La Tortue rouge – critique du film

By 4 août 2016 mars 12th, 2017 Critiques
Note de la rédaction :

La Tortue rouge est le premier film, très réussi, du réalisateur Michael Dudok de Wit.

C’est avec presque autant de temps que nécessaire à Nicolas Sarkozy pour se déclarer candidat à que dalle et plus de mots qu’il n’en faut pour écrire l’intégralité de son programme que je vous livre la critique de La Tortue rouge, premier long métrage du réalisateur hollandais Michael Dudok de Wit.

Cette tortue rouge, c’est celle que rencontre un naufragé, échoué sur une île déserte. Mais c’est aussi le symbole d’un rapport dual à la nature, à la fois destructrice, à l’image d’un tsunami ravageur, et bienfaitrice, nourricière, source de vie et de réconfort. On ne peut d’ailleurs à ce sujet que faire le rapprochement avec l’œuvre des studios Ghibli, au sein desquels Michael Dudok de Wit a été le premier européen à travailler et qui ont plusieurs fois exploré cette thématique, notamment dans Princesse Mononoké, avec toutefois une exubérance et une dimension fantastique absentes de La Tortue rouge.

Cette dernière est en effet d’une remarquable sobriété, notamment dans le traitement des couleurs, particulièrement douces et homogènes et dont la palette, y compris de contrastes, s’enrichit progressivement en fonction de la tonalité du récit. En cela le film n’est pas sans rappeler Le Conte de la princesse Kaguya. Cette sobriété n’est pour autant pas synonyme de pauvreté de la réalisation. Au contraire, celle-ci est d’une très grande qualité : les décors sont magnifiques et les personnages superbement animés, signe probable de l’expérience acquise auprès des studios Ghibli.

En outre les sons sont particulièrement bien utilisés. Film presque muet et dépourvu de dialogues, La Tortue rouge est toutefois marqué par le bruit des phénomènes naturels, surtout des plus violents, tel que lors de la séquence d’ouverture, ce qui met d’autant plus en exergue la quiétude qui se dégage globalement du récit et participe à faire du film une œuvre apaisante, poétique et délicate, légère comme ces pas de danse exécutés par les personnages sur une plage.

Ayant douloureusement conscience que cette critique est un peu courte et que vous avez besoin de vous occuper avant de quitter le bureau, je vais poursuivre en vous racontant ma vie fascinante. Ceux d’entre vous soucieux de préserver leur intégrité mentale peuvent passer directement à la note.

Un micro climat s’est installé dans ma cour. L’absence de ventilation et l’air chaud dégagé par les climatiseurs des commerces y font régner une chaleur suffocante. En y disposant subtilement un peu de sable et de peinture bleue j’espère attirer des touristes néerlandais en leur faisant croire que qu’ils sont sur la côte méditerranéenne pour les abattre et piller leur camping-car, ça m’éviterait d’aller faire les courses à Super U et d’y croiser mes semblables. Suivre l’actualité m’épuise, chaque fois que je consulte le site du Monde j’ai l’impression de traverser un champ de mines semées par ces petits enculés de djihadistes.

Parfois j’en ai marre ; j’ai envie d’acheter un van, d’y entasser mes amis et ma complice et de rouler vers la montagne pour y être enfin tranquille. Mais comme je refuse de laisser la place à ces connards même pas foutus de tuer un pédophile quand ils égorgent un prêtre avec tout le courage requis pour poignarder un homme de 86 ans, je reste.

17
NOTE GLOBALE
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