critiques express 14
Note de la rédaction :

Pour le 14ème épisode des Critiques Express, Botzky, notre cinéphage fou, fait encore une fois dans le lourd et l’éclectique : du cinéma de genre des 70’s à la série B récente en passant par quelques classiques… Session #14 : c’est parti !

Walkabout

Walkabout (1971)

Genre : Aventures dans l’Outback australien

Durée : 100 min

Réalisateur : Nicolas Roeg

Résumé en UNE phrase : Une jeune fille et son p’tit frère abandonnés dans le sauvage outback australien croisent le chemin d’un jeune aborigène.

Ce qu’on en dit : Nicolas Roeg, réalisateur british indé, est l’auteur notamment du cultissime film d’horreur « d’ambiance » Don’t look now (1973). Pour son second film, il signe une œuvre tout à fait dans le ton hippie de son époque et s’interroge sur l’impossible cohabitation du monde occidental et de la nature sauvage et ritualisée des aborigènes, à grands coups de scènes largement improvisées avec des dialogues minimalistes et une grosse couche d’absurde symbolique pour emballer tout cela. C’est beau, sec, violent, désenchanté, pas toujours clair mais très marquant. Pour amateurs de films exigeants prêts à pas tout piger de quoi il en retourne.

Acteurs : Jenny Agutter, David Gulpilil, Luc Roeg

La scène qui tue : La dernière danse de l’aborigène

Blood Simple (1984)

Genre :  Néo-noir sauce Coens

Durée : 99 min

Réalisateur : Coen’s brothers

Résumé en UNE phrase : Un mari jaloux embauche un détective pour liquider sa femme et son amant.

Ce qu’on en dit : Premier film des frères Coen, ite missa est. Richesse visuelle, trouvailles scénaristiques, tous les aspects de leur petit monde désormais bien familier sont déjà là, dans ce Fargo avant l’heure à l’humour très, très noir. Assez désespérant en fait. Et contrairement au titre, rien n’est simple dans cette histoire pleine de quiproquos qui finissent dans un bain de sang. Un pur plaisir cinéphile. A noter le mouvement de caméra lors de la scène du chien qui fonce sur le mari jaloux : un emprunt à Sam Raimi, leur pote de l’époque, qui l’inventa dans Evil Dead

Acteurs : Frances McDormand, M. Emmet WalshDan Hedaya, John Getz

La scène qui tue : L’énorme scène où l’amant transporte le cadavre du mari pour l’enterrer : pas une once de dialogue, mais un suspense, une tension, une cocasserie absurde, c’est du lourd ! A ne pas rater !

On le trouve : Bandantissime

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Ride in the Whirlwind (1966)

Genre : Western nihiliste

Durée : 82 min

Réalisateur : Monte Hellman

Résumé en UNE phrase : Trois cowboys confondus avec des bandits sont poursuivis par un groupe bien décidé à les pendre.

Ce qu’on en dit : Un super scénar signé Jack Nicholson himself dirigé par le cinéaste culte qui produira le premier film de Tarantino. Un western minimaliste qui ressemble à une œuvre de Jean-Paul Sartre. On se prend de la condition humaine plein la gueule. C’est court et dense, je le recommande à donf !

Acteurs : Jack Nicholson, Cameron Mitchell, Millie Perkins, et dans les seconds rôles, l’indispensable Harry Dean Stanton.

La scène qui tue : Jack Nicholson et Cameron Mitchell qui se réfugient dans une fermette isolée et sont incapables d’expliquer la vérité à la famille qu’ils prennent en otage, car ils savent que c’est inutile.

On le trouve : Superbe

The hitch-hiker (1953)

Genre : Film noir en mode fugitif bien laid

Durée : 71 min

Réalisateur : Ida Lupino

Résumé en UNE phrase : Deux potes en vadrouille pour une bonne partie de pêche sont pris en otage par un auto-stoppeur meurtrier.

