El Superbeasto de Rob Zombie – Critique

By 26 octobre 2017 #Culte : les films
el superbeasto
Note de la rédaction :

Rob Zombie, auteur prolifique, versant aussi bien dans la réalisation que dans la musique, signait en 2009 l’adaptation de son comics The Haunted World of El Superbeasto, l’aventure décomplexée du catcheur éponyme et de sa soeur Suzy-X, face au Docteur Satan, que Outbuster permet au public français de redécouvrir. Digne rejeton kitsch de Tex Avery ou pendant essoufflé de l’univers de son réalisateur ?

Rob Zombie, c’est le remake, dont on peut discuter la réussite, du Halloween de Carpenter, mais c’est surtout des films plus réussis ;  La maison des milles morts, et The Devil’s Reject, qui place le spectateur aux côté d’une famille de psychopathe américaine, les Firefly, dans un spectacle crû et violent, versé dans la cruauté et dont l’ambivalence morale est une des grandes réussite.

En dehors de la réalisation et de la musique, Zombie est aussi auteur de comics, et compte parmi ses créations The Haunted World of El Superbeasto dont le réalisateur borderline signe l’adaptation en film d’animation en 2009. De ses films, el Superbeasto ne reprend pas l’ambiance suintante que Zombie avait emprunté à des films comme The Texas Chainsaw Massacre ou The Hills Have Eyes. Si sa passion pour la violence et le sexe reste, elle est apparait ici sous la forme d’un cartoon, aux traits d’ailleurs très convenus. L’intérêt réside dans ce que l’animation permet à Zombie de donner vie à un magma référentiel de grand n’importe quoi, un délire surrané, plein de zombis justement, nazis qui plus est, de bimbos, et d’une trouzaine de références pop, de la créature du lac au Jack Torrance de Shining en passant par la fiancée de Frankenstein. Dans cet univers de robots lubriques et de satans en herbe se déploie un humour « gras » et déshinibé, entre blagues qu’on qualifiera euphémiquement de grivoises et jeu sur les références, un grand quizz d’une heure vingt – saurez vous tous les reconnaître.

Malgré une quantité d’évènements, de personnages, de gags et d’idées, le film peine à paraître inspiré, bloqué dans une ambition de catalogue pop qui ne prend pas son temps, mais précipite tout pour paraître toujours plus fou, plus déglingué. C’est finalement l’esprit subversif du film, qui cherche à se saisir d’un média généralement accepté comme enfantin, qui s’essouffle, qui lasse, malgré sa durée réduite. Reste un délire qui ravira les fans du réalisateurs, et qui amusera les amateurs d’objets cinématographiques bizarres. Le but n’est après tout certainement pas de produire choc et questionnement moral (C’est l’affaire de ses autres films) mais bien amusement railleur et coupable. Un format plus court aurait peut-être été plus adapté, comme pour the Werewolf Women of the SS, la fausse bande annonce qui accompagnait le projet Grindhouse de Tarantino et Rodriguez : Un condensé des obsessions de Zombie, aussi réussi que Superbeasto, et avec en supplément un Nicolas Cage des grandes heures, déguisé en Fu Manchu cheap et halluciné.

Delarge

About Delarge

J’aime rappeler l’héritage des trésors qui façonnent encore aujourd’hui le cinéma, et en amateur de contre-culture et de psychédélisme qui fleure bon les 60-70’s, je révère bien sûr particulièrement le Nouvel Hollywood, et tous ses rejetons.

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