the yellow sea
Note de la rédaction :

Les cinéastes coréens ont du talent, cela n’est plus à prouver. Grâce à Oldboy, on a eu droit à un déferlement  de perles de cinoche extrême ces dernières années.  Je pense notamment à The Chaser, The Yellow Sea , I Saw the Devil, Memories of Murder dans le genre thrillers, the Man from Nowhere et the City of Violence dans le genre action, Oasis et les films de Kim Ki Duk dans le genre drame, et j’en passe.

À l’occasion du visionnage de A hard day, aka Kkeut-kka-ji-gan-da,  on va donc rester sur Hard Day, je vous proposerai ci-après un best-of de scènes adrénalineuses à souhait qui personnellement, me feront toujours préférer un film pas-mal mais-pas-top coréen au cinquième opus hollywoodien de Die Hard, oh qu’il nous manque, John Mc Tiernan !

2014 - A Hard Day (still 1)

A Hard Day (2014)

Ou les tribulations de Go-Geo Soo, un flic coréen un peu ripou qui, le jour de l’enterrement de sa mère, subit un contrôle de la police des polices, écrase un mec , en chie pour se débarrasser de son cadavre, doit le cacher dans le cercueil de sa mère à la morgue en le faisant passer par une bouche d’aération, se fait griller par un flic fringué comme Chow Yun Fat dans A better Tomorrow (Le syndicat du crime* in French) qui est encore plus pourri que lui, bref, il passe une sale journée. En plus, le mec qu’il a tué malencontreusement avec sa bagnole se révèle être un truand recherché par toutes les polices, l’accident a été filmé par des caméras de surveillance, il se retrouve à enquêter avec ses collègues sur un crime qu’il a commis lui-même !

*Petit  aparté, Le Syndicat du crime II (1987) de John Woo est un peu la base et la source d’inspiration du cinéma d’action des années 90, une sorte de Horde Sauvage style opéra complètement over the top, les américains Tarantino en tête l’ont tous pompés de manière plus ou moins (plutôt moins) réussie, le final du film se résume en un mot : extravaganza ! A voir et revoir en faisant l’impasse sur la bande originale ultra-kitsch à l’eau de rose dégoulinante. Petite mise en bouche avec le trailer américain (écoutez le commentateur qui résume le film ainsi « gangsters, guns and girls »… :

Fin de l’aparté.

Mais comment va-t-il se dépatouiller de cette béchamel ?

C’est filmé à la virtuose, c’est brutal et bourré d’humour noir, Les scènes d’action et de violence explosent au bon moment, la tension va crescendo pour Go-Geo et pour le spectateur, il y a des retournements de situation inattendus, et au moment où l’on croit voir venir la conclusion, le film repart. Une bonne partition, en somme.

Il y a mieux dans le genre, mais c’est un film solide et qui assure de bons moments. On sent vraiment le stress de l’acteur principal qui est accablé par les emmerdes et qui essaie de se dépêtrer comme il peut, mais à chaque fois que l’on croit qu’il va encore s’en sortir, paf une autre merde lui tombe dessus comme le pigeon chie sur Hollande.

Pour les scènes qui tirent le film vers le haut :

  • Le passage à la morgue
  • Le face à face avec le flic pourri dans les toilettes du commissariat
  • La scène finale, un combat à mort d’une violence et une créativité inouïe

Voilà le trailer pour vous donner une idée :

The City of Violence (2006)

Et maintenant je vous propose un petit panorama des films coréens qui m’ont botté, je fais l’impasse sur Oldboy, bien entendu, car le film est déjà archi-connu, pas la peine de vous tarter avec, il faut le voir, point barre.

Let’s begin with…

The City of Violence (2006)

Pas besoin de s’attarder trop sur le scénario, mais des scènes de combats de haute volée de style seul contre tous très créatives, et des héros super cool.

La scène dans le centre ville où le flic expert en arts martiaux doit se battre contre plusieurs bandes de djeuns : les jeunes break dance, les jeunes base-ball, les jeunes hockey sur glace, bref il se retrouve à fighter contre une bonne grosse bande de jeunes et ça vaut le coup d’œil :

Et puis la scène finale, le showdown directement inspiré de la scène tout aussi finale de Kill Bill 1 (donc c’est le cinéma asiatique qui copie le cinéma américain qui copie le cinéma asiatique…) avec au menu :

Des sabres, des couteaux, du stylee, deux mecs en costard noir contre une centaine de méchants, des experts en costard blanc, de coups de pieds fantastiques, du sang, des actes de bravoure et un chef des méchants vraiment pas gentil et avec une coupe de cheveux vraiment moche. Attention, c’est du ultra cool:

Rough Cut (2008)

Rough Cut (2008)

Un film dans le film. Bon y’a eu La nuit américaine de Truffaut, Rough Cut est aux antipodes. C’est une star de films d’action coréenne en perte de vitesse et qui, pour donner plus d’authenticité à son nouveau rôle, veut se faire coacher par le membre d’une triade, un lieutenant hyper cool (costar noir, chemise noire, petite barbounette, cheveux foufous et clope au bec), qui a ses propres problèmes de rivalité de clan à régler.