Ce qu’on en dit : Faut saluer Ida Lupino, très bonne actrice également réalisatrice dans un Hollywood bien misogyne. Ceci dit, on voit bien que c’est un film de gonzesse… euh pardon, merde, non c’est un bon film avec un méchant bien flippant et de chouettes scènes, c’est bien monté, mais la tension se dégonfle vers la fin et c’est dommage. Un bon moment tout de même.

Acteurs : Edmond O’Brien, Frank Lovejoy, William Talman

La scène qui tue : Le tueur qui ne dort.. que d’un œil !

On le trouve : Assez sympa

Les Tuche (2011)

Genre : Comédie française

Durée : 95 min

Réalisateur : Olivier Baroux

Résumé en UNE phrase : Une famille de prolos gagnent au loto et partent pour Monaco

Ce qu’on en dit : Ben merde, si je m’avions dit que ce serait le dernier film que je materais en 2015, je m’eusse ri au nez. Mais que voulez-vous la chair est faible et j’avais le mal de mon pays et j’ai voulu mater quelque chose de léger, de drôle qui me rappelle ma chère patrie. Qu’on se le dise, c’est passablement à chier comme toutes les comédies populaires qui se font actuellement en France, que l’on mate pour certains acteurs qu’on aime bien, où y’a toujours quelques moments bien drôles, mais qui tiennent pas la distance à cause de consensus scénaristique à l’américaine : on veut pas faire films qui fâchent le spectateur, alors on nous colle des petites morales à la con comme quoi l’argent fait pas le bonheur, des scènes insupportables dites « émotion, je suis pas qu’un acteur comique » et un happy end sans saveur qui a autant de fumet qu’un modeste pet de lapin anémique. Allons les gars, faut redevenir féroce, de dieu, souvenons-nous des farces sociales bien méchantes à l’italienne ou genre le Père Noel est une ordure ! Jean-Paul Rouve vous arrachera tout de même deux trois sourires.

Acteurs : Jean-Paul Rouve, Isabelle Nanty, Claire Nadeau

La scène qui tue : Le speech de Jean-Paul à son équipe de foot

On le trouve : Bien bof

The Harvest (2013)

Genre : Thriller patapouf

Durée : 104 min

Réalisateur : John Mc Naughton

Résumé en UNE phrase : Un couple avec un enfant mourant voient leur quotidien bouleversé par l’arrivée d’une jeune fille dans le voisinage.

Ce qu’on en dit : Ben merde, si je m’avions dit que ce serait le premier film que je materais en 2016… John Mc Naughton, on connait pas son nom, mais si je vous dis Henry, portrait of a serial killer, hein ? Vous me direz évidemment, le film culte « verboten » des années 80, le cauchemar des censeurs, etc. hé oui. Et c’est à peu près tout ce qu’il a fait de bien, le bonhomme. The Harvest a du potentiel avec son histoire bien tordue, son retournement final qu’on devine malheureusement bien trop tôt et ses deux acteurs principaux, Samantha Morton dont la composition qui rappelle la folle de Misery et Michael Shannon qui a juste besoin de montrer sa gueule pour faire naitre le malaise. Mais voilà, y’a trop de défauts de montage, de longueurs et de scènes inutiles qui phagocytent l’histoire principale, et le final est tout riquiqui, tout ça pour ça ? Mince alors. Un coup pour rien.

Acteurs : Samantha Morton, Michael Shannon, Natasha Calis

La scène qui tue : Le pétage de plombs de la maman qui traumatise son gosse handicapé qui finit par se faire pipi dessus.

On le trouve : Pas terrible

Dom Hemingway (2013)

Genre : Gangster britiche coolio

Durée : 93 min

Réalisateur : Richard Shepard

Résumé en UNE phrase : Dom Hemingway, un braqueur de coffre-fort, sort de tôle bien décidé à prendre du bon temps et se refaire une santé.

