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Note de la rédaction :

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Spécial Festival Lumière

Première belle séance dans le cadre du Festival Lumière, édition 2016. La fameuse soirée d’ouverture, sous le haut patronage de M. Quentin Tarantino, s’est conclue par la projection d’un classique du Nouvel Hollywood, avec ni plus ni moins que Butch Cassidy et le Kid de George Roy Hill. Critique.

Nouvel Hollywood

Ce film un peu sous-estimé au fil des années demeure une référence pour qui apprécie les ambiances plus vraies que nature du Nouvel Hollywood. Western décontracté, humour potache, road trip absurde, ce film dépeint pourtant un Ouest où on ne fait pas de vieux os. Surtout lorsqu’on a décidé de ne pas rentrer dans le moule.

Si bien qu’on peut faire un parallèle avec Easy Rider de Dennis Hopper, l’autre grand road movie de la fin des années 1960. Dans ce film, Paul Newman (Butch Cassidy) et Robert Redford (Sundance Kid) jouent deux facettes d’une même Amérique : celle de l’individualisme, de l’altérité et du renouveau.

Born to be wild

George Roy Hill, qui n’a pas encore réalisé Abattoir 5 et L’Arnaque, court-circuite avec une certaine bienveillance la mythologie américaine. Du moins, c’est ce que l’humour sensible et la musique (tantôt planante, tantôt pop) nous laisse le croire. Pourtant, la deuxième partie du film laisse peu de place à l’espoir et à la légèreté. Les deux compères, faussement naïfs, un brin idéalistes, voient peu à peu leur horizon se boucher. L’espoir n’est décidément pas à l’ordre du jour  pour les cinéastes du Nouvel Hollywood.

Ainsi, leur fuite en avant n’en sera que plus émouvante laissant le spectateur groggy devant une fin aussi brutale qu’implacable.

La mise en scène de George Roy Hill ne fait pas dans l’esbroufe. Ce dernier se permet quelques fantaisies bien senties (la fameuse scène du vélo, les instants photos servant à installer la mythologie des personnages) pour mieux revenir à un traitement plus naturaliste collant à merveille au scénario superbe de William Goldman.

Ce dernier est au sommet de sa carrière (Les Hommes du président, Un pont trop loin, Marathon Man). Dans Butch Cassidy and the Sundance Kid – qui lui vaudra de devenir un grand à Hollywood (d’ailleurs il se permet même dans faire état dans le fantasque The Princess Bride) – William Goldman insuffle une autre forme de mythologie, notamment dans les belles scènes de poursuite. Pas si loin de la fable, ce film onirique à certains moments propose pourtant un regard désenchanté sur le monde.

Immense réussite Butch Cassidy and the Sundance Kid mérite d’être vu et revu, comme l’a si bien dit Quentin Tarantino lors de sa présentation durant la soirée d’ouverture du Festival Lumière. Si bien qu’on peut faire une analogie avec La Horde Sauvage, sorti la même année, (vous ne lirez pas souvent une critique comparant les deux films, réjouissez-vous ! 😉 ). Tous deux offrent, certes avec un traitement totalement opposé, la même force narrative et le même regard désabusé sur le monde.

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NOTE GLOBALE
Noodles

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