Sans doute le plus faible de cette sélection, le film joue plus sur le plan comédie, finit par s’enliser et l’on perd un peu l’intérêt pour l’histoire mais la confrontation du vrai et du faux dur est prenante, et il faut voir la scène finale, les deux finissent par se battre pour de vrai sous la caméra du cinéaste dépassé, a peu près dix minutes de combats de qui c’est qu’a la plus grosse à poings nus qui se conclut en apothéose dans la vase.

Je n’ai point trouvé de courte vidéo malgré une recherche intensive de plus de deux minute, mais le film est facile à trouver en intégral online et voici un snapshot de la scène finale :

Rough Cut

New World (2013)

Celui là, je le considère comme un des meilleurs films que j’aie vu l’année dernière. Un thriller dans le monde de la mafia coréenne avec des taupes des trahisons, des passations de pouvoir et des rebondissements inattendus. Très malin, filmé avec classe et talent, de solides portraits psychologiques des personnages.

Le film dure plus de deux heures mais sans aucun temps mort. La tension est palpable à chaque seconde, et il arrive toujours l’inverse de ce à quoi l’on s’attend. Min-Sik Choy (l’acteur culte de Oldboy) fait partie du casting, un casting parfait avec un héros à la peau lisse comme celle d’un serpent et aux sentiments insaisissables, le genre poker face, et pour conclure le trio gagnant un fils de Mafia Boss au contraire tête brûlée, colérique, spontané, grande gueule.

Le film est un gigantesque tour de force, mais la scène culte s’il faut en sélectionner une se passe dans le parking en sous-sol d’un immeuble où deux bandes rivales s’affrontent avec une brutalité extraordinaire, et le fils de Mafia Boss tête brûlée etc.. se retrouve coincé dans un ascenseur avec cinq ou six mecs armés de couteaux très tranchants et a pour toute arme sa volonté de pas crever.

Voici la scène, incroyable quand il se fait happer dans l’ascenseur et que les portes se referment, oh my god, je jouis !

New_World_film

Si vous ne devez en voir qu’un, voyez celui-là, allez-y les yeux fermés et le cœur grand ouvert!

Et pour finir…

Ah je serais bien resté quelques pages de plus, mais il faut bien finir un jour, alors allons-y gaiement : il faut voir absolument The Yellow Sea (2010), pareil tout est malin là dedans – le réalisateur a également accouché de The Chaser (2008) – et c’est du brutal pur jus et I saw the Devil, encore avec Min-Sik Choy, l’histoire d’un flic dont la copine est assassinée par un serial killer et qui décide de se venger en pourchassant l’assassin et en le faisant souffrir peu à peu, comme le chat avec la souris, mais il faut pas jouer avec un serial-killer… film hallucinant où la moitié des personnages sont des tueurs en série et pourtant le tout reste crédible, scène culte : le taxi.

friends-film

Ouh là et j’oubliais deux petites curiosités bien sympathiques pour la route :

Friend (2001)

Histoire d’amitié masculine entre quatre amis de lycée qui sera mise à l’épreuve, la trame rappelle un peu Il était une fois en Amérique de Sergio Leone (toutes proportions vachement bien gardées, bien entendu, le film de Leone étant un chef-d’œuvre absolu selon moi) coréen. Les fights entre bandes sont flamboyants.

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Breathless (2008)

Non, pas celui de Godard, mais presque !

Un drame noir de chez noir avec un loser antipathique dans le rôle principal (Ik-Joon Yang, qui est aussi réalisateur), et une scène très très brutale incluant un marteau et la manière de s’en servir. En outre, le film permet d’apprendre le mot « fuck » en coréen ce qui n’est pas négligeable si vous prévoyez un séjour à Séoul:

Voilà, il manque sûrement un paquet de films, mais éclatez-vous bien avec cette sélection !

Botzky

About Botzky

Obsessionnel compulsif, polytoxicomane, polygame, polyglotte et professionnel de Pole-Dance, Botzky n’a pas une mais mille opinions selon le taux de salinité des saisons. Grâce à Doc Ciné, il peut enfin partager le point de vue schizophrène qu’il porte sur sa maîtresse préférée, Miss 7ème Art, et s’en pourlèche les babines avec un plaisir sanguin à rayures ingénues et perverse.

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