Note de la rédaction :
Il est bien compliqué de vouloir faire un biopic sur le groupe qui fait le plus l’unanimité: Queen. Bryan Singer est d’abord proposé en tant que réalisateur du film, c’est pendant la réalisation qu’il est congédié par la production quand des accusations de viols ressortent à son encontre. C’est donc Dexter Fletcher qui est choisi pour boucler Bohemian Rhapsody, aujourd’hui disparu des crédits pour le nom de Bryan Singer. Il aurait été préférable de voir les deux réalisateurs à l’affiche. Malgré tout, Singer s’est approprié le film en mettant en avant des thèmes qui lui sont chers  La façon dont est traité l’homosexualité de Mercury, ou tout simplement l’insistance du film pour parler des marginaux. L’inquiétude était grande, pour toucher un groupe devenu mythique il ne fallait pas se rater, et jusqu’ici les studios se faisaient un malin plaisir pour nous laisser dans l’inquiétude la plus grande. Finalement le film est porté par ses acteurs qui arrivent à incarner à merveille les membres du groupe. L’attention des mimiques de Mercury pour Rami Malek ou dans les regards de Brian May interprété par Gwilym Lee.

Synopsis: Bohemian Rhapsody retrace le destin extraordinaire du groupe Queen et de leur chanteur emblématique Freddie Mercury. Du succès fulgurant de Freddie Mercury à ses excès, risquant la quasi-implosion du groupe, jusqu’à son retour triomphal sur scène lors du concert Live Aid.
UN BON BIOPIC?
Comment parler de Queen? La question du biopic est toujours aussi complexe, surtout quand on constate ces films ont souvent fait preuve d’assez peu d’originalité. Un terme les définit parfaitement : Le Biopic Wikipédia. C’est à dire énumérer les moments de vie de ce personnage ayant réellement existé. Souvent, En effaçant une volonté artistique ces biopics déçoivent ou sont rapidement oubliables. Bohemian Rhapsody n’échappe pas à la règle, peut-être à cause d’une trop grande pression de la part de la Fox. Le film se révèle basique dans son genre. C’est, tout du long, un enchaînement de faits- plus ou moins vrais- du groupe dans leur carrière. S’il y avait quelque chose à sauver, se serait  la non véracité des évènements énoncés pour aider l’intrigue du film. Par exemple Freddie Mercury n’était pas encore diagnostiqué du HIV quand il retrouve Queen pour le Live Aid. Un biopic n’a pas l’obligation de tout faire coller avec la réalité, car il ne faut pas oublier qu’à la différence d’un documentaire ou d’œuvres historiques, le film est artistique avant d’avoir une rigueur scientifique.
UNE INTERPRETATION VERTIGINEUSE
Sans être une claque, le film arrive à nous faire passer un merveilleux moment. D’abord pour ses acteurs, qui pousse l’interprétation des membres de Queen à son summum. De la ressemblance entre Brian May et Gwilym Lee et le jeu d’acteur fantastique de Rami Malek, le film Bohemian Rhapsody sauve les meubles. La réalisation d’abord en demi-teinte, se libère  pendant les scènes de concerts, où de jolies prouesses techniques sont effectués. Evidemment, on ne va pas s’éterniser concernant la bande-originale qui est probablement la principale cause du succès public du film. Ne pas oser, à donner à se film des moments de frustrations. Bohemian Rhapsody n’a pas suffisament cherché  à développer la cohésion du groupe en s’attardant, par exemple, à la composition de leurs albums phares. Ce qui donne des moments assez drôle où une ligne de basse suffit pour que le groupe arrive à composer  Another One Bites the Dust. Le scénario va davantage, et c’est dommage, s’attarder sur l’antagoniste, le grand méchant Paul Prenter interprété par Allen Leech. Le film appuie trop maladroitement sur les traits manipulateur du personnage, dès ses premières scènes. Cela fait naitre alors un manicheisme primaire qui nuit quelque peut au film. Néanmoins Bohemian Rhapsody est quelque peu sauvé par sa scène finale, réalisée merveilleusement bien dans sa volonté de créer l’immersion chez le spectateur.
En outre, c’est un film de studio en 2018. Il ne réussit pas à créer la surprise. On peut imaginer sans difficulté le cahier des charges du film, il est bien dommage de voir quelque chose d’aussi scolaire alors que de nombreuses pistes narratives auraient pu être creusées. Heureusement les acteurs ont été à la hauteur du challenge et ont su nous faire croire le temps d’un film, que le groupe était de nouveau réuni.
Actuellement au cinéma. 
Pancake

About Pancake

Jeune scénariste, étudiant à Paris-Sorbonne et éventuellement critique de film

Laissez un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :