carlito's way
Note de la rédaction :

Neuvième épisode des Critiques Express de Botzky, notre cinéphage fou. Cette foi-ci des classiques et du cinéma bis ! On espère que vous apprécierez. Session #9 : c’est parti !

Pour ceux qui ne connaissent pas encore le concept des Critiques Express, c’est simple, vous pouvez suivre la semaine ciné du plus gros dévoreur de films de DocCiné. À coup de cinéma de genre, de grands classiques ou de films oubliés, vous pouvez vous mesurer à la passion dévorante de Botzky et, pourquoi pas, essayez de le suivre. En serez-vous capables ? 😉

The Last Picture Show (1971)

Genre : Drame ploucs

Durée : 118 min

Réalisateur : Peter Bogdanovich

Résumé en UNE phrase : On s’emmerde sec à Anarene, Texas, alors on baise

Ce qu’on en dit : Avec un premier film prometteur à son actif (Targets, 1968), réalisé sous la houlette de Roger Corman, Peter Bogdanovich tourne son chef d’œuvre avec une pléthore d’acteurs phénoménaux. Ben Johnson remportera l’oscar du meilleur acteur pour le personnage de Sam the Lion, Cybill Shepherd (Taxi Driver) fera ses premiers pas d’actrice et deviendra la compagne de Bogdanovich. Hommage au cinéma d’antan empreint d’une mélancolie touchante, une photographie au poil, le réalisateur semble touché par la grâce. Cela ne durera pas. Paper Moon (1973) sera son dernier bon film. Depuis, il enchaine des navets gonflés de prétention.

Acteurs : Timothy Bottoms, Jeff Bridges, Cybill Shepherd, Ben Johnson, Ellen Burstyn

La scène qui tue : La partie de pêche avec Sam « The Lion ».

On le trouve : Très bon

Le cercle Rouge (1970)

Genre : Chef d’œuvre mec !

Durée : 140 min

Réalisateur : Jean-Pierre Melville

Résumé en UNE phrase : À sa sortie de prison, Corey prépare un casse avec un fugitif et un ex flic alcoolo.

Ce qu’on en dit : Melville en phase d’épuration totale ! Ce film est aussi froid et austère que les décors superbes (bravo à la photographie) dans lesquels il est tourné. Tout ceci avec une minutie de mathématicien, une économie de dialogues (on dit le STRICT nécessaire) qui atteint son summum lors du braquage souvent imité, jamais égalé d’une vingtaine de minutes sans un mot prononcé. Tu rajoutes un quatuor d’acteurs au top, un delirium tremens horrifique, un millier de clopes fumées, des gonzesses qui sont là juste pour faire tapisserie et fermer leur gueule, car c’est un film d’hommes, didiou ! Immanquable !

Acteurs : Alain Delon, Bourvil, Gian Maria Volonte, Yves Montand

La scène qui tue : Dans un champ en friche, Delon passe une clope et du feu à Gian Maria Volonte qui s’était planqué dans le coffre de sa caisse. Ils se regardent, se jaugent, ayé, ils sont potes.

On le trouve : Fantastoche

carlito's-way brien de palma

Carlito’sWay (1993)

Genre : Drame depalmesque

Durée : 144 min

Réalisateur : Brian De Palma

Résumé en UNE phrase : Carlito sort de prison et fait tout pour pas y retourner mais avec le genre de potes qu’il se traîne c’est pas gagné.

Ce qu’on en dit : Scarface dix ans plus tard. Sauf que Scarface est pas mort, il est passé par la case prison et il rêve plus d’avoir le monde sinon de se barrer sur une île et avoir son petit commerce pépère rangé des camions. Ponpon. Un des dernier grands De Palma (avec Snake Eyes) avant qu’il commence à sucrer les fraises. Sa caméra virtuose suit un super Al Pacino en top forme dans ses tentatives désespérées de sortir d’une logique criminelle dont il ne veut plus. On retrouve plein de clins d’œil à Scarface, forcément. Et puis aussi minimum deux ou trois scènes hallucinantes (la partie de billard et la scène finale en UNE prise, mossieur), un rythme bien plus posé, comme si Tony Montana était fatigué de toutes ces conneries, et la folie est assurée par Sean Penn qui joue un avocat complètement véreux camé barré. Comme toujours chez De Palma, les actrices savent pas jouer et y’a deux trois scènes top kitchs, c’est sûrement sa manière à lui de rendre hommage à Hitchcock. En gros on a droit à deux heures de pur bonheur cinéphile.

