Note de la rédaction :

Critiques Express #23 : Spécial Westerns ! Amis de la liberté de port d’armes, de buter du coyote et du cheyenne et de mettre la main au cul d’une femme servile qui vous sert vos fayots du matin pour bien affûter vos trémolos de pets quotidien, bonjour !

Le Western, qui apparait dès les premiers pas du cinéma avec The Great Train Robbery et fleurit jusque dans les seventies, est un genre que j’affectionne particulièrement. On a les classiques intemporelles de John Ford et de Sergio Leone, certes, et une fois qu’on a  vu Le Bon, la Brute et le Truand et la Horde Sauvage on sait qu’on verra jamais rien de mieux dans sa vie, certes (sauf peut être comme cela, en passant, les jambes et le sourire d’une femme furtivement aperçus en sortant du métro par un soir brumeux de novembre), mais si je peux permettre une métaphore culinaire osée, c’est pas parce qu’on a mangé une fois du Livarot dans sa vie qu’on peut plus bouffer de camembert. Oui, ça renifle un peu mais c’était soit ça, soit une comparaison avec des vagins et des orgies sodomites qui aurait été coupée au montage car Doc Ciné, hein, faut pas croire, c’est tyrannure et censie à tous les étages ! Liberté de parole ? mes couilles sur ton nez tout gras ! Mais je déraille complètement, voici donc un spécial Westerns avec pas moins de vingt films à (re)découvrir. C’est parti !

la-colline-des-potences

La colline des Potences (The Hanging Tree)

Année : 1959

Durée : 106 min

Réalisateur : Delmer Daves

Résumé en UNE phrase : un docteur armé d’un colt et d’un lourd passé s’installe dans une petite ville minière du Far-West

Ce qu’on en dit : le titre français est un peu racoleur voire limite marseillais vu que y’en a qu’une, de potence. Mais bon, à part cela, le film ne manque pas de qualités : psychologie des personnages achement bien foutue, Gary Cooper est gentil mais en même temps c’est un gros bâtard, Karl Malden est méchant et obsédé sexuel mais en même temps il est sympa, enfin on sent que les scénaristes ont bossé leur truc. Les décors sont très beaux, de la baraque du héros à la petite ville champignon en passant par les bords de la rivière où les chercheurs d’or… euh… cherchent leur or, c’est pas du tout lourd comme phrase, il y a un bon rythme (dans le film, pas dans cette phrase) et ce qu’il faut de baston et divers rebondissements dans cette étude psychologique très, très recommandable pour fans de westerns existentialistes, à ce propos voir plus bas la critique de Man of  The West, western crépusculaire qui déchire carrément tout. A noter : premier rôle au cinéma de Georges C. Scott (les gros plans du caméraman sur sa tête de prêcheur illuminé sont superbes !)

Acteurs : Gary Cooper, Karl Malden, George C. Scott

La scène qui tue : le lynchage du héros par les chercheurs d’or ivres de fureur et de whisky

On le trouve : très bon !

lamazone-aux-yeux-verts

L’Amazone aux yeux verts (Tall in the Saddle)

Année : 1944

Durée : 87 min

Réalisateur : Edwin L. Marin

Résumé en UNE phrase : un cowboy arrive dans un bled pour bosser pour un fermier mais pas de bol, ce dernier vient de se faire buter.

Ce qu’on en dit : alors encore un titre français bien con, bravo les gars, vu que le film est en noir et blanc et qu’il n’est jamais fait mention de la couleur des yeux de la gonzesse. Néanmoins, c’est un bon divertissement avec un John Wayne tout jeune qui dépasse tout le monde de 3 mètres, ça a du être pratique pour le caméraman, tiens. Le plot, plutôt genre film noir, est un poil trop embrouillé et la fin laisse un peu à désirer, pas un chef d’œuvre mais un bon ptit western pour dimanche après-midi pluvieux.

Acteurs : John Wayne, Ella Raines, Ward Bond

La scène qui tue : John Wayne remporte une grosse partie de poker et le jeune prétentieux qui lui fait face le menace de son flingue pour garder la thune. Le Duke ne dit rien, se lève, monte dans sa chambre (bruit des éperons) et redescend toujours mutique avec son ceinturon duquel pend un revolver. Le jeunot bafouille et lui rend son argent. La classe, quoi !

On le trouve : pas mal

lor-de-mackenna

L’or de MacKenna (MacKenna’S Gold)

Année : 1969

Durée : 128 min

Réalisateur : J. Lee Thompson

Résumé en UNE phrase : un shérif se retrouve embarqué malgré lui dans une chasse au trésor avec une bande de hors la loi.

Ce qu’on en dit : dommage. Le film a tout pour lui avec un casting en or (on a même droit à un petit rôle de Edward G Robinson alias Little Caesar) une histoire genre Indiana Jones, du Technicolor bien jaune vif et une indienne, mama mia… et pourtant, après une dizaine de minutes, une espèce de faux rythme s’installe, l’histoire s’enlise, se répète, on s’emmerde. La deuxième moitié est beaucoup trop longue et le final fait pouf pouf boaf boaf. Le film reste regardable, mais n’est jamais mémorable.

Acteurs : Gregory Peck, Omar Sharif, Telly Savalas

La scène qui tue : la découverte de l’Eldorado, une vallée cachée avec un flanc entièrement recouvert d’or.

On le trouve : loupé

quatre-etranges-cavaliers

Quatre étranges cavaliers (Silver Lode)

Année : 1954

Durée : 81 min

Réalisateur : Allan Dwan

Résumé en UNE phrase : alors qu’il est sur le point de se marier, un cowboy se fait arrêter par quatre types qui le prétendent responsable d’un meurtre.

Ce qu’on en dit : une parabole à peine déguisée du maccarthysme (le méchant s’appelle Mac Carthy!) où un innocent se retrouve condamné à mort par presque toute la population d’une ville qui le portait aux nues quelques heures plus tôt. Le héros manque un peu de charisme mais le message est fort et le rythme de cette petite série B est très enlevé, c’est nerveux, tendu comme mon slip, à découvrir séance tenante (le film, bien sûr, pas mon slip).

Acteurs : John Payne, Lizabeth Scott, Dan Duryea

La scène qui tue : le héros piégé, se retrouve dans une grange avec un cadavre et l’arme du crime dans sa main. Il faut voir la haine dans les yeux de la foule qui, comme un seul homme, décide de le lyncher sans procès.

On le trouve : très sympathoche

laurel-et-hardy-au-far-west

Laurel et Hardy au Far West (Way out West)

Année : 1937

Durée : 65 min

Réalisateur : James W. Horne

Résumé en UNE phrase : voir le titre

Ce qu’on en dit : le ptit Laurel et le gros Hardy atterrissent dans un village du far west pour remettre un héritage à une pauvre serveuse maltraitée. Mais les proprios du saloon veulent mettre la mais sur le pognon, et il s’ensuit une série de gags et de quiproquos parfois drôles, parfois burlesques, parfois poétiques, parfois bancals. Pour fans de ce couple de losers au grand cœur.

Acteurs : Stan Laurel, Oliver Hardy

La scène qui tue : lorsque Laurel veut hisser son gros pote sur une terasse au moyen d’une poulie et d’un âne

On le trouve : pas mal

qui-tire-le-premier

Qui tire le premier ? (a Time for Dying)

Année : 1969

Durée : 67 min

Réalisateur : Bud Boetticher

Résumé en UNE phrase : un jeune cowboy naïf se rend à Silver City où il croise des légendes de l’ouest tels que le juge Roy Bean ou Jesse James

Ce qu’on en dit : la dernière œuvre de fiction de Bud Boetticher (champion des westerns fauchés mais psychologiquement intenses avec Randalph Scott) est point un cadeau. D’abord, la version disponible a pas eu droit à une restauration digne de ce nom, la qualité de la vidéo est au mieux médiocre. Le budget est rikiki, et le scénar pour le moins foutraque. Pour dire, les qualités de production rappellent Wild Gals of the Naked West, le nanar de Russ Meyer. Bref, pas grand-chose de mémorable dans ce petit dérapage heureusement assez court. On sent que y’a un message, la fin assez pessimiste se veut une démystification des légendes de l’Ouest, mais le cœur n’y est pas, les acteurs sont fades, il manque l’étincelle pour faire fumer ce pétard mouillé.

