Note de la rédaction :

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Alors c’est donc cela le film le plus hypé de ces derniers mois après Star Wars : the Force Awakens ? On ne va pas se mentir, il y a certes de bonnes punchlines et quelques plans sympas dans Deadpool, mais depuis quand « faire cool et second degré » est devenu cool ? Critique.

Résumé

Les créatifs du film ont réussi la performance de broder pendant 1H45 autour d’une histoire aussi mince et classique qu’un sandwich SNCF sans que la plupart des spectateurs ne leur en tiennent rigueur. Rien que pour cela, je dis un premier bravo.

L’histoire ? À la suite d’une lourde et violente expérience, le mercenaire Wade Wilson (Ryan Reynolds qui, ne boudons pas notre plaisir, incarne avec brio le personnage) devient Deadpool. Doté d’un pouvoir de régénération surhumain et d’un humour noir et tordu, il se lance à la poursuite de l’homme qui a failli détruire sa vie, et qui retient sa petite amie en otage. Il va alors s’allier à deux X-Men : Colossus et Negasonic, pour tenter d’arrêter son ennemi, Ajax.

Bon, j’entends d’ici les fans boys s’exciter : « arrête ton ironie mec, Deadpool est une adaptation très fidèle du comic et parvient à : être plus violent, plus vulgaire, plus méta, plus second degré, moins sérieux que toutes les adaptations Marvel (en même temps, c’est pas compliqué…) tout en n’hésitant pas à briser le quatrième mur ». Pas de souci avec cela, le contrat est rempli.

Mais pourquoi ne s’être positionné que sur ce plan-là ? N’y avait-il rien d’autre à faire avec cette histoire ? La seule originalité bousculant un peu le train-train bien huilé d’une sempiternelle origin story de super-héros au grand-écran (grosso modo : exposition, arrivée du méchant, bataille, générique de fin, scène post-générique), c’est le fameux flashback autour de la première bataille (cf. tous les trailers).

Chose étonnante, il n’y aura que deux scènes d’actions : au début, celle qu’on voit quasiment en entier dans les différents trailers, et une dernière à la fin, très décevante et plutôt courte. Le reste est un long ping pong de punchlines plus ou moins vulgaires et régressives axées 12-16 ans.

Il faudra d’ailleurs m’expliquer ce faux débat autour du classement R du film aux États-Unis (moins de 12 ans en France), car : d’une part, ce film est clairement destiné aux adolescents ou post-ados et, d’autre part, il demeure plutôt soft : les rares scènes de violence ou de sexe – j’ai cru apercevoir l’ombre d’une poitrine lors d’une scène très soft nous ramenant, le cours d’un instant, au cinéma des années 1990 (en plus soft).

Pour en revenir à ce fameux flashback, qui est me semble-t-il la meilleure idée trouvée par les scénaristes, il donne lieu à la meilleure scène du film qui n’est autre que…le générique de début. C’est un peu le drame du film. La suite ne fera que sampler cette scène et semble constamment courir après l’énergie de cet exploit inaugural.

Autre point que j’aimerais aborder, le film ne se prend jamais au sérieux. Ok, rien n’est plus cool que de prendre un peu de recul avec les films parfois un peu trop plombés et plombants de Christopher Nolan et consorts, d’autant que cela reste cohérent avec l’esprit du comic, mais, encore une fois, pourquoi désamorcer toute velléité de croire à l’histoire ?

Pourquoi faire des clins d’oeil incessants au spectateur si ce n’est parce qu’on sait pertinemment que ce que l’on a à dire à l’écran ne tient pas la route ?

À quel moment proclamer sa badassitude et son ironie à longueur de réplique est une bonne idée pour faire d’un super-héros un personnage attachant ? Réponse : rarement, voire jamais. Du coup, je me demande pourquoi les créatifs se sont autant démenés à rester collés à ce point à l’esprit du comic ?

Il y avait sans doute mieux à faire et je ne peux m’empêcher d’en conclure que cette adaptation n’est rien d’autre qu’un autre produit marketing calibré au poil de cul près (dédicace aux dialoguistes du film) pour répondre aux attentes des spectateurs semblant plébisciter des films comme Kingsman ou Les Gardiens de la Galaxie plutôt qu’un origin story propret à la 4 Fantastiques.

En résumé, si vous aimez les rires gras et poser votre cerveau pendant 1h45 allez-y sans crainte, si vous préférez aller voir un bon film avec de réelles intentions de réalisation (autres que marketing) passez votre chemin.

11
Note globale

Fiche technique :

Réalisation : Tim Miller
Scénario : Rhett Reese, Paul Wernick 
Acteurs principaux : Ryan Reynolds, Morena Baccarin, Ed Skrein, T. J. Miller, Gina Carano
Sociétés de production : 20th Century Fox, Marvel Entertainment, Kinberg Genre, The Donners’ Company
Pays d’origine : États-Unis
Genre : super-héros
Durée : 108 minutes
Sortie : 10 février 2016
Noodles

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