Critiques Express #6

By 19 novembre 2015 mai 23rd, 2017 Critiques Express
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Je ne sais pas si vous êtes comme nous, mais en ces temps difficiles on aime particulièrement se pencher sur les grands classiques pour se donner un peu de baume au coeur… Donc, pour son sixième épisode des Critiques Express, Botzky, notre cinéphage fou, a décidé de se replonger dans 7 classiques du cinéma international. On espère que vous apprécierez. Pour ceux qui ne connaissent pas encore le concept des Critiques Express, c’est simple, vous pouvez suivre la semaine ciné du plus gros dévoreur de films de DocCiné. À coup de cinéma de genre, de grands classiques ou de films oubliés, vous pouvez vous mesurer à la passion dévorante de Botzky et, pourquoi pas, essayez de le suivre. En serez-vous capables ? 😉 Session #6 : c’est parti !

Spécial « classiques »

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Thunder Road (1958)

Genre : Hillbilly connection

Durée : 92 min

Réalisateur : Arthur Ripley

Résumé en UNE phrase : Guerre entre contrebandiers d’alcool dans la cambrousse nord-américaine et moteurs rugissants.

Ce qu’on en dit : Ce petit polar américain est devenu une star des drive –in dans les années 60 grâce à de chouettes poursuites en bagnoles et un Robert qui fait son Mitchum. Rien de particulièrement inoubliable dans cette série B si ce n’est deux petites curiosités : la chanson principale est signée Robert Mitchum himself et le rôle du petit frère est joué par son fils qui a le même menton et le regard vaporeux. Le film se laisse regarder, mais c’est loin d’être le meilleur du grand Bob.

Acteurs : Robert Mitchum, James Mitchum, Gene Barry, Jacques Aubuchon

La scène qui tue : Bob qui colle une châtaigne impressionnante à son adversaire puis s’échappe en sautant par la fenêtre.

On le trouve : Juste bien

Spartacus

Spartacus (1960)

Genre : Péplum pas poids plume

Durée : 197 min

Réalisateur : Stanley Kubrick

Résumé en UNE phrase : Spartacus en a ras la casquette de sa condition d’esclave et démonte du romain.

Ce qu’on en dit : On ne voulait pas de Kirk Douglas pour Ben Hur ? Qu’à cela ne tienne, il produit son propre péplum démesuré plein de stars et met Stanley Kubrick à la direction. Ce dernier va se friter sévère avec tout le monde, des acteurs aux producteurs pour imposer sa propre vision et jurera qu’on ne l’y reprendra plus. Ce sera le dernier film où il n’aura pas les pleins pouvoirs et déménagera par la suite en Angleterre pour devenir la légende que l’on sait. In extenso, ce film représente sa propre révolte contre le système hollywoodien et, s’il a quelques défauts de ci, de la, reste un solide divertissement. Attention, c’est très long.

Acteurs : Kirk Douglas, Tony Curtis, Laurence Olivier, Woody Strode

La scène qui tue : Spartacus coupe un bras à un guerrier romain dans la gigantesque bataille finale. Précurseur du gore !

On le trouve : Bien

Popiól i diament

Cendres et Diamant (Popiól i diament) (1958)

Genre : Drame historique polonais

Durée : 103 min

Réalisateur : Andrzej Wajda

Résumé en UNE phrase : La Pologne au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.

Ce qu’on en dit : Wajda est sans doute le réalisateur polonais le plus connu et il connaît une longévité incroyable. Il déchire tout dans ce film adoré par Scorsese et Coppola. Direction sans faille, métaphores subtiles, photographie soignée, anachronismes voulus pour donner un caractère intemporel à son propos, personnages (et acteurs) pluridimensionnels font de ce film qui se passe le temps d’une nuit chaotique au moment de la déclaration de l’armistice de 1945 un diamant brut (pour reprendre le titre), une leçon de grand cinéma. À voir et revoir d’urgence !

Acteurs : Zbigniew Cybulski aka le James Dean polonais, Waclaw Zastrzezynski, Adam Pawlikowski

La scène qui tue : La course du héros blessé À travers les décombres. La coolitude d’À bout de souffle baignée d’un symbolisme éclatant.

On le trouve : Fantastoche

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La Fureur de vivre (1955)

Genre : Drame jamesdeanien

Durée : 111 min

Réalisateur : Nicholas Ray

Résumé en UNE phrase : Jim Stark est un rebelle mais il sait pas très bien pourquoi.