Acteurs : Richard Lapp, Anne Randall, Robert Random

Les trucs qui puent : la moitié du film consacrée au Juge Roy Hill joué par un crado édenté alcoolo à l’accent incompréhensible, tandis que Audie Murphy apparait genre trois minutes pour son rôle de Jesse James, et puis le héros pâlichon qui sait pas quoi faire de ses scènes et se fait buter connement.

On le trouve : loupé !

lhomme-de-nulle-part

L’homme de nulle part (Jubal)

Année : 1959

Durée : 100 min

Réalisateur : Delmer Daves

Résumé en UNE phrase : Othello chez les garçons vachers

Ce qu’on en dit : une autre petite pépite de Delmer Daves (voir La colline des potences). Du technicolor merveilleux, de supers décors, et un délicieux trio d’acteurs, Glenn Ford du Train sifflera trois fois, Borgnine de La Horde Sauvage, Rod Steiger d’Il était une fois la Révolution, même si ce dernier est incapable comme dans tous ses films de ne pas surjouer. Ce type, c’est le plus mauvais exemple de Method Acting. Il pouvait même pas se faire cuire un œuf à la coque sans se mettre à crier et gesticuler et faire mille et un tics faciaux. Il devait être épuisant. Malgré cela, c’est du Western classique inspiré de la pièce de Shakespeare avec une espèce de triangle amoureux où se mêlent passion, amitié, jalousie, haine, ambition, fatalisme, et le film sous nos yeux grandit, s’approfondit, se nuance, et atteint une dimension tragique inattendue. À noter : petit rôle d’un tout jeune Charles Bronson sans moustache en faire-valoir de Glenn Ford.

Acteurs : Glenn Ford, Ernest Borgnine, Rod Steiger

La scène qui tue : le mari bafoué (Borgnine), ivre de colère, veut faire la peau à Jubal (Glenn Ford) qu’il traitait comme un fils et le croit coupable de la pire des trahisons. Ce dernier tente tout pour éviter l’issue fatale de cette confrontation. Tragédie.

On le trouve : très bon, presque excellent

la-brigade-du-texas

La Brigade du Texas (Posse)

Année : 1975

Durée : 92 min

Réalisateur : Kirk Douglas

Résumé en UNE phrase : un marshall mégalo souhaitant faire carrière dans la politique poursuit un bandit dont la capture lui permettrait de réaliser son rêve

Ce qu’on en dit : un western politisé genre tous pourris qui sent bon l’après Watergate. Les méchants sont pas si méchants et les héros se révèlent être de beaux salopards. Douglas réalisateur nous balance le message sans finesse mais il sait filmer et s’est entouré de très bons acteurs, notamment Bruce Dern et son sourire carnassier et Bo Hopkins,  le psycho de The Wild Bunch qui a un faux air de Jim Carrey mais en blond. la photographie est également très belle. On notera la grosse influence de l’Iguane, un western ultra cynique, désabusé et largement supérieur du grand Mankiewicz dans lequel Kirk Douglas joue le rôle principal.

Acteurs : Kirk Douglas, Bruce Dern, James Stacy

La scène qui tue : l’évasion de Bruce Dern grâce à un manche à balai !

On le trouve : naïf mais sympa

will-penny-le-solitaire

Will Penny, le solitaire (Will Penny)

Année : 1968

Durée : 108 min

Réalisateur : Tom Gries

Résumé en UNE phrase : un vieux garçon vacher solitaire et désabusé croise le chemin d’une veuve et son jeune fils

Ce qu’on en dit : un peu victime du même syndrome que Mac Kenna’s Gold, c’est le genre de westerns qu’on veut a tout prix aimer parce que y’a un casting de malade : outre Charlton Heston, on a un tout jeune Lee Majors alias l’homme qui tombe à pique, Bruce Dern qui joue encore un méchant psychopathe, Donald Pleasence en dangereux illuminé religieux et le grand Ben Johnson en propriétaire de ranch) mais rien à faire, à part deux ou trois scènes qui valent le coup le reste est laborieux, mal fichu, mal monté, sans rythme, chiant quoi. On a à côté une histoire d’amour entre Charlton et une jolie veuve, mais mêmes défauts, les dialogues sont mièvres, on n’y croit pas.

