Note de la rédaction :

Arrivés sur Youtube en 2009 avec leur Rap des Prénoms puis avec Very Bad Blagues sur D8, le Palmashow débarque au cinéma avec La Folle Histoire de Max et Léon.Première réelle tentative cinématographique d’humoristes web, le long métrage était la source de très grosses attentes

Le parcours alternatif que représente Youtube et la liberté du médium pouvaient nous faire espérer une vague de fraîcheur dans le cinéma Français. Grégoire Ludig, David Marsais et Jonathan Barré ont très bien compris cet enjeu et s’en amusent pour leur première aventure sur grand écran.

France.1939. D’entrée de jeu, le film nous enlève notre cadre de vie contemporain , évitant ainsi la comparaison avec les précédentes réalisations du groupe. Pour se tourner vers des classiques de la comédie française tel que La Grande Vadrouille ou La 7ème compagnie. Ce choix de diégèse reste cohérent dans l’écriture du Palmashow qui n’a jamais caché son amour pour ces comédies. Aussi, il marque une volonté de fédérer un public plus large que la cible théorique des spectateurs Youtube.

En partant de ce postulat le trio a choisi d’incorporer une atmosphère de film d’aventure à l’ancienne. Empruntant à des films comme les Aventuriers de l’Arche Perdue ou plus proche de chez nous les 0SS 117.  Le long-métrage ressemble à s’y méprendre à de la bande dessinée Franco-Belge.

On ressent une volonté d’offrir un spectacle digne d’un album de Tintin dans le choix des lieux et du déroulement de l’intrigue.

L’une des plus grandes qualités du Palmashow est l’écriture de leurs personnages. Soigneusement écrits, ils ne sont pas des entités visant uniquement à sortir des vannes. Parfaitement interprétés par un casting incroyable, les personnages sont tous attachants. Ils opèrent chacun dans un registre comique différent avec une très grande justesse. Déployant ainsi un éventail de situations permettant à tous de trouver son compte.

la_folle_histoire_de_max_leonJustement, même si le film place son intrigue durant la Seconde Guerre Mondiale, les gags résonnent avec notre contexte d’actuel. Le choix de faire voyager les héros en Syrie, la grande implication d’un personnage féminin -rappelant l’Agent Carter de Marvel Sutdios– ou le regard en arrière sur la collaboration. Tant de situations misent en images pour nous interroger sur ce qui nous fait rire.

Cependant, le film offre bien au delà de cet humour « conscient ». Étrangement,  on trouve de multiples similitudes entre sa place au sein du cinéma Français et l’histoire qu’il nous raconte.

Voulant échapper à la guerre, les héros se griment et mentent la majeur partie du long-métrage. Ainsi, tentons de remettre les personnages dans notre contexte. Nous voyons que l’état major Français représente alors les chaînes de télévision incapables de comprendre leur époque. Que les Nazis sont les chaînes qui collaborent avec les vidéastes en essayant de les formater au modèle télévisuel. L’exemple le plus frappant est l’hilarante scène où Max et Léon travaillent pour la propagande du IIIème Reich. L’implantation de l’histoire en pleine Seconde Guerre Mondiale illustre alors un conflit entre la télévision et Internet.

Quand à nos héros, ils tentent en permanence d’être dans les deux camps.

Malgré tout, c’est ce principe qui entraîne le principal défaut que l’on peut faire au film. La mise en scène rappelle leurs précédents sketchs et ne tentent pas d’innover. Heureusement, ce problème n’apparaît qu’à de rares moments qui sont vite oubliés face à l’immense travail visuel fait sur le film. La photographie, les costumes et les décors, transpirent la volonté de recréer un grand spectacle d’aventure.

En dépit d’une introduction difficile, l’exposition arrive péniblement à se mettre en place, on est face à une odyssée au rythme très soutenu qui ne s’achève qu’à l’arrivée du générique de fin.

Débordant de générosité, La Folle Histoire de Max et Léon est l’œuvre d’artistes passionnés. Doté d’une liberté totale, le Palmashow réalise un film à l’opposé des standards actuels qui redonne espoir aux comédies françaises Et à la création originale.

Comme diraient nos amis anglo-saxons, NICE !

La Folle Histoire de Max et Léon, le 1er Novembre 2016 en salle.

Keyser Swayze

About Keyser Swayze

Biberonné à la Pop Culture. Je tente d'avoir une alimentation culturel saine et variée, généralement composée de films qui ne prennent pas leurs spectateurs pour des cons. Carpenter, Wright et Fincher sont mes maîtres.

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