Note de la rédaction :

17ème épisode des Critiques Express de Botzky, notre cinéphage fou : quelques films à découvrir et de grands films cultes. Attention, ça va envoyer du lourd cette semaine ! Session #17, c’est parti !

Bloody Mama

Bloody Mama (1970)

Genre : Bloody biopic

Durée : 90 min

Réalisateur : Roger Corman

Résumé en UNE phrase : Bio assez  libre de Ma Berker la mère et supposément la chef d’une bande de gangsters à l’époque de la Grande Dépression.

Ce qu’on en dit : Approchez, approchez et découvrez le petit monde de Roger Corman, champion des productions de séries Z dans les années 60, qui a lancé les carrières de pointures comme Jack Nicholson ou Peter Fonda. Bloody Mama oublie bien vite les détails réalistes et se concentre sur la relation incestueuse entre la mère, une superbe Shelley Winters, et ses fils tous plus tarés les uns que les autres. L’un des frères est joué par Robert De Niro, et c’est assez hallucinant de le voir tout jeune dans un second rôle. Il y a également l’excellent Bruce Dern en bisexuel violent, tout cela baigne dans le sang et le bizarre, du grand Corman, quoi !

Acteurs : Shelley Winters, Don Stroud, Robert de Niro, Bruce Dern

La scène qui tue : L’assaut final

On le trouve : Très bon

film Lone Star affiche

Lone Star (1996)

Genre : Polar social

Durée : 135 min

Réalisateur : John Sayles

Résumé en UNE phrase : Une petite ville du Texas se replonge dans son passé avec la découverte d’un cadavre anonyme.

Ce qu’on en dit : Envoutant, fin, humain, léché, magique. Les adjectifs ne manquent pas pour qualifier ce discret et puissant chef-d’œuvre de John Sayles qui, sous couvert de polar-mystère, analyse une petite société américaine à la frontière du Mexique et remet en question les mythes fondateurs. On pourrait presque y voir une analogie avec The Man who Shot Liberty Valance de John Ford. C’est une œuvre très mature, critique et humaniste. Un pur bonheur, et la présence minimale mais superbe de deux puissants acteurs, Kris Kristofferson et Matthew Mac Conaughey.

Acteurs : Chris Cooper, Elizabeth Peña, Stephen Mendillo

La scène qui tue : La confrontation Kristofferson / Mc Conaughey

On le trouve : Génial

The Hateful eight (2016)

Genre : Western sauce Tarantino

Durée : 187 min

Réalisateur : Quentin Tarantino

Résumé en UNE phrase : Huit personnages se découvrent et se déchirent en huis-clos tandis que gronde la tempête.

Ce qu’on en dit : Tarantino m’a fait aimer le cinéma, donc je l’aime. Mais l’amour n’est point aveugle et connait ses limites. Je crois que je les ai atteintes avec ce film. Visionné dans le format 70mm dans le seul cinéma d’Autriche équipé pour ce faire, donc avec scènes en plus et pause eskimos. C’est évidemment superbe et filmé avec maestria, comme toujours chez Quentin c’est bourré de références cinémaniaques, de longs dialogues et de gore. Le côté huis-clos (d’ailleurs en curieuse inadéquation avec le format choisi, qui s’adapte plutôt à des paysages larges) avec whodunit rappelle le glorieux Reservoir Dogs. Mais. Il y a quelque chose d’agaçant dans tout cela,  un ressenti déjà éprouvé lors d’Inglorious Basterds… et je me souviens alors comment ces scènes avec l’insupportable Mélanie Laurent sonnaient faux. Ici c’est pareil, la symphonie comporte beaucoup de couacs, de fausses notes. Probable qu’en fan inconditionnel, je me sente trahi et soit du coup plus dur, en tout cas je n’ai pas réussi à adhérer, à me laisser emporter par le film et y ai vu une espèce d’auto clin d’œil, une parodie du monde de Tarantino par lui-même qui n’aboutit nulle part, ou bien sur le vide. Tristesse, la magie n’opère plus.

Acteurs : Samuel L. Jackson, Kurt Russell, Jennifer Jason Leigh

La scène qui tue : La mort de l’acteur surprise

On le trouve : Douloureux comme un divorce

the thing de John Carpenter

The Thing (1982)

Genre : Horreur dans le grand froid

Durée : 109 min

Réalisateur : John Carpenter

Résumé en UNE phrase : Une équipe de scientifiques américains isolée dans l’Antarctique est touchée par un mal très mystérieux et très mortel.

Ce qu’on en dit : J’ai revu ce film en sortant de The Hateful Eight parce que Tarantino a déclaré qu’il voulait lui rendre hommage. Ce film est un remake d’un film déjà très bon d’Howard Hawks, mais Carpenter pousse le bouchon et en fait un engin à part, d’une perfection sublime. Considéré à l’époque comme un spoof d’Alien par quelques critiques un peu couillons feignants de la plume et du cervelet, ce film fut l’un des plus gros budgets de Carpenter et connut un échec retentissant. Heureusement, il a été justement reconsidéré et occupe aujourd’hui la place qu’il mérite. Et Carpenter a du coup évité les grosses majors pour faire ses films en indépendant et nous offrir les films cultes que l’on sait, donc tant mieux. C’est l’un des meilleurs films d’horreur, tout simplement. Vous pouvez voir et revoir ce film sans vous lasser, tant sa texture est riche. Carpenter (voir la rubrique cinéaste cultes et l’excellent article de Noodles à ce sujet) atteint une sorte d’apothéose, met de côté ses petits débordements kitschis et nous sert un suspense parfait où chaque scène est à son exacte place. A noter : les effets spéciaux hallucinants de Rob Bottin, la bande originale signée Ennio Morricone. Un Must !

Acteurs : Kurt Russell, Wilford Brimley, Keith David

La scène qui tue : La Chose qui devient une tête d’être humain posée sur des moches pattes d’araignée toutes sanguinolentes.

On le trouve : Cultissime

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Body Double (1984)

Genre : Thriller voyeur

Durée : 114 min

Réalisateur : Brian de Palma

Résumé en UNE phrase : Un acteur en pleine galère se fait prêter un appart qui lui permet de jouer au voyeur.

Ce qu’on en dit : L’hommage du disciple à son maître. Un remake de Fenêtre sur cour et de Vertigo d’Hitchkock avec du cul, du cul, et encore du cul. Et une mise en abyme, cinéma, manipulation de l’image etc., géniale. Le regard est le sens du cinéma par excellence, mais celui-ci peut aussi être utilisé pour nous tromper, alors il faut constamment douter. Du kitsch eighties craquant, voir la longue scène où le héros suit une attirante jeune fille dans un centre commercial puis sur la plage avec force travelling. Epoustouflant, un petit poil de rien du tout en dessous de Blow Out (1981), l’autre lettre d’amour de De Palma au cinéma.

Acteurs : Craig Wasson, Melanie Griffith, Gregg Henry

La scène qui tue : Le meurtre avec la grosse perceuse, métaphore phallique à la clé !

On le trouve : Génial

kiss of death

Kiss of Death (1947)

Genre : Film noir

Durée : 98 min

Réalisateur : Henry Hathaway

Résumé en UNE phrase : Un ancien braqueur qui veut recommencer sa vie est forcé à devenir une balance.

Ce qu’on en dit : Un noir un peu trop respectable qui doit son salut à la délicieuse touche de perversion due à l’incroyable performance de Richard Widmark en psychopathe ricanant. C’est ce rôle qui l’a fait découvrir au public et on pourra regretter qu’il se soit mis par la suite du côté des gentils. Victor Mature a comme toujours la classe et la réalisation est solide même si le moralisme de cette fable peut être parfois agaçant.

Acteurs : Victor Mature, Brian Donlevy, Coleen Gray, Richard Widmark

La scène qui tue : Richard Widmark pousse une petite vieille en chaise roulante dans les escaliers en souriant. Et dire qu’ils voulaient la censurer, cette scène ! Ouf !

On le trouve : Assez bon

xXx State of the Union

xXx State of the Union (2005)

Genre : Action benz benz benz

Durée : 101 min

Réalisateur : Lee Tamahori

Résumé en UNE phrase : XXX, le super agent bien bourrin reprend du service

Ce qu’on en dit : Alors là, nanard culte. Bon, j’espère ne jamais remater cet objet filmé non identifiable mais tout de même. Ecrire un scénar pareil, fallait oser. Faire sauver le président des USA par des rappeurs en grosse bagnole en enchaînant les scènes de grand guignol, quel talent. Remplacer Vin Diesel par le grassouillet Ice Cube… waow. Mais quelles drogues merveilleuses ont fumé les producteurs avant d’avaliser ce projet ? ca laisse rêveur… ce film est si mauvais que c’en est un pur bonheur. La petite touche de tristesse, c’est de voir que Lee Tamahori n’a jamais réussi à redécoller depuis son génial Once we Were Warriors (1994), un mélodrame flamboyant sur la perte de la culture maori.

Acteurs : Ice Cube, Samuel L. Jackson, Willem Dafoe

La scène qui tue : Ice Cube poursuit un train à grande vitesse dans une bagnole customisée

On le trouve : Fantastiquement mauvais

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The Taking of Pelham 123 (1974)

Genre : Polar seventies

Durée : 104 min

Réalisateur : Joseph Sargent

Résumé en UNE phrase : Des braqueurs prennent les passagers d’une rame de métro new-yorkais en otage.

Ce qu’on en dit : Super petit polar condensé très seventies avec plusieurs acteurs rivalisant de talent dont le bon vieux soulin Robert Shaw (le chasseur de requins de Jaws). C’est nerveux, rythmé, on retrouve la source d’inspiration de Tarantino pour les surnoms de ses braqueurs dans Reservoir Dogs. Dans la tradition des films catastrophe des seventies avec contexte de crise politique et économique. De l’action comme on l’aime, avec des personnages et une mise en scène soignés.

Acteurs : Walter Matthau, Robert Shaw, Martin Balsam

La scène qui tue : L’indispensable Martin Balsam éternue et se fait griller par la même occasion.

On le trouve : Très bon

Botzky

About Botzky

Obsessionnel compulsif, polytoxicomane, polygame, polyglotte et professionnel de Pole-Dance, Botzky n’a pas une mais mille opinions selon le taux de salinité des saisons. Grâce à Doc Ciné, il peut enfin partager le point de vue schizophrène qu’il porte sur sa maîtresse préférée, Miss 7ème Art, et s’en pourlèche les babines avec un plaisir sanguin à rayures ingénues et perverse.

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