien loin de l’attention internationale, une communauté de déshérités s’invente un quotidien dans un immeuble désaffecté. Malgré la misère, la violence des gangs et la militarisation du quartier, les occupants survivent avec ingéniosité et résilience. Ignorée par les reportages sensationnalistes, leur parole digne et généreuse témoigne d’un monde de béton et de lumière, où la réalité d’aujourd’hui s’estompe derrière les aspirations pour demain.
L’autre Rio fait partie de ces documentaires qui vous donne envie de sortir dans la rue et d’être attentif à tous ces visages pleins de vie. La réalisatrice suit une galerie de personnages, vivant de près ou de loin les festivités. On découvre la vie des enfants dans l’immeuble désaffecté, le danger ambiant des échanges de tirs entre les dealers, la mère et ses enfants qui essaient de survivre au mieux, à la femme qui voulait quitter son vilalge pour la ville. Tout est terriblement précaire, ils vivent au fur et à mesure, marginalisés… Et pourtant, il est dingue de voir que le film transpire d’espoir et d’humanité. Le documentaire observe, les suit dans leurs boulots. Distribution de journal, vente de confiseries à la sortie d’un match. Tout est bon pour acheter un peu de lait. A coté, on les questionne au sujet de de leur vie, de leur passé. Le documentaire a comme point positif d’arriver très facilement à nous créer une proximités avec ces gens de l’autre bout du monde.

UNE CAMERA EN OR

En réalité il n’est pas utile de vouloir montrer la pauvreté puisqu’elle déborde de partout. La réalisatrice l’a compris, et donne avec sa caméra des portraits passionnés. Extraordinaire est la façon dont la caméra capture les regards, ils deviennent plus que des étiquettes et nous fascinent par leurs regards. En plus de savoir filmer les gens, Emilie B. Guérette compose à merveille ses plans, et de nombreuses images continueront à vous marquer; les feux d’artifices depuis l’immeuble désaffecté, l’insouciance des enfants. Il est également fabuleux de voir ces abandonnés devenir le centre de l’attention, quand leur entourage les regarde faire les acteurs devant la caméra.
Jusqu’ici il a été question d’éloge concernant L’autre Rio, mais cela n’a pas été volé. Le film a un regard virtuose et une grâce pour raconter ces histoires. De plus le documentaire offre une reflexion intelligente sur les conséquences des grands évènements sportifs comme les JO. Ce n’est pas non plus quelque chose d’agressif qui se veut contestataire. C’est davantage une fenêtre ouverte sur ce qu’on ne voit pas.

Bande-annonce:

Pancake

About Pancake

Jeune scénariste, étudiant à Paris-Sorbonne et éventuellement critique de film

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