Acteurs : Al Pacino, Sean Penn, Penelope Ann Miller, John Leguizamo (vous vous souviendrez de Benny Blanco !) et un caméo bien efficace de Viggo Mortensen

La scène qui tue : Le travelling final qui part de la discothèque, passe par le métro et arrive à la gare, avec Pacino poursuivi par quatre mafieux. A voir, revoir, disséquer, analyser, kiffer dans toutes les positions, petits cochons !

On le trouve : Fantastoche, of course

Clerks II (2006)

Genre : Comédie causante

Durée : 97 min

Réalisateur : Kevin Smith

Résumé en UNE phrase : 12 ans après, c’est toujours la loose pour Dante Hicks et son ami Randal Graves.

Ce qu’on en dit : Il paraît que ce film a eu droit à une ovation de 8 minutes lorsqu’il a été présenté à Cannes. Bon je comprends pas trop pourquoi, c’est quand même loin d’être aussi bon le Clerks original et minimaliste. Néanmoins, on retrouve l’humour ultra coriace de Kevin Smith et son amour des dialogues interminables, ses obsessions pour certains thèmes (comme le léchage de cul ou Star Wars) , des stars qui viennent faire leur caméo en copains (genre Ben Affleck), Jay (qui nous fait une belle imitation du Silence des Agneaux) et Silent Bob dans leur duo magnifique, et puis la délicieuse Rosario Dawson. C’est la génération décomplexée tarantinesque dans toute sa splendeur.

Acteurs : Brian O’Halloran, Jeff Anderson, Rosario Dawson

La scène qui tue : Forcément la scène qui a du plaire aux cahiers du cinéma : un gogo dancer bien poilu tout de cuir vêtu danse langoureusement autour d’un âne, puis dézippe son cuir, humecte ses doigts,s’en sert pour préparer le trou de l’animal et commence à l’enculer sans autre forme de procès. Je vous donne le ton du film.

On le trouve : Pas mal du tout vers la fin

Jay and Silent Bob strike Back (2001)

Genre : Comédie bouffonne

Durée : 104 min

Réalisateur : Kevin Smith

Résumé en UNE phrase : Jay et Silent Bob découvrent qu’un comics basé sur leur vie à eux a fait son chemin jusqu’à Hollywood et qu’on leur a même pas demandé leur avis !

Ce qu’on en dit : Ben oui j’ai enchaîné avec celui-là, forcément. C’est pareil, c’est de l’humour potache et référentiel pour adultes, fans de comics et de gros mots. C’est drôle, c’est pas profond, mais c’est sympa, bonne idée que de faire un film juste pour ces deux freaks. On flagelle gentiment Hollywood, mais entre copains, on fait jouer Mark Hamill parce qu’on kiffe Star Wars, on prend Will Ferrell pour jouer le trooper con comme un ballon et c’est une bonne idée. La petite parodie de Will Hunting fait aussi plaisir.

Acteurs : Jason Mewes, Kevin Smith, Ben Affleck

La scène qui tue : Sur un malentendu, Jay essaie de bouffer la chatte d’une bonne sœur qui a pris les deux compères en stop.

On le trouve : Pas mal du tout itou

glengarry glen ross

Glengarry Glen Ross (1992)

Genre : Drame théâtralesque force de vente

Durée : 100 min

Réalisateur : James Foley

Résumé en UNE phrase : Une histoire de vendeurs dans une agence immobilière qui se font des coups bas et qui pensent qu’à réussir, si j’ai bien saisi.

Ce qu’on en dit : J’ai du mal avec les films écrits ou réalisés par David Mamet. En général, ils ont des superbes critiques, mais je les trouve toujours très lointain, froids, difficiles et chiants. Pareil pour celui-là. Le côté pièce de théâtre ne m’a pas du tout plu, et malgré une pléthore d’acteurs géniaux à chier dans ton froc de les voir défiler (c’est LE film de stars, ce machin) et qui délivrent chacun une partoche sans anicroche, je me suis fait CHIER, et je n’ai pas du tout envie de le revoir, même si je reconnais que ça doit sûrement être bien… pour ceux que la thématique intéresse. Moi voir des requins sans un pet d’humanité pendant deux heures parler de thèmes que je capte pas, ben nan.

Acteurs : Alors attention, on a Jack Lemon, Al Pacino, Kevin Spacey, Ed Harris, Alan Arkin, Alec Baldwin, Jonathan Pryce.