Acteurs : Charlton Heston, Joan Hackett, Donald Pleasence

La scène qui pue : on a Lee Majors et Charlton Heston qui transportent un pote qui s’est pris une balle dans le buffet. Ils sont bien embêtés pour lui, mais au lieu de chercher fissa un docteur, ils se posent dans une auberge et se réchauffent au whisky en faisant causette au tenancier. Et la scène dure, que leur pote aurait le temps de crever dix fois.

On le trouve : loupé !

la-porte-du-paradis

La porte du Paradis

Année : 1980

Durée : 217 min

Réalisateur : Michael Cimino

Résumé en UNE phrase : en 1890, un groupe de riches fermiers du Wyoming montent un plan pour se débarasser de pauvres immigrants dont ils veulent acquérir les terres.

Ce qu’on en dit : un gros morceau. Voilà donc le film qui a coulé United Artist et changé l’histoire d’Hollywood. Dans les grandes lignes, Cimino, auréolé du succès de Voyage au bout de l’Enfer reçoit carte blanche pour son projet  de western fleuve qui se penche sur un passage de l’Histoire américaine oublié où le pays de la liberté a officiellement assassiné en toute impunité un paquet d’immigrants qui ne demandaient rien à personne. Le sujet était déjà franchement casse gueule, et Cimino et son melon de trois tonnes ont encore aggravé la situation en explosant le budget du film, faisant reconstruire chaque jour des décors qui ne lui plaisaient pas, virant régulièrement les membres de son équipe avec lesquels ils ne s’entendaient pas, passant des milliers d’heures dans la salle de montage avec un garde du corps armé devant la porte pour dissuader les producteurs affolés d’entrer, faisant irriguer jour et nuit la plaine dans laquelle se déroule la bataille finale pour que le contraste entre l’herbe verte et le sang des combattants soit plus saisissant, etc., etc., les milliers d’anecdotes plus ou moins vraies liées à ce désastre financier aux dimensions apocalyptiques a rempli plusieurs livres. J’ai mis la main sur la version Criterion du film, apparemment l’une des plus fidèles à la vision du réalisateur, même s’il existe aussi une version de cinq heures et des patates. Si l’on fait fi de tout le boucan autour du film, il en reste une super introduction dans une université américaine avec Joseph Cotten en doyen, une seconde partie dans le Wyoming avec des décors remplis de fumée et de boue époustouflants et détaillés au millimètre près, un Christopher Walken moustachu excellent, une Isabelle Huppert en pute au grand cœur torturée entre deux hommes pas vraiment à sa place, un Chris Kristofferson charismatique, une bataille d’une quarantaine de minutes à couper le souffle et encore d’autres merveilles dans ce film un tantinet trop long et trop ambitieux mais bourré de qualités, même si le meilleur film de Cimino, selon moi (outre Voyage au Bout de l’Enfer) reste l’Année du Dragon, un film mal interprété et mal aimé avec Mickey Rourke, le fou génial.

Acteurs : Kris Kristofferson, Christopher Walken, John Hurt

La scène qui tue : désolé de spoiler, mais la mort de Christopher Walken est d’un héroïsme digne des meilleurs John Woo !

On le trouve : très bon

Botzky

About Botzky

Obsessionnel compulsif, polytoxicomane, polygame, polyglotte et professionnel de Pole-Dance, Botzky n’a pas une mais mille opinions selon le taux de salinité des saisons. Grâce à Doc Ciné, il peut enfin partager le point de vue schizophrène qu’il porte sur sa maîtresse préférée, Miss 7ème Art, et s’en pourlèche les babines avec un plaisir sanguin à rayures ingénues et perverse.

Laissez un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :