CALL ME BY YOUR NAME, le film de Luca Guadagnino est enfin disponible, en DVD et en Blu-Ray

By 13 juillet 2018 Gros plan, Sortie BR/DVD
Call me by your name
Note de la rédaction :

Call me By Your Name est un des films évènements sortis en ce début d’année au cinéma. Le DVD et le Blu-Ray sont disponibles depuis le 4 juillet (vu récemment). Une bonne occasion de (re)découvrir ce chef-d’œuvre porté par des acteurs sublimés par Luca Guadagnino (Amore, A Bigger Splash et bientôt Suspiria) dans un décor italien savoureux.

Film indépendant, Call Me By Your Name a remporté un beau succès en salles, bénéficiant du bouche à oreille, d’excellentes critiques mais aussi des retombées des Oscars, puisqu’il a remporté celui de la meilleure adaptation par James Ivory. En effet, le film tire son essence du très beau livre de André Aciman. Call Me By Your Name se déroulant dans le nord de l’Italie a amené un peu de chaleur en ce début d’année et conte l’éveil du désir du jeune Elio pour Oliver, un doctorant invité dans la maison de vacances familiale (les romances).

Call me by your name présente une romance au sein d’une famille « privilégiée », épicurienne, ouverte et cultivée et réussit son pari. Chacun, s’il a connu un premier amour retrouvera une partie de lui-même dans les tourments d’Elio et la montée en puissance de son désir physique puis sentimental pour Oliver : la caméra sublime ce désir des corps et des esprits. Le mélange des langues, entre français, italien et anglais lui confère un charme supplémentaire et très vrai.

La réussite du film n’est plus à démontrer tant il a été analysé de toute part : les comédiens sont exceptionnels (Timothée Chalamet et Armie Hammer en tête, accompagnés d’un casting international), la mise en scène est magnifique (le cadre, les décors), les tenues des personnages symbolisent la tendance de l’été, et ne parlons pas de la magnifique bande-originale dont les vinyles collectors des titres de Sufjan Stevens se vendent des centaines d’euros sur Internet.

Ce film fait du bien, tout simplement, par sa beauté et sa simplicité : les décors, l’ambiance, les comédiens, les références à la fois musicales, littéraires et artistiques nous font passer un délicieux moment. Luca Guadagnino offre au public un instant de vie très épicurien touchant (les scènes de table, les relations) dans lequel on rêve de se plonger encore et encore. Cela tombe bien puisque la/les suites sont en cours d’écriture. On retrouvera donc Elio et Oliver voyageant à travers le monde dans quelques années…patience.

La sortie DVD et Blu-Ray de Call Me by Your Name est donc l’occasion de le (re)découvrir dans un contexte plus estival et caniculaire pour une expérience totale. Pour éviter de répéter ce que de nombreuses critiques ont déjà soulevé, je vous propose un top des meilleures scènes du film (attention spoiler) pour montrer que Call Me By Your Name est un film à la fois touchant, cérébral et sensoriel.

TOP 5 des scènes de Call Me By Your Name

5) Elio grandit :

Après avoir reçu la nouvelle du mariage d’Oliver mais gardant aussi l’espoir d’un amour qui était bien réel et sans doute toujours présent, Elio s’installe devant la cheminée pour repenser à cet été passé en compagnie de son amant. Timothée Chalamet est grandiose, intense, seul, face à cette caméra posée. Ce plan séquence de fin qui accompagne le générique justifie à lui seul, la nomination de l’acteur aux Oscars. Timothée Chalamet passe du sourire aux larmes en quelques secondes, son style vestimentaire a évolué : il est devenu un homme et un avenir nouveau et incertain s’offre à lui. De plus, après avoir vécu un film très coloré, baigné dans la chaleur italienne, dans un univers idyllique où tous vont et viennent, le spectateur se retrouve plongé en hiver, dans cette immense maison devenue (trop) calme et froide (teintes bleues et grises). La musique de Sufjan Stevens (Visions of Gideon) sublime la scène qui restera sans doute culte un bon moment. Le film s’achève sur une note de beauté très adulte : cette rencontre belle et rare, source d’une souffrance intime et intérieure « passagère » fera grandir Elio, quoi qu’il arrive.

