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Note de la rédaction :

Paweł Pawlikowski a obtenu le prix de la mise en scène au dernier Festival de Cannes pour Cold War et, bien que ce film nous laisse perplexe à bien des égards, on ne peut pas dire que ce soit une injustice. Critique.

Pendant les années 50 et 60, Zula (impressionnante Joanna Kulig), une jeune chanteuse polonaise, vit avec Wiktor (Tomasz Kot), musicien, des amours compliquées entre Est et Ouest, sur fond de guerre froide.

Wiktor et Zula se rencontrent au tout début des années 50 dans le cadre d’un groupe folklorique fraîchement créé. Wiktor profite d’un déplacement du groupe à Berlin-Est pour passer à l’Ouest et rejoindre Paris, mais Zula refuse de le suivre.

Ils se recroiseront quelques années plus tard dans des conditions dramatiques.

Si Cold War nous pose problème, une chose est certaine, Paweł Pawlikowski parvient indéniablement à insuffler une tonalité particulière à ce film profondément hors du temps.

Le réalisateur de Ida (Oscar du meilleur film en langue étrangère en 2015) trompe son monde en titrant son film de cette manière. Bien que cette épopée romantique s’inscrive dans le contexte de la Guerre Froide, Pawlikowski ne paraît s’intéresser à aucun moment à la complexité de cette période. Et d’ailleurs,  même si le film s’insère directement dans la temporalité et les thèmes chers à l’Age d’Or hollywoodien, rien ne semble plus l’éloigner de ce courant.

Au contraire, Cold War coche toutes les cases de la post-modernité : trame narrative squelettique et pour le moins elliptique, noir et blanc puissant et un charme désuet renforcé par une musique hyper référencée.

On l’aura compris, la force du film ne réside pas dans sa narration absolument chaotique et faite en dépit du bon sens. Plusieurs moments clés du film, que nous ne divulgâcherons pas, posent de réels problèmes de crédibilité et, pire encore, de cohérence avec ce qui devrait être les intentions du réalisateur.

Si le sentiment d’interdépendance destructif offre à cette histoire, finalement, assez classique un écrin permettant de déployer quelques rares moments d’intensité convaincants, le film ne parvient jamais à trouver une tonalité pertinente pour transmettre une émotion tangible.

Reste cette esthétique déjà remarquée dans Ida qui satisfera les amateurs de belles images et d’ambiances mélancoliques.

Il en résulte une sensation étrange faîte de gêne et d’incompréhension polie pour ce film qui semble constamment hurler le contraire de ce qu’il veut dire. A moins qu’il n’ait, au final, pas grand-chose à dire ?

Noodles

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