La scène qui tue : Jack Lemon qui prend sa revanche sur Kevin Spacey et le démonte verbalement

On le trouve : Bof

Into the grizzly maze (2015)

Genre : Aventures avec nounours vorace

Durée : 94 min

Réalisateur : David Hackl

Résumé en UNE phrase : Un beau gosse rebelle retourne dans les bois de son enfance pour régler ses comptes avec un grizzly bien dangereux.

Ce qu’on en dit : Ah, ça, c’est du bon nanar dans les bois, avec un peu des Dents de la mer, un poil de Rambo, un peu de Délivrance, un peu d’effets spéciaux super mal faits, des personnages caricaturaux à l’extrême, un bellâtre sans carrure dans le rôle principal, un Billy Bob Thornton dont on se demande qu’est-ce qu’il fout là dedans, il a sûrement des dettes, et il arrive quand même à nous faire croire á son rôle bidon en en faisant le moins possible. Et puis le gros nounours méchant, on dirait un serial killer tellement il est malin et qu’il échappe aux balles de fusil. On s’éclate, mais on peut l’éviter aussi !

Acteurs : James Marsden, Thomas Jane, Piper Perabo, B.B Thornton

La scène qui tue : Billy Bob qui s’est pris un gros coup de griffe dans la face (sa mâchoire pend en lambeaux sanglants), qui vise le grizzly furieux qui fonce sur lui, qui tire… et ça fait « clic » !

On le trouve : Si nul qu’il est en bon.

Mogambo_john ford

Mogambo (1953)

Genre : Aventures Tintin au Congo

Durée : 116 min

Réalisateur : John Ford

Résumé en UNE phrase : Un organisateur de safari viril fait mouiller les slips des gonzesses

Ce qu’on en dit : Clark Gable était peut-être une star, mais là à cinquante balais on dirait un vieux déchet dégueulasse suant de whisky qui se tape deux petites mignonnes qui pourrait être ses filles sous le soleil du Kenya. Punaise, il a mal vieilli ce film, John Ford sait toujours filmer mais c’est juste du réflexe, pour le reste c’est un spectacle assez affligeant, désolant, parfois très drôle mais pas intentionnellement. Et puis c’est quand même vachement raciste plus de 50 ans plus tard. Le scénar, reprise d’un film des années 30 aussi avec Clark, est pas creusé, et on se tamponne super vite du supposé triangle amoureux, il reste deux heures de prout prout libidineux et meringué dégoulinant. Pour amateurs d’ambiance sado-maso /gériatrie

Acteurs : Clark Gable, Grace Kelly, Ava Gardner

La scène qui tue : J’hésite entre deux : le Clark qui te chope Ava Gardner et te lui roule un patin des familles, ou bien le Clark qui te chope Grace Kelly et te lui roule un patin des familles.

On le trouve : Boaf

Klute (1971)

Genre : Thriller râleur

Durée : 114 min

Réalisateur : Alan J. Pakula

Résumé en UNE phrase : Un détective enquêtant sur la disparition de son meilleur ami tombe sur la piste d’une call girl very attirante.

Ce qu’on en dit : Tant mieux pour Jane Fonda si elle a reçu l’Oscar pour son rôle. C’est vrai qu’elle s’en tire honorablement, mais le film ne fonctionne ni comme étude de mœurs ni comme thriller hommage aux films noirs. C’est sans doute le plus faible de la trilogie paranoïaque de Pakula, qui fait beaucoup mieux avec Les Hommes du Président ou The Parallax View. Klute a super mal vieilli, la partie avec la thérapie de la call girl est ultra relou, Donald Sutherland tâtonne et nous fait bailler, le coup des écoutes marche bien mieux dans The Conversation ou Blow-Out. Petite question qui me turlupine : pourquoi le film s’appelle Klute (Donald Sutherland) si l’héroïne s’appelle Bree ? Voilà qui est curieux et bien à l’image de la mauvaise foi de ce film qui ne s’assume pas.

Acteurs : Jane Fonda, Donald Sutherland et Roy Scheider en mac.

La scène qui tue : Klute recherche le stalker sur les toits d’un immeuble.

On le trouve : Bof

Botzky

About Botzky

Obsessionnel compulsif, polytoxicomane, polygame, polyglotte et professionnel de Pole-Dance, Botzky n’a pas une mais mille opinions selon le taux de salinité des saisons. Grâce à Doc Ciné, il peut enfin partager le point de vue schizophrène qu’il porte sur sa maîtresse préférée, Miss 7ème Art, et s’en pourlèche les babines avec un plaisir sanguin à rayures ingénues et perverse.

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