FREAKS de Zach Lipovsky et Adam Stein

By 24 avril 2019 Critiques
FREAKS de Zach Lipovsky et Adam Stein
Note de la rédaction :

Première belle surprise de l’édition 2019 du Festival Hallucinations Collectives, Freaks de Zach Lipovsky et Adam Stein, sorte d’hommage pop et SF du Freaks de Tod  Browning, est une belle ode à la fantaisie.

Chloé (Lexy Kolker, pas la meilleure enfant actrice que l’on ait vue ces derniers temps…), une petite fille est gardée recluse dans une maison qui semble laissée à l’abandon depuis des lustres par son père Henry (Emile Hirsch excellent comme souvent), personnage un brin inquiétant dans un rôle de papa gâteau protecteur à la limite de la paranoïa.

Normalité éphémère

Si sur le papier, nous ne sommes pas loin d’un huis-clos psychologique reposant sur un plot twist final, un déclic s’opère peu à peu dans notre tête. Freaks parvient à redéfinir ce schéma à première vue bien balisé, si bien que les rares percées de quiétude opèrent avec d’autant plus de force.

Comment de Zach Lipovsky et Adam Stein y parviennent-ils ?

Dans ce genre de récits très populaires ces dernières années, nous sommes confrontés généralement à deux cas de figures : les récits paranoïaques fermés sur eux-mêmes, regardant le monde extérieur avec effroi (on pense bien sûr à Bug de William Friedkin pour ne citer que le plus connu) et les films reposant justement sur un plot twist dans lesquels le personnage principal tente d’échapper à son enfermement (on pense au Village de M. Night Shyamalan, ou encore à 10 Cloverfield Lane de Dan Trachtenberg).

Nous ne révélerons pas à quelle catégorie appartient Freaks tant les mystères entourant les raisons de cet enfermement nous sont distillés avec une certaine dose de finesse et beaucoup d’inventivité, si bien que l’on se prend à mener l’enquête en même temps que la petite Chloé, néanmoins il est évident que les réalisateurs ont délibérément fait le choix de jouer avec ce double niveau de lecture.

D’autant que ce dispositif parfois un peu artificiel, laissant volontairement le spectateur se démener avec un minimum d’informations, s’avère ici très précieux. Des extraits de journaux télévisés faisant état d’une réalité dystopique inquiétante, à un vendeur de glace (formidable Bruce Dern) hantant le voisinage, tout nous laisse croire que le danger peut autant venir de l’intérieur que de l’extérieur.

Si le thème de la normalité influe toutes les strates du récit, la question du pourquoi est laissée de côté à bon escient au profit d’une lente et impressionnante montée vers un dernier acte totalement débridé.

Montré dans de nombreux festivals (Toronto, Sitges, PIFFF, Gérardmer) avec un certain succès, Freaks est distribué par Les Bookmakers / The Jokers et devrait sortir au cours de l’année 2019. Alors n’hésitez pas à vous plonger dans ce maelström claustropho-pop assez inédit sur le fond et la forme.

Avec Emile Hirsch, Lexy Kolker, Bruce Dern, Amanda Crew, Grace Park
2018 – ÉTATS-UNIS – 104 MIN – ANGLAIS – SORTIE EN 2019

Noodles

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One Comment

  • Jean dit :

    Salut, je n’ai pas encore eu l’occasion de voir le long-métrage « Freaks » des réalisateurs Zach Lipovsky et Adam Stein. Toutefois, je pense bien voir ce film très prochainement.

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