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Note de la rédaction :

Critiques Express #22 : Spécial Films d’Horreur. Bon, on s’était remis dans le bain la semaine dernière avec du cinoche récent, là je vous propose de revenir à ce qui fait vraiment baver Botzky de bonheur, à savoir le cinéma de genre style série B tirant franchement sur le Z toutes époques confondues. Voici une sélection de huit films d’horreur récemment visionnés. Un seul mot d’ordre : faut que ca soit weird !

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Les maîtresses de Dracula (The Brides of Dracula)

Année : 1960

Durée : 85 min

Réalisateur : Terence Fisher

Résumé en UNE phrase : Dracula est bien mort, mais ses disciples bandent encore !

Ce qu’on en dit : Typique des productions Hammer, ce petit film ne manque pas de mordant (ah ah c’était facile !). On retrouve le magnifique Peter Cushing dans le rôle de Van Helsing. Cushing, c’est le flegme britannique, la classe, et tout de même un rien d’inquiétant dans son visage émacié, ce qui lui vaudra aussi pas mal de rôles de méchants. En revanche, Christopher Lee, le plus grand Dracula après Bela Lugosi, manque à l’appel. A sa place, on a droit à un bellâtre blondinet qui joue de la canine à tout va, et choisit ses victimes bien jeunes, bien féminines et bien… juste bien, physiquement. Il poursuit de ses assiduités une petite française venue enseigner dans une pension de jeunes filles en Transylvanie, et Van Helsing passe son temps à sauver le délicat cou d’icelle de la morsure fatale. Ambiance gothique, couleurs vives, décors baroques, chauve souris en toc mues par des ficelles presque visibles, mais qu’importe ! un régal de classicisme sooo british pour les fans du genre, réalisé avec brio par le plus prolifique de la Hammer (29 films à son actif), Terence Fisher.

Acteurs : Peter Cushing, Freda Jackson, David Peel, Yvonne Monlaur

La scène qui tue : Van Helsing, croqué par le vampire, cautérise la plaie avec un fer chauffé à blanc et balance de l’eau bénite dessus, en serrant un peu les dents tout de même.

On le trouve : bien sympa

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Le chien des Baskerville (The hound of the Baskervilles)

Année : 1959

Durée : 87 min

Réalisateur : Terence Fisher

Résumé en UNE phrase : Sherlock Holmes et son fidèle assistant le Docteur Watson vont enquêter sur une curieuse malédiction qui frappe les descendants des Baskerville en Cornouaille.

Ce qu’on en dit : Unique incursion de la Hammer dans l’univers de Sir Arthur Conan Doyle, cette petite pépite ne manque pas d’atouts : un trio d’acteurs remarquable (Peter Cushing, André Morell, Christopher Lee) qui jouent leur rôle et délivrent leurs dialogues avec un entrain communicatif. Cushing comme toujours excellent incarne un Sherlock Holmes cynique, malin, un brin arrogant mais toujours plein de ressources. Terence Fisher assure une ambiance mystérieuse et inquiétante avec des décors brumeux plein de ruines et de marécages au clair de lune, on peut presque sentir cette nature hostile. Le scénario est loin de respecter la trame originale du livre, mettant l’emphase sur la perversion de l’ancêtre des Baskerville dans une scène d’intro choquante et violente. L’épouvante, le frisson prend le pas sur l’intrigue policière elle-même. Ambiance contrée hostile et inhospitalière.  Et c’est justement cette ambiance qui tient le film et en fait un très bon divertissement bien que l’on connaisse l’histoire par cœur.

Acteurs : Peter Cushing, André Morell, Christopher Lee

La scène qui tue : L’apparition du gros molosse, ouh qu’il est flippant !

On le trouve : Très chouette

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Heaven and Hell (Di san lei da dou)

Année : 1980

Durée : 88 min

Réalisateur : Chang Cheh

Résumé en UNE phrase : Alors y’a un super guerrier du paradis qui en est chassé pour  avoir défendu deux amoureux, puis il est réincarné sur terre en chauffeur de taxi, mais il se fait tuer en voulant défendre deux amoureux alors il atterrit en enfer où il commence à se friter avec tout le monde en voulant défendre les innocents.

