Note de la rédaction :

Hitman & Bodyguard est définitivement un film qui fait du bien. Un Buddy Movie qui maitrise les règles du genre et qui démontre qu’il est encore possible de tourner un film autour d’un duo de héros composé de deux personnalités très différentes. Entre la série télévisée L’arme fatale et le film The Nice Guys, le Buddy Movie semble reprendre des couleurs. C’est dans les années 80 que le « film entre copains » s’est démocratisé, avec entre autres Tango et Cash et 48 heures. En ce qui concerne Hitman & Bodyguard, est-ce un pari réussi ?

Résumé

Un redoutable tueur à gages est contraint de témoigner contre son ancien employeur devant la Cour internationale de justice de La Haye. Interpol est alors chargée de l’escorter jusqu’aux Pays-Bas et engage le meilleur garde du corps du métier pour mener à bien cette mission. Mais c’était sans savoir que depuis des années, les deux hommes s’opposent : les voilà désormais obligés de s’associer pour tenter de survivre aux pires épreuves… De l’Angleterre à La Haye, ils vont vivre une aventure délirante, une succession infernale de tentatives de meurtre, de courses-poursuites pour échapper à un dictateur d’Europe de l’Est prêt à tout pour les éliminer.

Produit par Millenium Films, Hitman & Bodyguard fait la promesse d’un maximum d’action et de surprise. En effet la compagnie a pour habitude de produire des films d’action comme la trilogie des Expendables. Le réalisateur, Patrick Hugues, considéré comme un jeune maître en la matière, a notamment réalisé le dernier Expendables.

Le film a pour l’occasion fait appel à un casting de choix, Samuel L. Jackson et Ryan Reynolds. C’est pour moi deux acteurs qui ne composent plus de personnages, tant leur personnalité prend le dessus. Cela peut être une qualité comme un défaut, mais j’y vois davantage une combinaison gagnante. Le duo est apprécié du grand public, il était donc légitime de découvrir les étincelles qu’ils pouvaient produire ensemble. Tout s’est joué sur l’aspect Deadpoolien de Reynolds, de ses blagues en dessous du pantalon, et de l’aspect brutal et cruel de Jackson dans des films comme Pulp Fiction. Pour ceux qui ont vu le film, difficile d’oublier son mémorable « Motherfucker ». Un terme qui sera utilisé dans celui-ci comme clin d’œil. Concernant Reynolds, il s’agira davantage de plans (presque) face caméra qui donnent l’impression au spectateur qu’il va casser le quatrième mur (à la façon de Deadpool). L’équipe du film avait pour idée que pour faire un film efficace ils devaient prendre ce que le spectateur aimait le plus chez ses acteurs. Et ils ont totalement raison, ce qui importe le plus dans un Buddy Movie sont les personnages, s’ils n’ont pas l’aura nécessaire, si on arrive pas à les apprécier, il y a peu de chance que le film fonctionne.

Le long-métrage joue davantage la carte de la parodie avec l’affiche de film Bodyguard de Mick Johnson. N’oublions pas Gary Oldman, Salma Hayek et Elodie Yung qui accompagnent bien les têtes d’affiche. Note Spéciale à Gary Oldman qui est toujours aussi bon pour les transformations, et particulièrement en dictateur d’Europe de l’Est. Il arrive à camper un personnage détestable bien que le personnage n’est qu’un outil pour faire avancer l’histoire.

Hitman & Bodyguard suit la recette à la lettre, et ça détonne. Simple mais efficace, le scénario prouve qu’il est possible et avisé d’écrire une histoire qui sert les personnages plus que l’intrigue. Parce qu’il est uniquement question de rejoindre La Haye, de témoigner contre le dictateur avant qu’il ne soit trop tard et si possible de reconquérir leurs bien aimées. Au départ, comme tout bon buddy movie, Ils ne s’aiment pas, mais le temps fait qu’ils deviendront potes, et qu’ils apprendront à s’entraider pour atteindre leur but.

Elodie Yung et Salma Hayek campent des femmes fortes et c’est rafraichissant, elles apportent quelque chose au duo gagnant, c’est un ingrédient qui est appréciable à observer dans la mesure où les personnages féminins sont souvent effacés. Cette fois ci elles apportent du rire et de la consistance à l’intrigue. Le montage du film est très énergique, avec un sens du rythme efficace, il arrive à créer un équilibre entre les scènes d’actions et les apartés. Beaucoup de films d’actions ont des problèmes de rythme, la version courte de Batman v Superman est un bon exemple en la matière. Cela évite les remarques habituelles de spectateurs « vers la moitié je me suis ennuyé car ça parlait trop » ou « C’est bien un blockbuster avec ses explosions qui durent 30 minutes. ». Le film ne manque pas de cascades et de courses poursuites punchy.

Pour en finir avec le rythme, la bande originale est, comme beaucoup de films aujourd’hui, partagée entre l’effet « clip » et la composition originale. L’effet « clip » consiste à coller une musique commerciale à l’image. Quant à la composition, elle est très inspirée « mission impossible », ce qui laisse entrevoir un film qui ne se prend pas trop au sérieux. Et c’est ce qu’on aime. Par contre des réserves sont à émettre concernant la photographie, le film oscillait entre une photographie classique et une autre proche de Michael Bay. C’est à dire avec une photo surexposée, très désagréable et parfois même gênante.

Si on devait comparer Hitman & Bodyguard à quelque chose qui nous tient à cœur, on le comparerait à un Cookie. C’est une sucrerie qui se consomme sans modération et qui fait particulièrement mon bonheur. Un bon cookie détient l’équilibre parfait entre la pâte et les pépites de chocolat. Pour autant ce n’est pas un film qui marquera les esprits.

Pancake

About Pancake

Jeune scénariste, étudiant à Paris-Sorbonne et éventuellement critique de film

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