the visit-critiques express #16
Note de la rédaction :

16ème épisode des Critiques Express de Botzky, notre cinéphage fou : spécial films récents (ben voui, j’en mate aussi ! ). Session #16, c’est parti !

Schneider vs Bax (2015)

Genre : thriller burlesque

Durée : 96 min

Réalisateur : Alex van Warmerdam

Résumé en UNE phrase : Un tueur à gages doit honorer un contrat le jour de son anniversaire, mais sa proie n’est pas sans ressources.

Ce qu’on en dit : Belle intro à l’univers de van Warmerdam, réalisateur hollandais qui a son propre univers assez absurde et opaque. Schneider vs Bax est beaucoup plus mainstream que Borgman, l’autre film que j’ai vu de lui, mais il s’éloigne tout de même vachement des sentiers battus. Dans un décor de marais mélancolique digne de l’école des peintres flamands, van Warmerdam déroule son petit polar original sans jamais tomber dans la facilité, nous réserve des surprises toutes les cinq minutes, et finit sur une note qui nous laisse un tantinet bouche bée. C’est original, malin, très agréable sans être exceptionnel. Les acteurs ont l’air de s’en donner à cœur joie dans leurs rôles aux antipodes des stéréotypes classiques.

Acteurs : Tom Dewispelaere, Alex van Warmerdam, Maria Kraakman

La scène qui tue : La fille de la cible poignarde son grand père qui voulait la tripoter.

On le trouve : Bien coolos

Borgman (2013)

Genre : Mystère mystique ?

Durée : 113 min

Réalisateur : Alex van Warmerdam

Résumé en UNE phrase : Un vagabond s’immisce dans la vie d’une famille aisée et détruit cette dernière.

Ce qu’on en dit : J’ai donc enchaîné sur le précédent film de van Warmerdam et n’ait point été déçu. On est davantage dans le terrain de chasse de David Lynch, avec beaucoup de scènes comprend qui peut, une imagerie proche de Magritte (après avoir assassiné deux personnes, on leur met la tête dans un seau rempli de ciment et on les jette dans un lac), et des petites feintes religieuses avec fragrances d’apocalypse. Jan Bijvoet, l’acteur principal, a un physique et une présence hallucinants. Préparez-vous à sortir du film avec beaucoup de questions et peu de réponses mais visuellement et intellectuellement très satisfaits.

Acteurs : Jan Bijvoet, Hadewych Minis, Jeroen Perceval

La scène qui tue : La scène d’introduction où un groupe de villageois menés par un prêtre armé d’un fusil chassent les mystérieux vagabonds planqués sous terre dans les bois.

On le trouve : Scotchant

The Lobster (2015)

Genre : Futur déprimant

Durée : 118 min

Réalisateur : Yorgos Lanthimos

Résumé en UNE phrase : Dans une société dystopique, un homme arrive dans un hôtel où il doit rapidement trouver une concubine s’il ne veut pas être changé en animal.

Ce qu’on en dit : On continue dans l’absurdo-surréalisme avec ce nouveau film du réal grec Lanthimos, à qui l’on doit le génial Kyononditas (2009). Il reçoit cette fois-ci un plus gros budget et un casting international et tourne donc en anglais dans le texte. Cette métaphore d’une société malade, individualiste, d’où l’émotion est bannie est très, très noire. Ma copine a tenu dix minutes. Cependant, si l’on tient jusqu’au bout, on a droit à un film intéressant, profond, sujet à réflexion, et pas dénué d’humour, mais d’un humour très froid, désespéré, comme si les Monthy Pythons étaient bloqués dans un congélateur. La bande-son et la monotone voix-off renforcent encore cette étrangeté, ce cri glacé, bloqué dans la gorge. C’est la force du film, mais c’est ce qui nous éloigne implacablement de cette œuvre parfaitement ciselée mais trop dure

Acteurs : Colin Farrell, Raquel Weisz, John C. Reilly

La scène qui tue : La scène finale, qui est un gros clin d’œil à Kyononditas.