Ce qu’on en dit : Le pendant asiatique de la Hammer, c’est les Shaw Brothers, qui ont connu leurs années de gloire entre la fin des années soixante et le milieu des années 80. Autant Hammer faisait principalement dans l’horreur, autant Shaw Bros faisait péter du kung-fu à tout va (environ 260 films de kung-fu produits dans cette période). Et Chang Cheh en a réalisé énormément. Ici, en fin de carrière, il nous propose un hybride kung-fu / fantastique qui se passe d’abord au ciel, avec décors kitschs à la clé, puis une rapide incursion sur terre, avec dix minutes de chorégraphie improbable mélangeant les scènes de West Side Story et les décors de Tokyo Drifter de Seijun Suzuki, puis une troisième partie en enfer, où l’on reste jusqu’à la fin du film. Les scènes de torture en enfer sont à peine croyable (genre une grosse meule qui écrase des corps, ou bien les alcooliques enchainés sous une bouteille de whisky géante et condamnés à boire et vomir tout le temps), les couleurs utilisées oscillent entre le vert disco et le rose flamand, les diables ont de grosses fourrures et des nez de cochon, on nous introduit des personnages toutes les cinq minutes, puis très rapidement un buddha arrivé d’on ne sait où monte une équipe de six justiciers qui vont se frayer un chemin hors de l’enfer à coups de tatanes. En gros, vous aurez compris, c’est n’importe quoi, mais alors un immense et génialissimement crétinesque n’importe quoi jouissif et à mourir de rire comme seul Hong-Kong sait le faire. Merveilleux nanar.

Acteurs : Li Yi-Min, David Chiang, Maggie Li Lin-Lin

La scène qui tue : Dur de faire un choix, voir les exemples ci-dessus

On le trouve : Sublime. A faire pâlir de jalousie Orson Welles et son Citizen Kane !

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Histoires de cannibales (We’re going to eat you)

Année : 1980

Durée : 90 min

Réalisateur : Tsui Hark

Résumé en UNE phrase : Un détective recherche un bandit dans un village perdu dont les habitants se nourrissent exclusivement de chair humaine.

Ce qu’on en dit : Après le kung-fu in Hell, voici le kung-fu chez les cannibales ! Mais Tsui Hark est bien trop malin pour faire un nanar malgré lui. Ici, on est plus dans l’humour potache pour les grands. On a droit à un travelo géant et obsédé, un voleur qui fait autant de grimaces que De Funès, un détective à la Jackie Chan, expert en arts martiaux mais super gaffeur, et un final avec des pétards crachant de la fumée de couleur et deux branques échappant aux cannibales en patins à roulettes. Sur le plan de la réalisation, Tsui Hark n’en est qu’à son quatrième film, et pourtant il faut voir comment il fait virevolter la caméra, accumule les plans weird, et se permet même plusieurs références /emprunts / hommages aux giallos italiens avec le village aux rues tortueuses rempli d’étrangeté et de mystère incommodant. Pour autant, les scènes de kung-fu sont loin d’être baclées, bien au contraire. Il y a deux trois scènes vraiment superbes. On sent le réal super doué, encore foufou, avec une énorme envie de mettre un peu toutes ses influences dans son film. Pour amateurs d’humour et de gore sauce Braindead, d’ambiances bizarre et de kung-fu acrobatique.

Acteurs : Norman Chu, Eddy Ko, Melvin Wong

La scène qui tue : Le héros, attaché par les pieds à un arbre, doit déployer tout son kung-fu pour ne pas se faire découper menu par son tortionnaire masqué armé d’un couteau de boucher.

On le trouve : Très fun

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Le monstre est vivant (It’s alive)

Année : 1974

Durée : 91 min

Réalisateur : Larry Cohen

Résumé en UNE phrase : Une femme accouche d’un bébé difforme et mutant qui tue tous ceux qui s’approchent de lui

Ce qu’on en dit : Larry Cohen, maitre incontesté des films d’exploitation (on lui doit notamment Maniac Cop, un classique avec Bruce Campbell, Black Caesar, gros succès de blaxploitation et surtout The Stuff, un film où des consommateurs de yaourt en deviennent accros puis fondent comme des marshmallows !!), réalise un chouette petit film d’horreur sans gros effets mais avec une bonne critique sociale à la Romero en filigrane. Bon exemple de cinéma fauché seventies avec suffisamment de talent pour faire tenir l’histoire et l’intérêt malgré tout. Recommandable pour soirée films d’horreur rétro seventies.

Acteurs : Guy Stockwell, James Dixon, Sharon Farrell

La scène qui tue : Le papa voit sortir un médecin en sang de la salle d’accouchement, il s’y précipite pour voir sa femme hurlant les jambes en l’air et le personnel hospitalier tout autour, par terre, vachement mort.

On le trouve : Amusant

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Lesson of Evil (Aku no kyoten)

Année : 2012

Durée : 129 min

Réalisateur : Takashi Miike

Résumé en UNE phrase : Un professeur d’anglais beau gosse a des méthodes bien particulières pour faire respecter la discipline