Ce qu’on en dit : Voilà un bel exemple de réalisateur qui emprunte un peu à tout ce qui fait de bon et de cool, on retrouve du Danny Boyle, du Guy Ritchie, du Scorsese, du Tarantino, du Winding Refn (surtout Bronson) etc. Bon la plupart sont déjà des copieurs talentueux, mais z’à copier des copieurs sans se cacher et sans essayer d’ajouter une touche personnelle, ben on chie grave. Donc c’est bien filmé mais sans âme, on a des bons acteurs (y compris Demian Bechir de The Hateful Eight), mais ils sont tous enfermés dans des rôles formatés déjà vus. Jude Law en fait des tonnes, entre Ewan Mc Gregor dans Trainspotting et James Mc Avoy dans Filth. C’est pathétique, et surtout, comme ce film, totalement inutile.

Acteurs : Jude Law, Richard E. Grant, Demián Bichir

La scène qui tue : L’accident de voiture en slow-motion avec musique classique est très chouette, et puis on se rend compte que Scorsese l’a déjà fait dans Casino.

On le trouve : Insipide

Remo Williams : the adventure begins (1985)

Genre : Aventures (c’est marqué dans le titre)

Durée : 121 min

Réalisateur : Guy Hamilton

Résumé en UNE phrase : Un flic américain est recruté par une agence secrète qui veut en faire un super agent secret

Ce qu’on en dit : Un pétard mouillé. MGM voulait faire de cette histoire d’agent secret moderne une franchise. Heureusement pour nous zautres spectateurs, le film a fait un bide. Pourtant, c’est Guy Hamilton qui est derrière la caméra, et on lui doit tout de même Goldfinger, l’un des meilleurs James Bond avec Sean Connery. A la place de notre viril écossais, on a Fred Ward, qui est très bon dans les seconds rôles ou comme méchant. En héros, il est mollasson, on sent qu’il y croit pas. Ensuite, pour surfer sur la vague Bruce Lee, on lui a mis un coach spécialiste d’arts martiaux coréen, malheureusement joué par un ricain grimé. Au final, c’est trop long, trop chiant, l’humour est poussif et les scènes d’action sont toutes loupées, même la fameuse scène sur la statue de la liberté. Triste navet.

Acteurs : Fred Ward, Joel Grey, Wilford Brimley

La scène qui tue : Le héros, grâce à son super entrainement, arrive à éviter les balles du grand méchant.

On le trouve : Nul

Savage streets (1984)

Genre : Revenge flick

Durée : 93 min

Réalisateur : Danny Steinmann

Résumé en UNE phrase : Une fille dont la sœur muette a été violée par des blousons noirs décide de se faire justice elle même.

Ce qu’on en dit : Allez, on termine notre série par une bonne petite surprise (il en faut aussi !). Un film d’exploitation bien grindhouse qui a sûrement plu à notre Quentin chéri, avec Linda Blair (qui restera célèbre pour s’être branlée avec un crucifix dans l’Exorciste) en justicière qui dégomme ses tourmenteurs à l’arbalète et au piège à loups. C’est très dur, la scène du viol notamment est hyper violente, tout comme la meuf balancée d’un pont par ces jeunes salopiots, on jubile donc quand Linda la pas si douce que ça prend les choses en pognes et en fait baver à ces machos infects. 

Acteurs : Linda Blair, John Vernon, Robert Dryer

La scène qui tue : Linda Blair qui plante un couteau dans les burnes du mec en train de l’étrangler

On le trouve : Bien cool

Botzky

About Botzky

Obsessionnel compulsif, polytoxicomane, polygame, polyglotte et professionnel de Pole-Dance, Botzky n’a pas une mais mille opinions selon le taux de salinité des saisons. Grâce à Doc Ciné, il peut enfin partager le point de vue schizophrène qu’il porte sur sa maîtresse préférée, Miss 7ème Art, et s’en pourlèche les babines avec un plaisir sanguin à rayures ingénues et perverse.

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