Note de la rédaction :

Note de la rédaction :

Critique de Cendrillon réalisé par Kenneth Branagh, sorti le 25 mars 2015 : C’est en 2011 que Kenneth Branagh, réalisateur et adaptateur es Shakespeare sur grand écran, rejoint l’écurie Marvel, et par extension la grande famille Disney, en mettant en scène Thor, premier du nom. C’est aussi à ce moment là que je l’ai rangé de la case “réalisateur préféré” à “réalisateur standardisé blockbuster dont le nom importe peu”.

C’est donc sans surprise que je voyais la bande-annonce de Cendrillon, énième adaptation IRL d’un dessin animé Disney et loin d’être la dernière, avec la mention à la fin “Par le réalisateur de Thor”. Oui c’est vrai, à ce niveau-là, ça ne sert plus à rien de mettre son nom. Après tout, le “réalisateur de Thor” n’a réalisé que 13 films avant, et ça ne fait que 26 ans qu’il fait des films, alors à quoi bon lui donner un nom, je vous le demande. Alors on se posait la question si les franchises allaient tuer le cinéma ? Peut-être pas, mais Disney, oui.

Donc, le film sort en mars 2015, et j’attend 6 mois pour enfin le regarder, avec la culpabilité de trahir le Cinéma avec un grand “C”. Après tout, Maléfique de Robert Stromberg (dont c’était le 1er film hein, au passage) s’en était pas trop mal tiré et ils avaient le bon goût de choisir un casting surprenant, dont Sharlto Copley. Alors pourquoi pas.

Bon, pour l’histoire, vous la connaissez, c’est exactement la même que le dessin animé de 1950. En “plus”. Plus cher, plus beau, plus long, plus exagéré.

Et je dois bien avouer que ça marche, en fait. Visuellement, le film est une sacrée réussite. Le côté “maxi best of” IRL du dessin animé est plutôt magnifique, quant à la robe de bal de Miss Cendrillon, j’en suis restée tout simplement pantoise. D’ailleurs, toutes les tenues sont particulièrement magnifaïk, notamment celles “so 50’s” de Cate Blanchett. Devant tant de débauches de moyens, on peut ranger ce Cendrillon de Branagh dans la catégorie “Film Grand Spectacle réussi”. Alors certes, pas de surprise, tout le monde connaît la fin, la réalisation ne sort pas vraiment de l’ordinaire et c’est sûr que ce Cendrillon de chair, d’os et de millions de dollars aura de beaux jours sur les écrans des bambins.

Pourtant, quelque chose me dérange. C’est pas la musique ? Nan, très bien la musique. Les décors c’est bon, les FX aussi, les costumes, top, la lumière, géniale. Cela ne serait-il pas…le casting ? Mais pourtant il est très bien ce casting, quasiment que des stars en devenir. Lily James dans le rôle de Cendrillon : bon certes, elle est pas hyper charismatique mais c’est nécessaire d’être un peu niaise quand tu grandis avec comme seul conseil de ta maman : “sois courageuse et gentille”. Et puis on la reverra dans un film qui s’appellera Pride & Prejudice & Zombies, alors bon, elle a de l’avenir. Richard Madden dans le rôle du prince : après s’être fait trucider pendant son précédent mariage dans Game of thrones, il joue très bien le prince charmant, bien que son sourire ultra bright et ses yeux bleus “lagon radioactif” soient carrément effrayant. Ce n’est pas non plus l’excellente Cate Blanchett dans le rôle de la marâtre qui me turlupine.

A y regarder de plus près, le trouble provient des seconds rôles. Bon, déjà, comme je l’ai écrit plus haut, Kenneth Branagh rejoint Marvel en réalisant Thor, rejoignant la famille très restreinte des réalisateurs ayant eu une carrière avant. Tellement restreinte qu’elle ne compte qu’une autre personne : Joss Whedon. Mais qui vois-je d’autre là bas au second plan ? Ne serait ce pas Stellan Skarsgard, aussi connu sous le nom de Henri Selvig dans…Thor et tous les autres films du Marvel Cinematic Universe ? Et dans le rôle de marraine la bonne fée, ne trouve t on pas la farfelue Helena Bonham Carter, vue dans Alice in Wonderland, première adaptation ratée des Disney IRL ? Oui. Il est là, le malaise. Skarsgard, c’est quand même Breaking the waves de Lars von Trier, et Bonham Carter c’est tout même Marla, bon sang de bois.  Et la mère de Cendrillon ne serait-il pas jouer par Hayley Atwell ? Aussi connue sous le nom de Peggy Carter dans le MCU ?

Alors bon, vu comme ça, c’est vrai qu’il n’y a rien de grave. Après tout, c’est normal. Mais je me suis pris, tel un boomerang en pleine face, la sensation désagréable que le cinéma US tournait en circuit fermé. En effet, entre Lucasfilms, Marvel et leurs propres franchises, Disney possède la majorité du cinéma américain à grand spectacle. A grands renforts de contrats par lots (un contrat = plusieurs films), les acteurs estampillés Disney se trouvent donc bloqués au gré des franchises, à naviguer de films en films, perdant peu à peu leur originalité, voire leurs noms.

Alors même si je suis bien contente que Branagh, Skarsgard et Bonham Carter aient de quoi manger, ça me fait quand même une petite sensation désagréable, une vague nausée, un vague souvenir de comment Disney a récemment tué le talent de Tim Burton par exemple.

Et à ce niveau-là de présence dans les cinémas, on ne peut plus parler de “poids lourd”, mais bien d’Empire.

Qui sera notre seul espoir ?

14
note globale

Fiche technique :

Titre original : Cinderella
Réalisation : Kenneth Branagh
Scénario : Aline Brosh McKenna, Chris Weitz
Acteurs principaux : Lily James, Helena Bonham Carter, Cate Blanchett
Sociétés de production : Walt Disney Pictures
Pays d’origine : États-Unis
Genre : Fantastique
Durée : 104 minutes
Date de sortie : 25 mars 2015
Dory

About Dory

Passionnée de cinéma en général, et de cinéma anglophone en particulier, je fais mes premiers pas critiques sur mon tumblr Vacances de pauvres. Fan de Star wars, Marvel et autres blockbusters (mais pas que), j'ai rejoint l'équipe Doc Ciné pour vous faire partager mes envies et mes avis, tout simplement.

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