Carnage de Tony Maylam (1981) – Critique

By 31 octobre 2017 #Culte : les films
Carnage de Tony Maylam
Note de la rédaction :

Titre original: The Burning

Sinistres salutations à vous, amis du sang, du gore, des tronçonneuses et des hurlements de terreur, et à vous encore, nostalgiques des années 80, des shorts Adidas taillés n’importe comment et des bikinis criards. A  l’occasion de sa ressortie en salles en version restaurée,  penchons-nous un peu sur The Burning, classique slasher du début des années 80.

L’histoire est diablement dans l’air du temps, enfin du temps d’antan de l’époque dont il s’agit, nous sommes dans un camp de vacances dans les bois, forcément, avec un lac, évidemment, et nous suivons les joyeuses tribulations d’une bande de jeunes boutonneux super tendus du slip, on les sent en pleine crise d’hormones vu leur type de vannes, on comprend pourquoi vu les gros plans d’un goût douteux sur les seins sautillants et les fesses rebondies de jeunes naïades jouant au base-ball very courtement vêtues, c’est normal, c’est l’été.

Et puis tout ce petit monde se fait massacrer gaillardement par un sadique armé de cisailles, qui a toutes les raisons d’être véner puisqu’il  qu’il s’est fait gravement brûler et défigurer cinq années plus tôt au cours d’une blague potache qui a mal tourné, comme nous l’apprend la scène d’introduction.

Sorti directement après Vendredi 13 premier du nom, lui-même sorti peu après Halloween premier du nom itou, qui a lancé le genre du tueur mystérieux et sadique aux Etats-Unis, le film semble prendre ses marques, lorgnant tout d’abord vers le giallo dans la première scène de meurtre d’une prostituée aux ciseaux s’il vous plaît, digne de Bava ou Argento, puis parodie rapidement la scène de douche de Psychose avant de s’aiguiller peinardement sur des rails plus classiques et, de facto, plus clichés.

Bien sûr, on peut pas commencer à découper du gamin à l’arme blanche directement, ça éveillerait les soupçons, alors on fait lentement monter la mayo dans une première partie assez longue mais qui n’en profite pourtant pas vraiment pour approfondir la psychologie des personnages, avant THE scène, massacre sur un radeau bien gore à souhait, bien dégueu, et efficacement exécuté par le maître des effets spéciaux de l’époque, le génial Tom Savini, bien connu pour ses collaborations avec Georges Romero et que l’on retrouvera quelques années plus tard comme acteur chez Tarantino et Rodriguez, grands fans du bonhomme.

Et puis, euh, hé bien, comment dire, pour le reste, il ne faut pas s’attendre à être bluffé, pas grand-chose à sauver, des personnages creux, des héros limite antipathiques, des jeux d’acteurs pas transcendants, comme il est souvent de mise dans ce genre de films (à ce propos, petite aparté, observez-bien celui qui joue l’adolescent mal dans sa peau, on dirait un jeune Woody Allen sans lunettes) et le final est bien trop long et mal foutu, c’est monté n’importe comment, ma p’tite dame !

Alors, nous direz-vous, petits curieux de nature, pourquoi donc ce film est-il resté si connu et a-t-il atteint un statut que l’on nomme culte faute d’avoir trouvé un autre adjectif depuis tout ce temps ?

Hé bien, justement, pour cette scène du radeau qui lui a valu d’être inscrit sur la fameuse liste des videos nasties, vidéos bannies en Grande-Bretagne pour leur caractère violent et obscène, pour les autres scènes de meurtre ma foi sympathiques sauce Savini,(oui, d’accord, meurtre et sympathique dans la même phrase c’est pas super cool) et enfin pour le nombre d’anecdotes autour du film : on retiendra entre autres que son succès a lancé la carrière des fameux producteurs Bob et Harvey Weinsten, tiens, tiens, ce nom est étrangement d’actualité, qu’il a fait une recette assez monstre au japon, et que c’est le premier film de Jason Alexander (oui, Georges Costanza, le petit gros de Seinfeld !) et de Holly Hunter, même si elle est dure à reconnaitre et qu’elle n’as pas une ligne de dialogue.

On le conseillera donc en première ligne aux nostalgiques des slashers eighties qui ne le connaitraient pas encore, ça se laisse regarder, pas assez mauvais pour en faire un nanar mais pas non plus remarquable.

Et on conclut par une petite recommandation, car chez Doc Ciné on aime bien vous conseiller des petites pépites pas trop connues ! Alors dans le genre slasher bien foutu et assez flippant, réalisé la même année, essayez-donc de dégotter  Survivance (Just Before Dawn) de Jeff Lieberman, une sorte de Délivrance de série B (comme brutale) qui vaut le détour.

POUR LA 1ERE FOIS EN VERSION RESTAURÉE – AU CINÉMA LE 1ER NOVEMBRE 2017

ÉGALEMENT EN SÉANCES SPÉCIALES HALLOWEEN

CARNAGE
The Burning
(1981, USA, 91 mn, Couleurs, 1.85:1, VISA : 54 744, VOSTF + VF, Interdit aux – de 16 ans)
un film de Tony MAYLAM
avec Brian MATTHEWS, Leah AYRES, Brian BACKER, Larry JOSHUA
et Lou DAVID dans le rôle de Cropsy
directeur de la photographie Harvey HARRISON, B.S.C.
maquillage et effets spéciaux Tom SAVINI
histoire Harvey WEINSTEIN, Tony MAYLAM, Brad GREY
scénario Peter LAWRENCE et Bob WEINSTEIN
créé et produit par Harvey WEINSTEIN
un film réalisé par Tony MAYLAM

Botzky

About Botzky

Obsessionnel compulsif, polytoxicomane, polygame, polyglotte et professionnel de Pole-Dance, Botzky n’a pas une mais mille opinions selon le taux de salinité des saisons. Grâce à Doc Ciné, il peut enfin partager le point de vue schizophrène qu’il porte sur sa maîtresse préférée, Miss 7ème Art, et s’en pourlèche les babines avec un plaisir sanguin à rayures ingénues et perverse.

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