Ce qu’on en dit : Dernier film de James Dean avant d’entrer dans la légende au volant de sa Porsche pour devenir l’une des plus grandes et indémodables icônes pop. Bon, cette petite révolte contre l’Amérique puritaine des années 50 annonciatrice du mouvement hippie et de la révolte des sixties a par certains côtés bien mal vieillie, mais Jimmy oh my god Jimmy est flamboyant. On dira ce qu’on voudra, il est tellement cool et naturel en même temps, il introduit un type de personnage encore ovni à l’époque et écrit l’histoire du method acting. Comme le dit à peu près Al Pacino « on voulait tous jouer comme Marlon Brando et être cool comme James Dean ».

Acteurs : James Dean, Nathalie Wood, Sal Mineo, Caméo d’un tout jeune Dennis Hopper !

La scène qui tue : Le chicken run, of course !

On le trouve : Très bon

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À l’Est d’Eden (1955)

Genre : Drame Steinbeckien

Durée : 115 min

Réalisateur : Elia Kazan

Résumé en UNE phrase : Carl Trask voudrait bien que son papa l’aime mais celui-ci lui préfère son frère.

Ce qu’on en dit : Premier film de James Dean et choix de maître pour Elia Kazan. Et début de la légende de Jimmy. Très bonne histoire, très bonne cinématographie, bien plus pro que Rebel… et un rôle sur mesure pour James Dean qui était en conflit constant avec son padre. Pour l’anecdote, la scène ou James Dean se jette dans les bras de son père en pleurant était entièrement improvisée (le script voulait qu’il quitte la pièce furieux), d’où la réaction très intéressante du père qui est proprement pris au dépourvu par la situation. Chaque scène avec Jimmy est un pur délice.

Acteurs : James Dean, Julie Harris, Raymond Massey, caméo du génial et inquiétant Timothy Carey

La scène qui tue : Ouverture du film, Jimmy suit celle qu’il pense être sa mère dans la rue d’un village côtier. Faut juste regarder ce mec être. C’est tout.

On le trouve : Fantastoche

scanners

Scanners (1981)

Genre : Horreur télépathe

Durée : 103 min

Réalisateur : David Cronenberg

Résumé en UNE phrase : Découvrez les scanners, des télépathes qui peuvent faire exploser votre tête sans vous toucher !

Ce qu’on en dit : Ah Cronenberg, c’est notre chouchou canadien. De Vidéodrome à Crash en passant par La Mouche, c’est le maître incontesté du film d’horreur bizarre, sexuel, intello et provocant. On le sent pas encore à maturité dans ce film, mais il y est presque (son prochain film sera le cultissime Vidéodrome) et apparemment, le tournage ne s’est pas exactement déroulé selon ses plans, tant au niveau du budget que de la direction des acteurs et de la liberté artistique. Malgré toutes ces entraves, c’est un très bon polar gore qui fait fonctionner nos neurones dans le bon sens, et un pur plaisir à découvrir plus de trente ans après sa réalisation, comme un savoureux millésime qu’on sort de la cave.

Acteurs : Michael Ironside, Jennifer O’Neill, Stephen Lack, Patrick McGoohan

La scène qui tue : La bataille d’un scanner contre un ordinateur avec téléphone qui fond… mais où il va chercher toutes ces idées géniales ?

On le trouve : Très bon

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Sunset Boulevard (1950)

Genre : Film noir sur les dessous d’Hollywood

Durée : 110 min

Réalisateur : Billy Wilder

Résumé en UNE phrase : Un scénariste au chômage rencontre une ancienne star du cinéma muet et entrevoit sa chance de sortir de cette mauvaise passe.

Ce qu’on en dit : Ouf, attention, chef-d’œuvre ! Billy Wilder explose le mythe Hollywoodien avec ce pamphlet brûlant et cynique. Comment Hollywood a laissé passer ça à l’époque, mystère, mais tant mieux pour nous aujourd’hui. Les analyses et critiques du film sont légion, alors plutôt que de répéter tout ce qui a déjà été dit et écrit, je propose cette croustillante anecdote : à une vieille dame qui demandait à Billy Wilder que signifiait précisément la scène des funérailles du singe, celui-ci répondit avec son tact habituel : « Don’t you understand? Before Joe Gillis came along, Norma Desmond was fucking the monkey. » 

Acteurs : William Holden, Gloria Swanson, Erich von Stroheim

La scène qui tue : « All right, Mr. DeMille, I’m ready for my close-up. »

On le trouve : Fantastoche

Botzky

About Botzky

Obsessionnel compulsif, polytoxicomane, polygame, polyglotte et professionnel de Pole-Dance, Botzky n’a pas une mais mille opinions selon le taux de salinité des saisons. Grâce à Doc Ciné, il peut enfin partager le point de vue schizophrène qu’il porte sur sa maîtresse préférée, Miss 7ème Art, et s’en pourlèche les babines avec un plaisir sanguin à rayures ingénues et perverse.

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