Anton Yelchin – Portrait

By 29 août 2016 novembre 28th, 2017 Gros plan, Quoi de neuf doc ?

L’année dernière, j’avais commencé à écrire un portrait sur Anton Yelchin. Méconnu en France, contrairement aux Etats-Unis, Anton Yelchin était, à mes yeux, un des acteurs les plus prometteurs de ma génération, et je voulais donc faire découvrir au public un acteur sacrément doué. J’ai mis cet article de côté, jusqu’en juin 2016, où l’actualité m’a brutalement rappelé que parfois, le temps s’arrête, et qu’il n’y aura plus de films à tourner, à montrer et à critiquer d’Anton Yelchin. Deux mois après sa mort, l’émotion est toujours aussi forte et aussi irrationnelle parce qu’après tout, je ne connaissais pas cet homme et « il y a des choses plus graves dans la vie ». Dans une génération qui grandit avec de moins en moins de génies en vie, laissez-moi donc vous présentez la courte mais néanmoins prestigieuse carrière d’Anton Yelchin.

Le mec

Anton Viktorovitch Ieltchine naît en URSS le 11 mars 1989 et déménage aux Etats-Unis 6 mois plus tard. A l’âge de 11 ans, il décroche son premier rôle au cinéma dans le film « A Time for Dancing » de Peter Gilbert. Il joue également cette année-là dans la série « Urgences« . Il est vite repéré et obtient le rôle principal dans le film « Delivering Milo » de Nick Castle en 2001. A partir de là, Anton Yelchin a su enchaîné les premiers et seconds rôles, notamment dans le cinéma indépendant, jusqu’à son rôle de Chekov dans le 1er Star Trek de J.J. Abrams qui permettra au public américain de mettre définitivement un nom sur un visage qu’il croisait régulièrement. Musicien et photographe, Anton Yelchin était un mec normal aux goûts éclectiques et au talent incontestable.

La carrière

Anton Yelchin commence réellement sa carrière au cinéma avec « Alpha Dog » de Nick Cassavetes en 2007, aux côtés de Justin Timberlake. C’est à ce moment-là que je commençais à suivre sa carrière. Sans non plus accrocher des posters de lui partout dans ma chambre, je trouvais que cet acteur avait quelque chose de particulier, d’un peu tordu et surtout, de sensible. Tout au long de mes visionnages de films au hasard, je tombais toujours sur lui. Dans « Terminator Renaissance« , dans « New-York I love you« , dans « Charlie Bartlett« , jusqu’à la révélation (ou plutôt la mandale lacrymale) du film « Like Crazy » (« A la folie » en VF) de Drake Doremus, où il donne la réplique, et bien d’autres choses encore, à Félicity Jones. Je me suis donc intéressée de plus près au bonhomme, toujours grâce à son air un peu chelou et son acting irréprochable, mais aussi parce qu’on avait quasiment le même âge, et qu’à force de le croise depuis mes 15 ans, il était devenu, en quelque sorte, quelqu’un que j’avais plaisir à retrouver et qui me garantissait, si ce n’est un bon film, au moins un bon rôle.

Je plongeais donc la tête la première dans la phase « science-fiction » d’Anton, en regardant « Fright Night » de Craig Gillespie, dans lequel il s’improvise chasseur de vampire (joué par Colin Farrell), avec l’aide d’un loser interprété par un autre de mes acteurs préférés, David Tennant. J’enchaînais ensuite avec « Odd Thomas contre les créatures de l’ombre » de Stephen Sommers, film de fantômes assez particulier et plutôt triste. Oui, Anton Yelchin m’a toujours fait chialer. Tournant parfois jusqu’à 4 films par an, j’avais du retard sur sa filmographie et en juin, je me préparais à regarder « Only Lovers Left Alive » de Jim Jarmusch. Après tout, on ne m’avait dit que du bien, de ce film, et la présence de Yelchin en faisait un bonus certain.

La tristesse

Puis il y a eu le 19 juin 2016. Rien sur Facebook, par contre sur Twitter, Anton est partout sur ma timeline, la faute à tous les acteurs américains que je suis. Anton, au palmarès de l’accident con, est mort sur le coup, écrasé entre sa propre bagnole et la grille de sa maison… Pas de drogues, pas d’alcoolisme, pas de fétichisme, pas de scandale, pas de « je brûle la vie par les deux bouts parce que je suis un acteur sensible », tout le contraire de ces prédécesseurs tumultueux Heath Ledger et River Phoenix.

Alors j’ai voulu reprendre la filmographie là où je l’avais arrêté. Mais j’ai pas pu. J’ai revu « Charlie Bartlett » et j’ai chialé. Pourtant, c’est pas si triste. J’ai vu « Le complexe du castor » de Jodie Foster, et j’ai pleuré. Pourtant, c’est pas si bien. Quant à Star Trek Beyond, j’attends. Je serai peut-être prête après ce portrait- hommage, qui sait. Rien qu’en écrivant, j’ai la larme à l’oeil, le coeur un peu brisé et la narine frémissante. Avec les films cités ci-dessus, je n’ai même pas atteint la moitié de sa filmographie. Alors j’imagine que j’aurai encore un peu de temps à passer avec lui. Et pour celles et ceux qui voudraient s’y mettre, ou qui veulent enfin découvrir quel est cet acteur dont je parle, l’oeil larmoyant, depuis deux mois, voici le Top 5 des films d’Anton Yelchin, basé sur mon visionnage pour l’instant.

Top 5

  1. Like Crazy (parce qu’on a rarement vu une histoire d’amour filmée aussi viscéralement)
  2. Charlie Bartlett (parce que ça met de bonne humeur)
  3. Odd Thomas (parce que ça m’a inspiré un de mes rêves les plus marquants)
  4. Fright Night (parce qu’on rit)
  5. Green Room (parce que je l’ai pas encore vu mais le patron m’a dit que c’était excellent)

Reste une moitié de filmographie à découvrir, remplie de courts-métrage, de films de genre et de films indépendants. Oui, je sais, ce n’était « qu’un acteur », oui je ne le connaissais pas personnellement. On avait quasiment le même âge et je l’ai toujours vu, chaque année, depuis 16 ans. On a tous des acteurs préférés, des gens qui vous marquent, comme des films qui vous bouleversent.

Et puis il y a des choses qui ne s’expliquent pas.

Bye bye et merci, p’tit frère, t’auras fait du sacré bon boulot.

Dory

About Dory

Passionnée de cinéma en général, et de cinéma anglophone en particulier, je fais mes premiers pas critiques sur mon tumblr Vacances de pauvres. Fan de Star wars, Marvel et autres blockbusters (mais pas que), j'ai rejoint l'équipe Doc Ciné pour vous faire partager mes envies et mes avis, tout simplement.

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