On le trouve : Très bon

Sicario (2015)

Genre : Polar/action

Durée : 121 min

Réalisateur : Denis Villeneuve

Résumé en UNE phrase : Une agent du FBI est enrôlée par une équipe de forces spéciales pour la lutte anti-drogue à la frontière US-Mexique.

Ce qu’on en dit : Je n’ai pas vu Incendies, le film qui a fait connaître Villeneuve, mais apparemment on ne lui pardonne plus rien depuis. Prisoners s’est fait assez maltraiter par la critique et Sicario encore plus. Du coup, j’attendais une bouse et j’ai été très surpris. C’est un bon film d’action, solide, très bien filmé et avec un Benicio del Toro, notre Brad Pitt cubain, comme on l’aime, bien flippant, bien ambigu. Après, si on attend un film à débat, une œuvre d’art, une polémique, c’est sûr qu’on sera déçu. C’est juste un chouette film d’action avec de bons acteurs et de beaux plans.

Acteurs : Emily Blunt, Josh Brolin, Benicio Del Toro

La scène qui tue : La découverte des dizaines de corps mutilés dans la maison de banlieue au début du film.

On le trouve : Pas mal

Everest (2015)

Genre : Aventures en montagne

Durée : 121 min

Réalisateur : Baltasar Kormákur

Résumé en UNE phrase : Mise en scène de la dramatique expédition sur le mont Everest de 1996.

Ce qu’on en dit : Je ne connais que la carrière hollywoodienne du réalisateur islandais, qui était sûrement mieux avant, quand il avait plus de libertés. Je me souviens à peine de Two Guns, son polar avec Denzel Washington et Mark Wahlberg, film d’action honnête mais sans aucun intérêt. Everest c’est pareil : beaux paysages, belle brochette d’acteur, pas chiant, mais pas marquant non plus. Encore un film pour rien.

Acteurs : Jason Clark, Josh Brolin, Jake Gyllenhaal

La scène qui tue : La tempête qui se lève alors qu’un poignée d’alpinistes est encore coincée au sommet de l’Everest.

On le trouve : Boaf

The Visit (2015)

Genre : Horreur style found footage

Durée : 94 min

Réalisateur : M. Night Shyamalan

Résumé en UNE phrase : Deux frères et sœurs vont passer les vacances chez leurs grands-parents maternels qu’ils rencontrent pour la première fois.

Ce qu’on en dit : Encore un réalisateur qu’on a massacré systématiquement depuis son premier film génial, Le sixième Sens. Et faut avouer qu’il y avait de quoi. Shyamalan a enchaîné les merdes depuis, mais avec une morgue qui le rendait encore plus antipathique. Encore un fan de Kubrick qui se prend pour le Maître. Cependant, après le désastre cataclysmique d’After Earth, avec un tournage en forme de calvaire à cause de la mainmise de Will Smith qui a systématiquement démonté toutes les ambitions de Shyamalan, ce dernier a appris sa leçon et a juré qu’il ne se laisserait plus tenter par les sirènes des blockbusters hollywoodiens. Bien lui en a pris ! Il revient en toute modestie et se laisse produire par Blumhouse, une boîte de films d’horreur indé qui a notamment sorti Parnormal Activity. Il maîtrise bien le procédé du found footage, devenu un courant du film d’horreur à part entière depuis le Projet Blair Witch, et fidèle à son habitude, nous promet un petit twist final bien frais. Un bon petit film d’horreur, qui, espérons-le, signe le début d’une seconde carrière pour Shyamalan.

Acteurs : Olivia DeJonge, Ed Oxenbould, Deanna Dunagan

La scène qui tue : La mamie en nuisette qui pète les plombs après 22 heures et fait des trucs très bizarres…

On le trouve : Pas mal du tout

Le tout nouveau testament (2015)

Genre : Comédie tout est bioutiful

Durée : 113 min

Réalisateur : Jaco van Dormael

Résumé en UNE phrase : La fille de Dieu se frite avec son daron et part sur terre pour faire du bien aux humains.

Ce qu’on en dit : Oh le Jaco, qu’est ce qu’il est gonflant depuis Mr Nobody ! Encore une victime du terrible virus Amélie Poulain. Décidément, ce summum de connerie paolo-coehliste bien pensante a lancé toute une vague de merdouilles faussement humaniste qui veut faire croire aux spectateurs qu’ils sont tous exceptionnels. Mais nous ne sommes pas exceptionnels, et tout gentils tous mimis, bordel, et tant mieux ! Acceptons-nous, que diable ! Alors là, Dieu c’est Benoit Poelvoorde, et c’est un gros tyran, un gros salopard qui traite sa femme (excellente Yolande Moreau, comme toujours) et ses enfants super mal. Même il tape sa fille. Notre génial Poelvoorde est parfait pour ce rôle avec sa gueule d’enfoiré et sa robe de chambre crasseuse. Le film commence bien avec ce précepte, ça casse la religion, c’est noir, on se frotte les mains. Et puis le personnage de Poelvoorde est laissé complètement de côté au profit de sa petite chieuse de fille qui va se choisir des apôtres qui sont des inadaptés de la société et qui les révèles à leur propre grandeur en leur dévoilant « la petite musique qu’ils ont dans leur cœur ». Ohhhhh, je vais vomir. Voilà comment détruire une excellente idée de départ. On subit donc le reste du film en attendant les trop rares apparitions de Poelvoorde et on se réjouit quand on découvre François Damien… en déchantant bien vite, son rôle est d’une nullité ! Seule Catherine Deneuve, qui, à plus de soixante-dix ans, n’hésite pas à jouer des rôles originaux (elle baise avec un gorille !) arrachera un sourire. Et la fin, un mélange de barbe à papa bien rose et de philosophie new-age occidentale puante couronne un navet bien lourd. Non, n’est pas les frères Cohen ou Woody Allen qui veut, en matière de comédie  religio-philosophique.

Acteurs : Pili Groyne, Benoît Poelvoorde, Catherine Deneuve

La scène qui tue : Poelvoorde alias Dieu est si odieux qu’il se fait tabasser par un prêtre

On le trouve : Très décevant

Je suis mort mais j’ai des amis (2015)

Genre : Comédie mortifère

Durée : 96 min

Réalisateur : Guillaume et Stéphane Malandrin

Résumé en UNE phrase : Un vieux groupe de rock décide de continuer leur tournée malgré la mort de leur chanteur.

Ce qu’on en dit : Voilà une bonne comédie belge beaucoup plus intimiste que la précédente et bien plus fine. Un road movie à la Kervern/Délépine : des personnages has-been et socialement inadaptés plongés dans des situations absurdes qui vont apprendre sur eux-mêmes grâce à un voyage initiatique dont le but importe moins que le chemin. Il y a des moments très drôles, et surtout il y a un humanisme dans tout cela, un amour des ratés et de l’imperfection, de l’amitié malgré les clashs d’ego et les coups de gueule, très attendrissant, surtout en le comparant à la grosse machine indigeste citée plus haut. Bien plus fin, bien plus léger, bien plus modeste aussi.  C’est cette modestie qui n’en fera pas un gros succès commercial et c’est tant mieux. En outre, enfin un film qui aborde le thème de l’homosexualité sans clichés à la con, ce qui n’est malheureusement pas toujours garanti dans le paysage cinématographique actuel qui est parfois en totale régression. Et comme toujours, Bouli Lanners est flamboyant, tout comme son compagnon, le génial flamand Wim Willaert, une sorte de Gaston Lagaffe tellement touchant. On a droit en plus à un petit rôle de Serge Riaboukine, un excellent acteur qui tourne trop peu. Et pis y’a du rock et de beaux paysages canadiens !

Acteurs : Bouli Lanners, Wim Willaert, Lyès Salem

La scène qui tue : Le voyage en train au Canada, d’une sensibilité et d’une drôlerie trop rare.

On le trouve : Très bon

Botzky

About Botzky

Obsessionnel compulsif, polytoxicomane, polygame, polyglotte et professionnel de Pole-Dance, Botzky n’a pas une mais mille opinions selon le taux de salinité des saisons. Grâce à Doc Ciné, il peut enfin partager le point de vue schizophrène qu’il porte sur sa maîtresse préférée, Miss 7ème Art, et s’en pourlèche les babines avec un plaisir sanguin à rayures ingénues et perverse.

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