Ce qu’on en dit : Mon coup de cœur de ce mois ci, c’est encore et toujours le Takashi Miike chéri des familles, qui est tout simplement INDISPENSABLE. Il peut tout faire, c’t’homme là, didiou. Et comme c’est un homme et pas un superman – ou un Kubrick-, il peut aussi faire de la merde. Et il peut aussi faire un super thriller incroyablement sanglant, dérangeant, drôle, grinçant, avec des petites fautes merdiques, des faux pas ici et là, mais il le fait avec un tel entrain qu’on s’en fout. Oui, le film a sûrement une demi heure de trop, oui, y’a vraiment beaucoup trop de morts et de sang, mais c’est ce qui fait qu’on l’adore. Miike a un instinct de la caméra, un sens du montage, une voracité visuelle qui me laissent à chaque fois baba. Et tout ceci sans une once de prétention. Il cherche pas à nous montrer qu’il est un génie, le Miike, il s’amuse, tout en autodérision et en punk attitude. On commence par un thriller, puis une critique acide du système scolaire nippon, puis on part sur du sexe et de la manipulation, et puis on a toute une partie genre massacre à Columbine avec un fusil à pompe qui éclate les tympans et la version jazzy de Mack the Knife comme bande son. Mini spoiler : juste pour jouer avec nos nerfs, Miike se fend d’un petit « to be continued » intox à la fin.

Acteurs : Takayuki Yamada, Hideaki Itô, Saki Takaoka

La scène qui tue : La première scène de meurtre sur la musique originale de l’Opéra de quatre sous écrite par Kurt Weill. Décalage entre l’image, culture nippone, tatamis, gestes furtifs et délicats, et grincement du son, de l’orgue de barbarie et du roulement de « r » de Bertold Brecht. Coup de génie.

On le trouve : Culte comme c’est pas permis

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The Signal

Année : 2008

Durée : 103 min

Réalisateur : Jacob Gentry, Dan Bush et David Bruckner

Résumé en UNE phrase : Une fréquence bizarre diffusée par les téléphones portables et la télévision rend les gens super dingues et assoiffés de violence.

Ce qu’on en dit : Une bonne variation sur le thème des zombies et une bonne idée que de réaliser le film depuis trois points de vue en conservant la trame de l’histoire. Et la seconde partie a une bonne dose d’humour noir revigorante. Voilà pour les points forts. Les points faibles sont un budget bien maigre, une réalisation plate, une conclusion ratée, et un manque d’audace général : le gore est somme toute bien conventionnel (pas de quoi vomir un chat) le film termine heureusement assez vite avant que l’on commence à se lasser totalement

Acteurs : Michael Ngaujah, Chadrian Mcknight, Lindsey Garrett

La scène qui tue : La scène de torture à coup d’insecticide dans les yeux

On le trouve : Tout juste passable

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Black House (Geomeun Jip)

Année : 2007

Durée : 103 min

Réalisateur : Shin Tae-Ra

Résumé en UNE phrase : Un agent d’assurances rend visite à l’un de ses clients pour découvrir le corps sans vie de son fils qui vient de se pendre. Suicide ou arnaque ?

Ce qu’on en dit : Et le navet de la semaine, une fois n’est pas coutume, est coréen. Le film essaie de reprendre la recette coréenne qui fait fureur (ambiance lourde, scènes chocs et twists inattendus) et foire systématiquement tout du début à la fin. On comprend qui est l’assassin super vite ce qui ôte une grosse partie du faux suspense. Le réalisateur recycle les plans de Park Chan Wook ou de Kim Jee Woon mais est loin d’avoir leur maitrise. Hwang Jung-Min, qui était énorme dans le magnifique New World, doit ici se dépatouiller avec un rôle de benêt timide et empathique qui a un gros traumatisme. On s’emmerde sec jusqu’à ce que commence l’action dans la dernière partie, mais cette dernière est tellement foirée qu’elle annihile définitivement ce qui pouvait encore rester de potable dans cette soupelette trop fade.

Acteurs : Hwang Jung-Min, Yoo-Sun, Kang Shin-Il

Les trucs qui puent : Entre autres, la multi fausse fin : le héros délivre sa dulcinée et laisse l’assassin (qu’il a estropié avec sa clé de voiture) brûler dans le sous-sol de la maison. Fin ? Non, le héros va à l’hôpital rendre visite à sa dulcinée, soudain y’a plus âme qui vive dans les couloirs sauf l’assassin en plein forme quoi qu’un peu borgne qui le bourre de coups de couteau jusqu’à l’arrivée sur le toit de l’hôpital où, soudain, notre héros se dit que merde ça suffit d’être gentil (il a déjà perdu trois litres de sang) et essaie d’aveugler l’assassin avec un extincteur, ce qui fait doucement rigoler ce dernier et on continue encore ainsi pendant dix minutes avant qu’il finisse par le buter… Fin ? Non, y’a encore un ultime twist de dernière seconde que je vous épargne.

On le trouve : Super nul

Botzky

About Botzky

Obsessionnel compulsif, polytoxicomane, polygame, polyglotte et professionnel de Pole-Dance, Botzky n’a pas une mais mille opinions selon le taux de salinité des saisons. Grâce à Doc Ciné, il peut enfin partager le point de vue schizophrène qu’il porte sur sa maîtresse préférée, Miss 7ème Art, et s’en pourlèche les babines avec un plaisir sanguin à rayures ingénues et perverse.

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