critique
Note de la rédaction :

Deuxième fournée des Critiques Express, la nouvelle rubrique de Botzky, notre cinéphage fou. Le concept ? Suivez la semaine ciné du plus gros dévoreur de films de DocCiné. À coup de cinéma de genre, de grands classiques ou de films oubliés, mesurez-vous à la passion dévorante de Botzky et, pourquoi pas, essayez de le suivre. En serez-vous capables ? 😉 Session #2 : c’est parti !

Critiques Express du 18 au 25 Septembre

zatoichi

Fight, Zatoichi, fight (1964)

Titre original: Zatôichi kesshô-tabi  

Genre : gangsters samurais

Durée : 87 min

Réalisateur : Kenji Misumi

Résumé en UNE ligne : Zatoichi le samurai aveugle se retrouve avec un gosse sur les bras

Ce qu’on en dit : Ma première entrée dans le monde de Zatoichi, série japonaise culte, 26 films entre 1962 et 1989, une centaine d’épisodes télés et un remake de Takeshi Kitano en 2003 ! Photographie splendide, profil psychologique des personnages ultra travaillé, personnages super attachants et chorés de sabres fabuleuses… Zatoichi est un samurai vagabond spécialiste du sabre et du massage malgré sa cécité, il adore les jeux de hasard, est toujours prêt à sauver la veuve et l’orphelin, et y’a toujours plein de méchants qui veulent le buter. Hâte de voir les 25 restants.

Acteurs  principaux : Shintaru Katsu, fabuleux, également acteur principal dans la série de films ultra débridée Hanzo the Razor

La scène qui tue : Zatoichi exécute cinq opposants en quelques secondes en les empêchant de crier « argh je meurs » pour pas que le bébé se réveille.

On le trouve : très bon

kingsman-secret-service-colin-firth-samuel-l-jackson-reviews

Kingsman : The secret Service (2014)

Genre: gangsters lords

Durée: 129 min

Réalisateur: Matthew Vaughn

Le résumé en UNE ligne : Les services secrets britanniques recrutent une kaïra pour déjouer les plans de conquête du monde du maléfique et zozoteur Valentine. (Voir notre critique).

Ce qu’on en dit : Matthew Vaughn essaie de rafraichir le film d’espionnage comme il l’a fait pour le film de super héros avec Kick-Ass. Perso je suis pas fan du sang CGI et je trouve que le film manque totalement d’âme, je vais faire mon vieux con et dire que le film vaut pas un bon vieux James Bond avec Sean Connery. Il se laisse regarder, certes, mais n’apporte rien du tout et sa vacuité fait qu’on l’oublie immédiatement, à l’exception de la scène qui tue.

Acteurs : Taron Eggerton, Samuel L. Jackson (tu cabotines, mec !), Michael Caine (prends ta retraite, mec !), Colin Firth et Mark Strong (vous, vous êtes cools mais vos rôles sont clichés!).

La scène qui tue : Colin Firth qui fait son Hulk dans une église alternative et bute une centaine de personnes à mains nues. Vachement bien foutu, voyez juste cette scène, oubliez le reste du film.

On le trouve : bof

dillinger

Dillinger (1973)

Genre : gangsters biographie

Durée : 107 min

Réalisateur : John Milius

Résumé en UNE ligne : John Dillinger ennemi public numéro un, sa vie, son œuvre, ses relations tendues avec les poulets

Ce qu’on en dit : premier film de John Milius, Monsieur Conan le barbare tout de même, qui nous sert une bio de John Dillinger bien dans le ton de Bonnie and Clyde. Très bien filmé, un des 4 rôles principaux de Warren Oates, le plus grand second rôle américain des années 70 et alter-ego de Sam Peckinpah dans le phénoménal Bring me the Head of Alfredo Garcia. Du bon divertissement 70’s bien fait avec une bonne équipe d’acteurs, beaucoup mieux que la fadasse et ratée version de Michael Mann avec Johnny Depp et Christian Bale, Public Enemies en 2009.

Acteurs : À côté de M’sieur Warren, on retrouve Ben Johnson, son pote de The Wild Bunch, le génial Harry Dean Stanton, favori de David Lynch et de Wim Wenders, Geoffrey Lewis (papa de Juliette et grand pote de Clint Eastwood) et on reconnaitra un tout jeune Richard Dreyfus dans le rôle de Baby Face Nelson et dans sa toute première apparition au cinéma !

La scène qui tue : Le braquage de banque qui tourne au massacre.

On le trouve : Très bon

non coupable

Non Coupable (1947)

Genre:gangster docteur

Durée : 95 min

Réalisateur : Henri Decoin

Résumé en UNE ligne : un médecin de campagne se trouve un certain talent pour le meurtre.

Ce qu’on en dit : Michel Simon, de Dieu, cette voix, ce bide, ce charisme ! Le film va vous bluffer avec son superbe scénario, vous hésiterez entre haïr ce médecin de campagne alcoolo ou prendre son parti. Le film n’a pas pris une ride, Decoin le méconnu atteint le niveau d’un Duvivier ou d’un Renoir dans cette production. Très recommandable.

Acteurs : Michel Simon tout en gueule et en finesse, Jany Holt, Robert Dalban, Jean Deboucourt

La scène qui tue : Michel Simon qui avoue son crime et que ni l’inspecteur, ni le lieutenant, ni le journaliste ne veulent croire.

On le trouve : très bon

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The Getaway (1972)

Genre : gangster à pompe

Durée : 122 min

Réalisateur : Sam Peckinpah

Résumé : Doc Mc Coy sort de prison, retrouve sa femme, braque une banque, veut s’enfuir au Mexique, et flingue à tout va.

Ce qu’on en dit : bon les spécialistes diront en tétant un pipe nacrée et en rejetant de leur main libre une mèche rebelle que c’est une œuvre mineure de Peckinpah, que comme d’hab, il n’a pas eu la director’s cut, que Steve Mc Queen a imposé ses idées sur le plateau. Les fans de Jim Thompson, (auteur du roman, écrivain génial maintes fois adaptés au cinéma, voir Série Noire et Coup de Torchon, entre autres) diront que c’est moins bien que le roman. Moi, en gros, je dirai que j’emmerde toutes ces opinions de gâcheurs de plaisir, ce film est un magnifique divertissement crée par un maitre du genre, le montage est génial, l’histoire aussi, les acteurs également,  et les scènes d’action, les ralentis, les bagnoles, c’est le cinéma des années 70 dans toute sa splendeur. Et on retrouve plein de thèmes des autres films de Peckinpah, violence, viol, solitude, etc. Un must.

Acteurs : Steve Mc Queen, Ali Mc Graw (qui deviendra sa femme juste après), encore Ben Johnson, le flippant Al Lettieri, et plusieurs habitués de Sam Peckinpah, les reconnaîtrez-vous ?

La scène qui tue : Steve Mc Queen sort un fusil à pompe, boum boum, Peckinpah dessine les lignes des quarante années de cinéma d’action à venir !

On le trouve : Fantastoche

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Touchez pas au grisbi (1954)

Genre: gangsters pantoufles

Durée : 83 min

Réalisateur: Jacques Becker

Résumé: Des lingots volés font beaucoup d’envieux chez messieurs les hommes.

Ce qu’on en dit : Du scénario en béton aux acteurs de la même matière, le film est un plaisir de chaque seconde. C’est un excellente cuvée, les dialogues sont savoureux (c’est du Audiard ou je m’y connais pas) tiens j’ai faim. Y’a de grosses embrouilles chez messieurs les hommes, heureusement Gabin est là pour remettre les points sur les « i ». La petite musique jazzy du film avec harmonica s’il vous plait rajoute une couche de bonheur sur l’ensemble. À table !

Acteurs : Gabin, Ventura, René Dary, Paul Frankeur, Dora Doll

La scène qui tue : Les deux gangsters qui se font du foie gras sur biscotte avant de se brosser les dents t d’enfiler un pyjama… et merde au glamour d’Hollywood.

On le trouve : Très bon

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Razzia sur la chnouf (1955)

Genre : Gangsters sniffeurs

Durée : 105 min

Réalisateur : Henri Decoin

Résumé en un UNE ligne : La drogue, c’est que des soucis comme va nous le montrer ce film

Ce qu’on en dit : vu en combo avec Touchez pas au Grisbi au Filmmuseum, le film tourné dans la foulée et qui reprend la même équipe est bien pâle en comparaison. Les personnages manquent d’étoffe, Magali Noel (chanteuse de « fais moi mal  Johnny » de Boris Vian) s’en sort bien mal dans son rôle, Ventura est pas encore connu et joue juste les gros musclés sans cerveau. Le message éducatif du film, « la drogue c’est pas bien » et les scène avec les « camés » ont très, mais alors très mal vieilli.

La scène qui tue : (et qui sauve le film) Gabin est en train de manger du pâté (oui, comme plus haut) et Ventura sans cérémonie s’assoie et commence à tout bouffer (sûrement une scène improvisée). Gabin lance froidement « tu veux pas une assiette pour becqueter ? » Réponse du Lino sans gêne : « non, non, ça va comme ça, va ! ».

Acteurs : À un poil près la même équipe que plus haut

On le trouve : Juste bien

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Why Don’t you play in Hell ? (2013)

Titre original: Jigoku de naze warui

Genre: gangsters cinéphiles

Durée : 129 min

Réalisateur : Shion Sono

Résumé en un UNE ligne : Un gang de Yakuzas fait appel à une équipe de réalisateurs de séries Z pour tourner un film.

Ce qu’on en dit : Le génial Shion Sono nous pond un Pierrot le fou moderne. Hommage au cinéma violent, message d’amour au cinéma, film sur le film, tout est dit dans le générique qui reprend le thème musical et le graphique de la fameuse quintalogie de Kinji Fukasaku « The Yakuza papers » (1973-1974), Le Parrain nippon. La violence est à son niveau artistique le plus poussé (voir la scène du sol rouge de sang sur laquelle glisse la petite fille toute vêtue de blanc), tout est exagéré comme dans un Tex Avery, l’humour est omniprésent, le final tragique et magique, peu importe la logique, tout est cinéma, le cinéma c’est la mort, le cinéma c’est la vie. Plus une scène qui pastiche Kill Bill qui pastichait les films de samurais japonais, la boucle est bouclée. À voir d’urgence.

Acteurs : Jun Kunimura (superbe avec son costard en peau de serpent), Fumi Nikaido (qu’elle est belle), Hiromi Hasegawa

La scène qui tue : Le rire extatique et hystérique du réalisateur (Hiromi Hasegawa), criblé de balles, couvert de sang, qui court avec ses bobines de films sous les bras en hurlant « on a un film, on a un film ! ».

On le trouve : Fantastoche

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Yakuza Apocalypse (2015)

Titre original : Gokudou daisensou

Genre : gangsters vampires

Durée : 125 min

Réalisateur : Takashi Miike

Résumé en un UNE ligne : Mots clés : Yakuzas, Vampires, tricot, grenouille géante…

Ce qu’on en dit : Vous avez déjà vu une salle de cinéma remplie à craquer rire aux larmes en voyant une grenouille géante en peluche déboiter cinq gros durs yakuzas ?  C’est désormais possible grâce à Takashi Miike, cinéaste culte qui tourne comme il respire et qui revient en très très grande forme avec ce film. Il y reprend la plupart des thèmes de tous ses autres films (voir la fascination pour le liquide blanc de Visitor Q), l’absurde, la violence, la fin du monde, etc. C’est foutraque, c’est bordélique, c’est lynchien (si Lynch était un ado iconoclaste et irrespectueux), c’est inutile, c’est par conséquent très utile. C’est génial, c’est jouissif, c’est une belle conclusion avec le film précédent pour ce journal, vive le cinoche, vive la folie, vive le What The Fuck (avec du sens derrière tout de même, Achtung Baby !).

Acteurs : Yayan Ruhian (oui, le chorégraphe de The Raid!), Hayato Hichihara, Riri Furanki.

La scène qui tue : j’hésite entre les boss mafieux enfermés dans une cave et suivant une thérapie par le tricot pour lutter contre leur agressivité ou l’hybride mi-tortue mi homme qui pue de la gueule, ou la capitaine yakuza qui entend ploc ploc dans sa tête et qui a des sécrétions liquides blanchâtres qui lui sortent des oreilles, ou le gamin qui devient un adulte et qui arrache ses cheveux raides sous lesquelles pousse une jolie coupe crépue… et j’en passe !

On le trouve : Fantastoche

Et pour vous mettre en appétit, le trailer :

Note de la rédaction :
Botzky

About Botzky

Obsessionnel compulsif, polytoxicomane, polygame, polyglotte et professionnel de Pole-Dance, Botzky n’a pas une mais mille opinions selon le taux de salinité des saisons. Grâce à Doc Ciné, il peut enfin partager le point de vue schizophrène qu’il porte sur sa maîtresse préférée, Miss 7ème Art, et s’en pourlèche les babines avec un plaisir sanguin à rayures ingénues et perverse.

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