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Le premier film de Dario Argento sort à une époque charnière du cinéma italien et mondial. Les années 1960 s’achèvent et avec elles, une certaine idée du cinéma italien qui avait vu triompher de grands auteurs universels. C’est dans ce terreau fécond que naît un cinéma de genre, peut-être moins préparé à triompher dans les festivals internationaux, mais tout aussi génial et original.

De grands auteurs italiens, comme Sergio Sollima (par exemple : Le Dernier Face à face, 1967) font leurs premières armes, ou en profitent pour enfin réaliser de nombreux chefs d’oeuvre de bruit et de fureur : avec bien sûr, Mario Bava, que nous avons déjà évoqué (ajoutons à la liste : Danger : Diabolik !, 1968, L’Île de l’épouvante, 1970, La Baie sanglante, 1971 qui est le précurseur des slashers américains pour son scénario systématique et jusqu’au-boutiste), Sergio Corbucci (Django, 1966, Les Cruels, 1967, El mercenario, 1968, Companeros, 1970) ou Lucio Fulci (Perversion Story, 1969, Le venin de la peur, 1971, La longue nuit de l’exorcisme, 1972, et aussi et surtout, pour ma part, ses films tardifs : 4 de l’apocalypse, 1975, L’emmurée vivante, 1977, L’enfer des zombies, 1979, La guerre des gangs, 1980,L’au-delà, 1981, La maison près du cimetière, 1981, L’éventreur de New York, 1982).

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Dans ces films, tous exceptionnels pour leur inventivité formelle et narrative, on retrouve souvent les mêmes acteurs, un savant mélange d’acteurs italiens : Fabio Testi, Franco Nero, Gian Maria VolontèMario Girotti (dit Terence Hill et oui, il est italien), Bud Spencer (et oui, lui aussi est italien, son véritable nom étant Carlo Pedersoli), Gino Pernice, Silvana Bacci, Florinda Bolkan et d’acteurs étranger plus ou moins connus venus en Italie attirés par le foisonnement productif : Charles Bronson, Henry FondaBurt Reynolds, Lee Van Cleef, Eli Wallach, Frank Wolff, Klaus Kinski, Alan Harris dit Mark Damon,William Berger, Brett Halsey, Jean Sorel, Edmund Purdom… Autant de noms et de « gueules » qui feront de ce cinéma l’un des plus marquants de l’histoire. Ce cinéma de genre va donner ses lettres de noblesse au péplum, au western et au film policier (le giallo) à la sauce italienne avec un succès fulgurant jusqu’à la fin des années 1970.

Les dernières années de cette décennie voient mourir à petit feu ce cinéma qui tarde à trouver un second souffle. Le cinéma de genre italien sera finalement dépassé à sa droite par le cinéma asiatique, mais deviendra un modèle pour tous les créateurs de formes, fascinés par ces pionniers du genre ayant su mélanger une certaine forme d’art et le meilleur des traditions populaires (discours direct, narration éclatée, violence affichée, érotisme assumé). Citons quelques noms de réalisateurs s’inspirant ouvertement de ce cinéma : Quentin Tarantino, Tim Burton, Wes Craven, John Carpenter, Les Frères Coen, Bong Joon-Ho, David Cronenberg, Joe Dante, David Fincher, David Lynch, Gaspar Noé, Park Chan-Wook, Tsui Hark et tant d’autres…

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