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Note de la rédaction :

Note de la rédaction :

Le Festival Lumière à Lyon a cela d’exceptionnel qu’il nous permet d’assister à des moments rares de pure cinéphilie. Et, il semblerait bien que ce mardi 11 octobre 2016, nous avons assisté à ce qui pourrait bien constituer un sommet en la matière. Le film rare que même Bertrand Tavernier n’avait pas encore vu (!) La Dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil de Anatole Litvak a été projeté dans une copie 35 mm de très bonne qualité. Critique.

Quentin Tarantino : 1970 et name dropping

Dans le cadre de la rétrospective de la seule année 1970 préparée par Quentin Tarantino et qui se déroule pendant le Festival, le réalisateur de Pulp Fiction himself a présenté La Dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil de Anatole Litvak. Ok. La projection se déroule dans une petite salle de centre-ville mêlant cinéphiles lambdas comme moi et quelques invités triés sur le volet comme Isabelle Hubert. OK. La soirée a commencé par la projection du premier chef-d’oeuvre du génie du giallo Dario Argento, L’oiseau au plumage de cristal. OK. La présentation s’est conclue par un échange informel et très bon enfant entre Quentin Tarantino, Bertrand Tavernier et Thierry Frémaux, directeur du Festival. OK. Mais lorsque nous avons compris que l’ensemble des invités, dont Quentin Tarantino, restaient pendant la projection des deux films en notre compagnie dans ce cadre si intimiste, nous avons compris que ce festival était particulier.

Pop culture au sommet de son art

La Dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil (The Lady in the Car with Glasses and a Gun) est un film franco-américain réalisé par Anatole Litvak, sorti en 1970 d’après le roman de Sébastien Japrisot. Ce film aux accents pop arrive un peu en queue de comète, si l’on puit dire, de la plupart des films du même genre. Il en ressort une certaine cohérence artistique mêlant folie et sobriété que les talents de documentariste d’Anatole Litvak expliquent sans doute un peu. Ce film, c’est avant tout la France de la route du soleil qu’il magnifie. Une certaine idée du territoire et de la douceur de vivre se dégagent : le parler ouvrier, les lieux de vie, les bals populaires, tout y est plus vrai que nature. Qu’est-ce qu’elle avait de la gueule la France de cette époque !

Mais de quoi parle le film ?

Après avoir conduit son patron et sa famille à l’aéroport d’Orly, Dany, sa secrétaire, doit ramener la voiture à Paris. Au moment de rentrer à Paris, elle emprunte par erreur une mauvaise bretelle d’autoroute et s’embranche malencontreusement sur l’autoroute du sud. Elle décide alors et néanmoins, ce qui fait l’élément initiateur du film, de continuer. Elle ignore alors que ce voyage ne lui sera guère agréable et que la rencontre de certaines personnes va la rendre folle…

Le film possède deux atouts majeurs : son casting et des dialogues fantasques emprunts d’un humour très ancré dans la tradition du polar français, un brin spirituels, un brin absurdes.

Le personnage de Dany est interprétée par la sublime Samantha Eggar vue notamment dans le génial et « séminal » L’Obsédé de Willliam Wyler. Le patron de Dany est interprété par le génial Oliver Reed.

Tout l’enjeu du film sera de renouer les fils d’une histoire fumeuse menée tambour battant par un personnage lunaire qui semble aussi perdu que le spectateur dans cette quête de la raison. Mais n’est-ce pas illusoire de rechercher de la raison en 1970, alors que le coeur de la vie bat encore plus fort que le rythme de la musique enjouée de Michel Legrand ?

Tout comme Dany, en sortant de la projection nous n’avons qu’une idée en tête, faire le maximum de rencontres improbables et court-circuiter le trajet de nos vies bien cadrées.

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NOTE GLOBALE
Noodles

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Fan de cinéma depuis longtemps, je partage mes opinions avec vous. N'hésitez pas à me donner votre avis sur mes critiques. Sur Twitter je suis Noodles, celui qui tombe systématiquement dans le piège des débats relous.

2 Comments

  • Michael-Kael dit :

    Bonne qualité : la copie vire nettement au rose, ce qui a été indiqué par Frémaux, avant de partir vers le rouge à cause de la composante nitrate typique des années 70 !

    • Noodles dit :

      La copie ne vire pas si nettement au rose et puis il s’agit, comme vous le dites, d’une chose plutôt habituelle pour les copies de cette époque. Il y avait aussi des rayures verticales. Mais, tout comme la couleur, elles marquent l’authenticité, voire la patine, de l’objet réel ayant circulé dans les cinémas. Tout cela est plutôt positif à mon sens !

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