Call me by your name_ elio grandit

4) Elio rejette Oliver

Elio et Oliver ont consommé leur première nuit ensemble. Après plus d’une heure, l’attente du spectateur s’est enfin concrétisée. Elio, très troublé, se réveille aux côtés d’un Oliver, heureux, prêt à s’ouvrir pour de bon. Les rôles sont inversés : jusqu’alors Elio était le plus sûr des deux et Oliver, le plus en retrait. La performance de Armie Hammer, déçu et inquiet par la froideur d’Elio est extrêmement touchante, magnifiée par la caméra. Son trouble se lit sur son visage, tel un ascenseur émotionnel, le personnage a perdu sa carapace froide, sûre et il se retrouve vulnérable, dénudé dans tous les sens du terme. L’alchimie entre Armie Hammer et Timothée Chalamet est extrêmement vraie : la sensualité et l’érotisme qui s’en dégagent ne font que renforcer leur beauté. Ce va et vient entre distance et proximité est d’ailleurs très récurrent dans le film. Heureusement, Oliver réussira rapidement à ré-inverser les rôles.

3) Le discours du père d’Elio

« Parce que c’était lui, parce que c’était moi »

La scène de la discussion entre Elio et son père incarné par le très juste Michael Stuhlbarg est un des instants les plus forts du film. Son discours sur l’amour et son respect pour l’histoire de son fils arrive à la fin, à un moment où Elio semble brisé par ses sentiments et la perte d’Oliver. Ce père en retrait jusqu’alors, confesse à son fils qu’il a été le témoin de cet amour naissant. L’ouverture d’esprit du père, sa bienveillance et son intelligence bouleversent par son impact. Son discours porte une dimension universelle sur l’amour « « Nos cœurs et notre corps ne nous sont donnés qu’une seule fois » et chacun rêverait d’avoir un parent si compréhensif pour l’accompagner dans un instant aussi douloureux. Michael Stuhlbarg prouve que simplicité et éloquence peuvent s’accorder et sublimer ce moment de cinéma où il ne s’adresse pas seulement à Elio mais à nous tous, spectateurs.

2) La déclaration d’Elio à Oliver

« Le plus courageux n’est pas forcément le plus expérimenté », cette phrase d’Armie Hammer, lors d’une interview dans l’émission Quotidien, résume assez bien cette scène. C’est d’ailleurs ce dernier qui suggéra au réalisateur de tourner en plan séquence : ce qui ne peut laisser place qu’à des interprétations vraies et justes. Le tout est sublimé par la musique et les sons de la nature italienne. Elio décide de déclarer sa flamme à Oliver, chacun tourne de son côté autour d’un mémorial de la Première Guerre Mondiale. La conversation plutôt intellectuelle et culturelle va évoluer puisqu’Elio ouvre enfin son cœur lors de cette première confrontation : la proximité entre les deux personnages devrait être claire cependant chacun s’éloigne pour finalement revenir vers l’autre. Ce jeu de proximité/éloignement trouve son apogée dans cette séquence. C’est d’ailleurs, le point culminant du film : celui où tout basculera. S’en suivront de longues séquences, absolument magnifiques, de promenades en vélos, comme des plans contemplatifs, dans la campagne italienne pour s’achever sur le premier baiser des deux protagonistes. Ce qui semblait impossible pour Elio devient finalement vrai. Cette montée en puissance du désir se transformera en acte érotique et sublime : le premier rapprochement physique des deux futurs amants. L’enchainement et la fluidité de ses séquences montrent que l’amour entre Elio et Oliver est aussi bien physique que cérébral. Cette intensité, vécue presque comme un choc, aura d’ailleurs un impact physique sur Elio.

Call me by your name Italie

1) Olivier danse sous le regard d’Elio

Enfin, voici la scène où Elio (et le spectateur) comprend qu’il ressent une véritable attirance physique pour Oliver. La caméra capture parfaitement les sentiments d’Elio (Timothée Chalamet, parfait) entre jalousie, envie et déception dans le regard. Elio observe, attablé avec ses amis, la danse de séduction entre Oliver et Chiara (Victoire Du Bois) qui s’achève sur un baiser. Chiara, une amie d’Elio a accès à ce qui lui est (pour le moment) interdit. La chanson « Lady, Lady, Lady »  de Joe Esposito n’est d’ailleurs pas anodine. Puis l’ambiance change,  créant une rupture, comme si tout (re)devenait possible. Ce n’est plus un slow mais un tube très pop et dansant des années 80 (le désormais culte Love My Way des The Psychedelic Furs). Oliver, lui, est pour la première fois « à découvert » puisqu’il est lui-même, se déchainant sur le rythme de la musique, comme s’il oubliait tout ce qui l’entoure. Le cadre est magnifique et va peu à peu se détacher d’Oliver (objet du désir) pour laisser entrer Elio qui dirigera à son tour la danse, n’hésitant pas à y inclure, une autre fille, Marzia (Esther Garrel), comme s’il avait soudain repris confiance.  Il est  amusant de préciser que cette scène a été la plus difficile à tourner pour Armie Hammer, encore une fois magnifié. Comme si la caméra n’avait jamais autant désiré ses personnages…

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Julie

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